vendredi , 19 octobre 2018

Le Gabon porte plainte contre le journaliste français Pierre Péan

L’Etat gabonais a porté plainte en France, ce lundi 10 novembre, contre le journaliste français, Pierre Péan, et son éditeur, Fayard, devant le Tribunal de grande instance de Paris. Plainte pour diffamation avec constitution de parties civiles.

 

Selon les autorités gabonaises, le livre intitulé «Nouvelles affaires africaines : mensonge et pillage du Gabon» porte atteinte à l’honneur et à la réputation du président Ali Bongo.

Il y a d’abord les pages dans lesquelles Pierre Péan met en cause Ali Bongo dans la mort de l’ancien président du Sénat et ancien proche d’Omar Bongo, Georges Rawiri. Egalement visés par la plainte, les passages dans lesquels l’écrivain accuse Ali Bongo d’avoir commandité deux tentatives d’assassinat contre Jean-Pierre Lemboumba, ancien directeur de cabinet de son père.

« C’est absolument incroyable que monsieur Péan ose faire état d’une quelconque accusation de tentative d’assassinat. Il se trouve que ce monsieur, aujourd’hui, est Jean-Pierre Lemboumba et le principal conseiller politique du président actuel. Donc, si vous voulez, cela me paraît sans sens », a déclaré, à RFI, Delphine Meillet, avocate du président Ali Bongo.

La plainte vise aussi les passages dans lesquels Pierre Péan accuse Ali Bongo d’être arrivé au pouvoir grâce à l’organisation d’une fraude électorale.

Dans son livre, l’écrivain affirme aussi qu’Ali Bongo Ondimba serait un enfant nigérian adopté pendant la guerre du Biafra à la fin des années 1960, ce qui rendrait illégale son accession à la présidence gabonaise. La sœur d’Ali Bongo, Pascaline Bongo, a répliqué dans les médias gabonais pour dire tout le mal qu’elle pensait de cet ouvrage et a assuré qu’Ali Bongo n’avait pas été adopté. « C’est un sentiment de colère et en même temps de tristesse », a-t-elle déclaré. La plainte en diffamation devant la justice française ne concerne pas cet aspect.

« La Cour constitutionnelle gabonaise a tranché cette question en 2011 ; elle a statué sur cette question. La famille de monsieur Ali Bongo a témoigné. Il est inadmissible, aujourd’hui, de revenir dessus. La justice gabonaise va être saisie de cette question et des suites judiciaires vont être engagées sur place », a expliqué Delphine Meillet.

Depuis la publication du livre de Pierre Péan, la famille Bongo et l’Etat gabonais font tout pour contre-attaquer ce que défend l’auteur. La semaine dernière, le site Mediapartécrivait que les hommes d’affaires Ziad Takieddine et Fara Mbow auraient proposé en novembre 2013 à la présidence gabonaise que cet ouvrage ne soit jamais publié en échange de 10 millions d’euros. Sur ce point, Pierre Péan se réserve le droit de porter plainte à son tour.

Pour le camp Bongo, Pierre Péan répond à un agenda politique dans le cadre de la future campagne en vue de la présidentielle de 2016 au Gabon. De son côté, Pierre Péan qualifie cette plainte de « bonne nouvelle » et se dit très serein.


RFI

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