samedi , 24 août 2019
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Ebola : la Guinée commence son premier essai clinique

 

Le premier essai clinique de traitement contre Ebola mené par l’Inserm en collaboration avec MSF débute cette semaine en Guinée à Guéckédou située au sud-est du pays, a annoncé mardi dans un communiqué, Médecins Sans Frontières (MSF).

Les premiers patients guinéens ont pu cette semaine bénéficier d’un nouveau traitement contre le virus Ebola, dans le cadre du début d’un essai clinique, annoncent conjointement le Ministère de la Santé guinéen, Médecins Sans Frontières (MSF) et l’Institut National de la Santé et de la Recherche (Inserm), promoteur de l’essai.

Selon le document reçu par kaloumpresse.com, il s’agit de l’administration d’un médicament antiviral, appelé favipiravir, au centre de traitement Ebola à Guéckédou. Dans les semaines à venir, le déploiement de l’essai se fera dans deux autres centres de traitement du virus Ebola (CTE) en Guinée : à Macenta (centre géré par la Croix Rouge Française), et Nzéréckoré (centre géré par l’association Alima).

‘’Toute nouvelle innovation thérapeutique contre une maladie qui tue entre 50% et 80% des personnes infectées représente un réel espoir pour les malades. C’est pour cela que nous avons décidé d’accueillir la tenue de cette étude clinique dans notre centre de prise en charge de Guéckédou’’, explique Tessy Fautsch, coordinatrice médicale de MSF en Guinée.

Xavier Anglaret, responsable scientifique Inserm de l’essai sur place à Guéckédou, explique que ‘’l’étude, menée en collaboration avec MSF, vise à rapidement évaluer l’efficacité d’un traitement contre le virus Ebola, qui a déjà causé près de 1500 morts en Guinée’’.
Le protocole de recherche a été préalablement partagé avec l’Organisation Mondiale de la Santé, et validé par les autorités nationales guinéennes et les comités d’éthique compétents, ajoute le document.

Le favipiravir sera administré sous forme de comprimés pendant 10 jours. L’étude suivra les effets secondaires et indésirables, la survie à 14 jours et celle à 30 jours. Les risques et bénéfices de ce médicament seront clairement détaillés dans la langue respective des patients, ou leurs représentants, qui consentiront à le prendre. Les malades participent à l’essai clinique sur une base volontaire et sont libres de refuser ou d’accepter de prendre ces traitements. Quelle que soit la décision, chaque patient sera de toute façon soigné, du mieux possible, comme MSF l’a fait jusqu’à présent.
Comme tout médicament utilisé pour une nouvelle indication thérapeutique, il n’existe aucune preuve avant le recueil des résultats de l’essai clinique, que ce médicament soit efficace.

‘’Ceci est un pas important, mais nous ne pouvons pas donner de faux espoirs à la population guinéenne, et celle des autres pays affectés en Afrique de l’Ouest. Même si cet essai montrait à terme que le favipiravir est efficace et bien toléré par les patients, cela ne suffira pas à endiguer l’épidémie. C’est la mobilisation générale des organisations et gouvernements, ainsi que l’augmentation globale du niveau de prise en charge et l’introduction de nouvelles possibilités thérapeutiques, diagnostiques, et préventives qui feront la différence’’, précise Tessy Fautsch, de MSF.

‘’La collaboration entre tous les partenaires sera essentielle pour adapter, à chaque nouvelle étape et nouvelles données, la suite de l’essai. Les chercheurs, les personnels soignants internationaux, les anthropologues ainsi que le personnel de santé guinéen travaillant sur le site sont tous des maillons indispensables à la réalisation de cette étude’’,  conclut quant à lui, le Pr Yves Levy, Président-directeur général de l’Inserm.

 

 »Les premiers résultats sont attendus au plus tôt pour le premier trimestre 2015 », informe le communiqué.

Aliou BM Diallo

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