lundi , 22 octobre 2018

Ebolaphobie: les citoyens de Yimbaya disent non à un centre de traitement Ebola

Une pose de la première pierre pour la construction d’un nouveau centre de traitement Ebola à Yimbaya dans la commune de Matoto a tourné au vinaigre, jeudi. Pour cause, les habitants de cette localité ont empêché les autorités de Conakry de tenir la cérémonie, craignant une expansion du virus mortelle dans leur quartier.

Ce centre, initialement prévu à Ratoma (une autre commune de la capitale), le pouvoir de Conakry s’est confronté aux mêmes réactions. C’est en ce moment qu’il a décidé de ramener la construction du  2ème  centre de Traitement Ebola à Yimbaya dans la commune de Matoto.

Préfinancé par les Etats-Unis à travers son ambassade à Conakry, la construction de ce nouveau centre ‘’au cœur de capitale guinéenne’’ qui était prévue jeudi, au stade de Yimbaya-bougie, peine à se concrétiser. Car les habitants de cette banlieue ne veulent pas en entendre parler.

‘‘On ne veut pas d’Ebola ici !  Allez ailleurs ! Nous n’accepterons jamais Ebola dans notre stade !’’ ce sont entre autres slogans scandés par les jeunes du faubourg.

Alors que certaines langues parlent de manipulations, les protestataires répliquent. ‘’Ce que nous faisons n’a rien à avoir avec la politique. Nous voulons juste sauvegarder la santé des populations de Yimbaya. Le centre de traitement n’est pas le bienvenu à Yimbaya. Il y a d’autres sites mieux indiqués pour construire un centre Ebola que Yimbaya qui est au cœur de la capitale’’, explique un jeune manifestant, Naby Touré.

Pour lui, ‘’Ebola tue tout le monde. Les médecins ne sont pas épargnés, les militaires ne sont pas épargnés, la population n’est pas épargnée par ce virus’’.

Sur les inquiétudes des jeunes liées aux risques de contamination du virus, Jérôme Mouton, responsable de la mission MSF rassure : ‘’nous maitrisons complètement les risques liés aux contaminations dans la gestion de ce virus. Les populations ne sont en aucun cas en risque. Je le garantie en mon nom propre et au nom de mon organisation. Il n’y a pas un seul virus qui sort de notre centre, pas une seule contamination. La peur existe, mais le risque n’existe pas’’.

Au fil du temps, pendant que le gouverneur de Conakry, Soriba Sorel et les Ambassadeurs des USA et de la France étaient sur les lieux en attendant l’arrivée du premier ministre Said Fofana,  les jeunes devenaient de plus agaçants en scandant des cris hostiles.

Gêné, Siriba Sorel se lève pour tenter d’expliquer aux jeunes la nécessité de la mise en place de ce centre dans cette contrée. Il n’en fallait pas assez. C’est un le brouhaha total. ‘’Ebola ne sera pas envoyé ici ».
Aussi déterminés à empêcher l’installation du centre de traitement, ils ont contraint le gouverneur à annoncer l’annulation de la pose de la première. Les diplomates venus assister à la cérémonie inaugurale, tels l’ambassadeur des USA en Guinée, Alexander Lascaris plient bagages.

Quelques instants après, c’est le gouverneur et sa délégation qui suivent sous les sifflements des manifestants. Dans la soirée, le premier ministre, Mohamed Said Fofana qui devait présider la cérémonie a tenté d’apaiser les ardeurs.

‘’Il y a eu des incompréhensions avec les populations, donc, le chef de l’Etat m’a chargé de venir de rencontrer ces populations de les écouter voir quelles étaient les raisons de ces réticences. Alors je vous assure que la réunion a été très instructive, les populations se sont exprimées, elles ont réaffirmé leur soutien à la politique du Président de la République, il ne saurait en être autrement. Elles se sentent concernées et engagées dans cette lutte. Mais il y a eu manque d’information et de sensibilisation suffisante pour obtenir leur adhésion pour la réalisation de cette infrastructure’’, explique le numéro un du gouvernement guinéen.

Toutefois assure-t-il, durant les entretiens nous avons senti le désire de chacun de comprendre qu’il n’était pas dans l’intention de la population de Yimbaya d’agir ainsi, ‘’loin sans faux vous avez le leadership de la lutte et nous on ne veut pas. Yimbaya ne saurait se soustraire à cette lutte globale, que Coyah, Forécariah, Macenta, N’Zérékoré ont acceptés’’.

Aliou BM Diallo
+224 622 25 45 64
contact@kaloumpresse.com

 

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