samedi , 15 août 2020

Serge Lazarevic : le dernier otage Fraçais libéré, un immense soulagement

La libération de Serge Lazarevic, dernier otage français dans le monde, a eu lieu dans le Nord du Mali. Épilogue heureux du kidnapping survenu le 24 novembre 2011 en compagnie de Philippe Verdon.

 

Ce dernier, malade, avait été retrouvé mort d’une balle dans la tête en juillet 2013. Après 3 ans de captivité au Sahel aux mains du groupe islamiste Aqmi, Serge Lazarevic devrait être rapidement rapatrié en France.

L’annonce a été faite en marge d’une visite à la caserne des gardes républicains à Paris. François Hollande annonce la libération de Serge Lazarevic : « Notre otage Serge Lazarevic, notre dernier otage est libre. La France n’a plus aucun otage, dans aucun pays au monde.  Aujourd’hui c’est la joie. La fille de M. Lazarevic pourra le rejoindre dans les meilleurs délais à Niamey, la capitale du Niger ». Le chef de l’État a précisé qu’il l’accueillera « à son retour ».

Serge Lazarevic serait « en relativement bonne santé » et sera « rapidement rapatrié en France », a ajouté l’Élysée qui précise que la libération de l’ex-otage résulte d' »efforts intenses » du Niger et du Mali.

Âgé de 50 ans, il avait été kidnappé le 24 novembre 2011 avec Philippe Verdon par des hommes armés dans leur hôtel à Hombori, dans le Nord du Mali. Selon leurs familles, les deux hommes étaient en voyage d’affaires et travaillaient sur un projet de cimenterie.

En juillet 2013, Philippe Verdon avait été retrouvé mort d’une balle dans la tête. Selon plusieurs sources concordantes, il n’avait pas accès aux médicaments qui lui étaient nécessaires, et cela malgré l’aide des services français qui faisaient parvenir le traitement approprié à ses ravisseurs, via des intermédiaires. Son détenteur Abou Zeid (tué en février 2013) refusait, semble-t-il, de les lui donner.

Décrit par sa fille Diane comme un « roc », colosse de 1,98 m et 120 kilos, Serge Lazarevic a la double nationalité française et serbe. Il était apparu dans une vidéo diffusée, le 3 juin, par la chaîne de télévision Alaan, basée à Dubaï, dans laquelle il appelait François Hollande à agir pour sa libération. La dernière preuve de vie était une vidéo authentifiée par le gouvernement. Elle remontait au 17 novembre. Serge Lazarevic était détenu par le même chef rebelle d’AQMI qui a fait assassiner deux journalistes français de RFI en novembre.
AQMI avait présenté les deux otages comme des agents du renseignement français.

Annonçant être « très malade » et sentir « que[sa]vie est en danger depuis le début de l’intervention française en Irak », Serge Lazarevic lançait alors un « appel solennel » au chef d’Etat français, lui demandant de tout faire pour le libérer : « Vous avez libéré tous les Français, je suis le dernier. J’espère ne pas être le huitième des Français tués dans le Sahel ». Sa fille faisait part de son inquiétude : « J’ai été très choquée, disait-elle sur RTL. C’est très éprouvant de le voir très amaigri, affaibli. Il dit qu’il est malade. Ce qui peut m’inquiéter, c’est qu’il parle de ses reins. L’eau n’est pas bonne là-bas ».

Lors de l’émission « François Hollande face aux Français », le chef de l’État Français avait évoqué le sort de Serge Lazarevic : « Nous n’avons pas de nouvelles qui laisseraient penser qu’il aurait été assassiné. Nous avons donc des preuves qui laissent penser qu’il est vivant ».

Rançon ?

Dans un communiqué reçu par l’AFP, le président nigérien Mahamadou Issoufou a salué « l’engagement et le professionnalisme dont ont su faire preuve les services nigériens et maliens. Le Niger répondra toujours à chaque fois qu’il sera sollicité pour contribuer à la défense de la liberté et de la dignité humaine ».

Y a-t-il eu une rançon versée pour obtenir sa libération ?  Louis Caprioli, ancien responsable du contre-terrorisme à la DST et conseiller chez Géos, précisait il y a quelques semaines que  Aqmi n’a pas fait allégeance à l’EI, et accordait selon lui une grande valeur financière aux otages. Interrogé par l’Express , le spécialiste expliquait :

« Les stratégies de ces deux groupes terroristes sont très différentes : non seulement l’État islamique n’a pas besoin de ressources financières, mais il est en guerre contre les États-Unis et la coalition. Comme il n’a pas les moyens de détruire en vol des avions, il lui faut des moyens de riposte effrayants. AQMI, au contraire, a besoin de garder ses otages en vie pour les monnayer. »
Le 18 novembre, Diane Lazarevic évoquait sur RTL un rêve d’enfant. Elle demandait au président de la République François Hollande « de mettre les bouchées doubles » pour obtenir la libération de son père « le plus vite possible… pour Noël », espérait-elle.

Un vœu exaucé.

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