lundi , 22 octobre 2018

Affaire drame à Rogbané : l’essentiel du premier procès

 

L’audience des huit prévenus dans l’affaire dit de ‘’Rogbané’’ s’est ouverte ce lundi matin au tribunal de la cours d’Appel de Conakry.

Il était 11 h quand le Président du tribunal, Mangadoba Sow a fait son apparition. Installé à son siège, il rappelle les principes pour la tenue du procès dans ‘’la sérénité’’.

A l’intention de l’auditoire entame M. le juge, ‘’l’audience obtenue se déroule sans retransmission, sans reportage, sans photographie, sans film’’.

Quoi qu’il en soit, poursuit M. Sow, ‘’l’essentiel est capital. On ne cède pas à la pression, y compris celle de la rue. Ce n’est pas les humeurs, ce ne sont pas rumeurs que nous voulons intéresser. Ce qui impressionne un magistrat, un tribunal, c’est la discipline, la sérénité et le calme’’.

Et de prévenir : ‘’si je me rends compte qu’un porteur de téléphone est en train de filmer, d’enregistrer, non seulement le téléphone sera confisqué, mais l’intéressé ne partira pas d’ici sans peine d’emprisonnement’’. 

Après cet avertissement, le président du tribunal appelle tous les prévenus à la barre.
‘’Êtes-vous prêt à être jugés ?’’ interroge le juge aux huit aux inculpés ‘’Oui monsieur le Président !’’, réplique chacun d’eux.

Il leur demande de rejoindre leur place avant d’inviter seul, Malik Kébé, directeur de l’agence guinéenne des spectacles (au moment du drame) à la barre.

Serein, Malik Kébé se présente. Né en 1973, barbu, chapelet jaune qui entoure sa main, il est vêtu d’un T-shirt blanc sous l’effigie de Nelson Mandela et d’un pantalon jean bleu surmonté par des repose-pieds.

C’est le démarrage des débats :

Aussitôt devant le juge, son avocat demande la parole à la cours pour des observations. ‘’Monsieur le Président, nous constatons une violation grave de la constitution. Depuis le 6 aout dernier, mon client et 5 autres sont en détention alors que les deux autres (le gouverneur Soriba Sorel Camara et Sékou Batouta Camara, chef de délégation de la commune de Ratoma) sont sous contrôle judiciaire. Pour l’impartialité de la justice, nous demandons que nous clients puissions bénéficier des mêmes droits que les deux autres’’, a plaidé à l’entame, l’avocat de M. Kébé.

C’est au tour de l’avocat du gouverneur et du Maire de répliquer. Me Mory Doumbouya sollicite auprès du juge d’ « écarter les observations’’ de son confrère.

Au ministère public, représenté par Me Sidi Souleymane Ndiaye de rappeler que le ‘’statut pénal d’un prévenu reste apprécié par le juge d’instruction’’. Il demande donc, de ‘’reconduire la situation pénale de chaque individu’’.

La partie civile est catégorique. ‘’Nous demandons de rejeter en bloc les observations de la défense et d’ordonner l’ouverture des débats’’, a  réagi Me Mory Bérété.

Cette doléance de la défense écartée, elle trouve un autre argument cette fois plus convaincante.
Etant huit prévenus, les 6 détenus provisoires occupent un banc et les deux autres hauts commis de l’Etat occupent un autre banc. Pourtant, ils sont tous accusés ‘’d’homicide involontaire et d’abstention délictueuse’’.

Constatant cet état de fait, un avocat de la défense trouve ‘’frustrant que les prévenus soient traités de manière illégale’’ et un autre parle d’une ‘’ justice de deux poids deux mesures’’.  Il exige le respect de l’égalité des prévenus devant la loi.

Séance tenante, le juge demande aux sieurs (Soriba Sorel Camara et Sékou Batouta Camara) de retrouver les 6 autres sur leur banc.

Ces observations achevées, le juge se tourne vers Malik Kébé. ‘’Comment avez-vous appris ce qui est arrivé à Rogbané ?’’, lui demande-t-on.

Hommage de Malik Kébé aux victimes de Rogbané !

‘’Je suis Malik Kébé (…) Je suis profondément consterné par ce qui s’est arrivé à Rogbané. Je présente mes condoléances les plus éplorées aux familles endeuillées et je m’incline pieusement devant la mémoire des victimes’’, a-t-il entamé.

Pour ce qui est arrivé raconte-t-il, ‘’j’ai été appelé par l’organisateur Abdoulaye Mbaye à 20h46 qui m’a dit qu’il y avait deux personnes par terre. Aussitôt j’ai  pris ma voiture pour aller chercher secours. Je suis allé chercher des sapeurs-pompiers et nous sommes allés…’’

Après sa narration, la partie civile revient à la charge pour savoir le rôle de l’AGS, structure que M. Kébé gérait à l’époque des faits.

‘’L’agence guinéenne des spectacles est une structure qui a pour mission de règlementer les spectacles’’, explique Kébél. Et d’ajouter : ‘’Nous, les organisateurs nous envoient des courriers pour l’organisation des spectacles, on voit si la date n’est pas prise, on réserve. On ne s’occupe pas de l’autorisation ni de la sécurité’’.

Qui est donc chargé d’autoriser l’organisation des spectacles, question qui ne cesse de revenir à la barre?

Acculé par cette interrogation, le prévenu dit : ‘’c’est le Gouvernorat et la Marie’’.

Assis à l’arrière, le gouverneur Sorel Camara, lunette fumées, la portée en guise d’étonnement ne cesse de bouger sur son banc. Derrière lui, le chef de la délégation spéciale de Ratoma, Sékou Batouta camara, marque lui aussi son étonnement, en ouvrant grand la bouche.

L’audience se poursuit et trois mots sont essentiels à ce procès selon le procureur de la République, Me Ndiaye.’’Faute, dommage et imputabilité’’.

A suivre !

Aliou BM Diallo
+224 622 254 564
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