dimanche , 18 août 2019

Mid-terms: les Républicains humilient Barack Obama

Le suspense n’aura pas été aussi long que d’aucuns le craignaient : peu avant minuit, heure de Washington (six heures du matin en Belgique), les Républicains avaient la certitude de retrouver le contrôle du Sénat à la faveur des élections de la mi-mandat organisées mardi aux Etats-Unis, tout en obtenant une majorité historique d’au moins 250 députés sur 435 à la Chambre des Représentants. Et alors qu’on leur prédisait une victoire étriquée au Sénat, elle devrait finalement être de cinquante-trois, voire cinquante-quatre sièges sur cent.

Ce succès fait des Républicains les maîtres du Congrès et de l’agenda législatif durant les deux dernières années de la présidence de Barack Obama, qui sort humilié de ce scrutin. Les sondages à la sortie des bureaux de vote ont confirmé que le vote de mardi était avant tout un vote anti-Obama, mais celui-ci a pris une ampleur inattendue à en juger par les résultats au Sénat, mais aussi par les revers essuyés par les Démocrates dans la course aux postes de gouverneurs. Seule consolation pour le chef de l’exécutif, les sondés manifestaient presque autant d’hostilité à l’égard des Républicains…

C’est avec la victoire la plus inattendue pour eux que les Républicains ont aisément franchi le seuil des six sièges qu’il leur fallait ajouter à leur escarcelle pour s’assurer une majorité au Sénat : en Caroline du Nord, où les sondages avaient pourtant toujours donné la sénatrice démocrate sortante, Kay Hagan, en tête face au speaker républicain de la Chambre des Représentants de l’Etat, Thom Tillis. L’ancien président Bill Clinton avait énergiquement fait campagne pour elle, mais cela n’a manifestement pas suffi.

Sept victoires décisives

En plus de la Caroline du Nord, les Républicains ont par ailleurs gagné dans six autres Etats où les duels étaient extrêmement serrés. Trois de ces résultats étaient attendus : en Virginie-Occidentale, dans le Dakota du Sud et au Montana. Les trois autres étaient, en revanche, beaucoup plus incertains : dans l’Arkansas, l’Iowa et le Colorado. Ces victoires ont scellé le sort de l’élection, sans qu’il faille attendre l’issue du vote dans d’autres « battleground states » comme l’Alaska, où les bureaux de vote fermaient plus tard, ou la Louisiane où, comme on le prévoyait, un second tour devra être programmé le 6 décembre, aucun des candidats n’ayant franchi la barre des 50 % plus une voix qui y est fixée.

Si les Républicains devaient ajouter six sièges aux quarante-cinq qu’ils occupent déjà au Sénat pour obtenir une majorité d’au moins cinquante et un sièges, il fallait bien entendu que ce gain ne soit pas entamé par des pertes éventuelles ailleurs. Trois Etats pouvaient poser problème: le Kansas, où le sénateur républicain sortant Pat Roberts s’était soudainement trouvé en difficulté; la Géorgie, où la fille du sénateur Sam Nunn, Michelle Nunn, menaçait l’homme d’affaires républicain David Perdue; et, dans une moindre mesure, le Kentucky, où l’actuel chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, était talonné par une amie des Clinton, Alison Lundergan Grimes. Finalement, tant Roberts et Perdue que McConnell l’ont emporté facilement.

Mitch McConnell, nouveau chef de la majorité

C’est donc haut la main que Mitch McConnell va pouvoir assouvir son ultime ambition : devenir désormais le chef de la majorité au Sénat. Et toute la question est désormais de savoir comment il envisage de jouer ce rôle. Optera-t-il pour la coopération avec la Maison-Blanche et les minorités démocrates dans chacune des Chambres du Congrès, ainsi qu’il l’a donné à entendre pendant sa campagne ? Ou, fort du raz-de-marée enregistré mardi soir, se montrera-t-il au contraire intraitable et systématiquement hostile au Président comme il le fut au cours des années précédentes ? Il se peut aussi qu’il n’ait pas vraiment le choix et que, poussé dans le dos par des extrémistes proches du mouvement ultra-conservateur du Tea Party comme le sénateur texan Ted Cruz, il soit contraint de radicaliser ses positions.

On le saura dès janvier, quand la nouvelle majorité s’installera sur ses bancs à Capitol Hill. Une chose est d’ores et déjà évidente, toutefois: l’avenir s’annonce très difficile pour Barack Obama. On voit mal comment il pourra exploiter ses deux dernières années qu’il lui reste à la Maison-Blanche pour marquer l’Histoire et assurer sa postérité en introduisant des réformes significatives. Le temps risque de lui paraître fort long, tandis que les Démocrates seront sans doute tentés de tourner prématurément la page de sa présidence pour déjà préparer la revanche de 2016.

Lalibre.be

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*