samedi , 5 décembre 2020

Côte d’Ivoire: reprise du procès de l’ex-Dame de fer Simone Gbagbo

Le procès de l’ancienne « Dame de fer » ivoirienne, Simone Gbagbo, accusée d' »atteinte à la sûreté de l’Etat » reprend lundi devant la justice ivoirienne, un défi pour la justice de Côte d’Ivoire à moins d’un an de la présidentielle.

L’ex-première dame, 65 ans, qui a connu les sommets puis la chute avec son mari l’ex-président Laurent Gbagbo -détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye- est jugée depuis vendredi aux côtés de 82 dignitaires de l’ancien régime. En cause, son rôle lors des violences meurtrières de la crise postélectorale de 2010-2011, qui fit 3.000 morts et s’acheva par l’arrestation du couple présidentiel.

Elle est également réclamée par la CPI, qui l’accuse de « crimes contre l’humanité » commis durant la crise électorale, à l’instar de son mari, emprisonné depuis trois ans et en attente de jugement. Mais Abidjan refuse le transfèrement de Simone Gbagbo à la CPI, arguant qu’il affecterait le processus de réconciliation nationale et que sa justice est désormais en mesure d’organiser un procès équitable.

L’ouverture du procès vendredi a marqué la première apparition publique depuis trois ans de celle qu’on surnommait, du temps de son pouvoir, « la Dame de fer » ivoirienne.

Elle était autant respectée pour son militantisme que crainte pour son rôle de présidente » à poigne, souvent accusée d’être liée à des « escadrons de la mort » contre les partisans d’Alassane Ouattara, l’actuel président ivoirien qui accéda au pouvoir à l’issue de la crise en 2011, et qu’elle a toujours honni.

Pour la société civile, le chef d’inculpation d' »atteinte à la sûreté de l’Etat » est cependant « politique ».

La justice ivoirienne est régulièrement accusée d’être une « justice des vainqueurs » par la société civile, ainsi que par l’opposition favorable à l’ex-président Gbagbo. Sur 150 personnes inculpées pour les plus graves violations commises en 2010-2011, seulement deux appartiennent au camp du président Ouattara, dénonçaient récemment des organisations de défense des droits de l’Homme.

A dix mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2015, la réconciliation entre les Ivoiriens est un enjeu de taille, après la décennie de crise politico-militaire qui a vu le pays coupé en deux, et qui a culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011, nées du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara fin 2010.

« Tout le pays attend qu’on puisse tourner la page et solder les comptes de la grave crise de 2011 (…) pour aller à la réconciliation. Si ce procès peut y contribuer, tant mieux », a déclaré l’un des co-accusés, Michel Gbagbo, fils de Laurent Gbagbo, en liberté provisoire.

La Commission dialogue, vérité et réconciliation ivoirienne, qui a remis son rapport final il y a deux semaines, n’a « pas tenu ses promesses », selon la Fédération internationale des droits de l’Homme. Le président de la Commission, l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny, a lui même reconnu que les résultats des travaux étaient décevants.

AFP

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