vendredi , 19 juillet 2019

Affaire Womey : des activistes de droits de l’homme entament une grève de faim

Les membres du comité de crise sur les événements de Womey ont entamé lundi, à Conakry, une grève de faim de quatre jours.

Par cet acte volontaire de cessation d’aliments, des activistes des droits de l’homme, un député, et des opposants politiques qui érigent cadre au Palais du peuple (abritant le parlement, ndlr), exigent la démilitarisation de la sous-préfecture de Womey (N’Zérékoré) au sud-est du pays.

La grève de faim a été entamée suite à moult dénonciations infructueuses sur la présence des militaires dans ladite localité, selon eux.

Lors de la première journée, le président du parti « Bloc Liberal » a flingué le pouvoir en place. Pour Faya Milimono, les autorités guinéennes sont en train de commettre des crimes contre l’humanité dans cette zone de la région Forestière avec ses corolaires de stigmatisation.

« On a commencé par les déshumaniser, à les appeler des cafards. C’est comme si c’est des personnes qui n’avaient pas des mêmes émotions, les mêmes peines, qui ne ressentaient pas les mêmes choses que nous’’, a dénoncé l’opposant.

Et d’ajouter : « cela est grave dans notre pays. Depuis qu’on a militarisé Womey, on a jeté dans la brousse 6.000 personnes y compris les bébés, les femmes enceinte et les vieillards. Alors, ce que nous cherchons, c’est que l’Etat comprenne, que ceux  qui sont dans la forêt de Womey sont des êtres humains qui ont les mêmes émotions que nous, et de surcroit, des Guinéens dont l’Etat a la responsabilité de protéger », a rappelé Faya Milimouno.

Holomo Koni Kourouma, député non inscrit à l’Assemblée nationale, préconise que les autorités devraient mettre en place une commission d’enquête en lieu et place de pénaliser tout un village.

« Les habitants de Womey ne peuvent pas dormir dans leur maison. C’est pour cela aujourd’hui, nous n’allons pas dormir dans nos maisons pendant 4 jours. Les habitants de Womey ne peuvent pas se nourrir correctement. Nous aussi, nous allons nous priver de manger pendant ces jours pour être en solidarité avec ces populations-là’’.

Pour la petite histoire, à cause du virus Ebola, une équipe des autorités locales, des journalistes et des médecins se sont déplacés à Womey pour sensibiliser les villageois sur le risque d’être infecté si les mesures de précaution ne sont pas observées. Huit de ces personnes ont été tuées. Une enquête a été ouverte par un juge afin d’identifier les auteurs.

Installé au rez-de-chaussées au début de mouvement, les observateurs de la grève de faim ont été délogé mardi matin. Au moment où nous publions cet texte, ils avaient pris position à l’entrée de la cour du Palais du peuple.

Après des heures de discussion avec un groupe de bérets rouges, les membres du comité de crise sur Womey ont finalement libéré le lieu. Ils ont érigé un abri  à la devanture du Palais.


Aliou BM Diallo

contact@kaloumpresse.com

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