lundi , 17 décembre 2018

Education: à qui profite le détournement des primes des enseignants formés contre Ebola?

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’urgence initié par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation pour lutter contre le virus Ebola, plusieurs milliers d’enseignants ont été formés dans les différentes villes du pays.

 

 

Ces éducateurs seront emmenés à jouer leur partition dans la préservation du corps enseignant qu’ils constituent) et des élèves contre cette fièvre virale en milieu scolaire.

Cette formation appuyée par des ONG internationales s’est tenue les 9, 10 et 11 novembre 2014 sur l’ensemble du territoire national. Dans la commune de Matoto à Conakry, ils étaient environ 6580 enseignants dont 502 non-résidents, à y prendre part.

Selon les enseignants formés, il était prévu qu’à part les primes qu’ils devaient percevoir, des attestations de participation devraient également leur être délivrées au terme de la formation.

Deux semaines après, ces enseignants ne sont toujours pas situés sur le sort à eux réservé et s’interrogent sur l’orientation de ces primes que certains de leurs confrères ont déjà perçues d’ailleurs. D’ores et déjà, ils émettent des doutes à l’endroit des autorités éducatives de leur commune qu’ils soupçonnent à tort ou à raison de détourner leurs perdiems.

Joint par notre rédaction, Ibrahima Kalil Konaté  connu sous le nom de K2  (K-au-carré) balaie du revers de la main cette accusation et se défend en ces termes: «Effectivement, ces enseignants ont suivi la formation dans ma commune» comme partout ailleurs à travers le pays.

«A Matoto, c’est une ONG américaine dénommée WAHA qui devait s’occuper de la livraison des attestations de participation à la formation et de l’octroi des primes. Mais je vous avoue que je n’ai rien reçu de qui que ce soit pour les payer», se défend au bout du fil, le directeur communal de l’éducation de Matoto.

«Et d’ailleurs, j’ai fait des attestations à mes propres frais pour des enseignants non-résidents dans ma commune, mais qui ont suivi cette formation, parce qu’ils étaient là en vacances», a tenu à clarifier M. Konaté, motivant ce fait par sa volonté de permettre à ces derniers de les exhiber à leurs zones respectives de service, et qui attesteront qu’ils ont réellement été formés à Conakry.

Dans la commune de Ratoma, c’est le même son de cloche chez son confrère  Ibrahima Kalva Fofana  où 6266 enseignants, toutes catégories confondues, ont pris part à cette formation. Là également, c’est la même ONG qui devrait prendre en charge les frais liés à ce séminaire. «Mais rien n’en a été pour le moment», rassure le DCE.

A la question de savoir si dans d’autres communes ou préfectures, des enseignants ont perçu leurs primes et leur satisfecit de participation à ladite formation, M. Fofana a indiqué qu’il aurait appris que certaines préfectures comme Kankan, Kouroussa et Nzérékoré où la formation était appuyée par l’Unicef  et Plan Guinée, les enseignants sont entrés en possession de leurs perdiems et de leurs  attestations.

De sources concordantes, de ces primes qui oscilleraient au départ entre 150.000 FG et 200.000 FG, les bénéficiaires des zones touchées auraient perçu 50.000 FG et 40.000 FG par endroits.  A Kouroussa, certains auraient même refusé de prendre la modique somme de 50.000 FG qu’on leur aurait tendue. Pour l’heure, les enseignants formés déclarent avoir sérieusement besoin de cet argent surtout en cette période de vache maigre et de conjoncture galopante due à la fermeture prolongée des salles de classe dont l’ouverture se fait attendre depuis bientôt 2 mois.

A qui donc auraient profité ces primes? Aux directeurs communaux, aux inspecteurs de l’éducation ou aux hauts cadres du ministère de tutelle? La question reste entière.

 

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