lundi , 22 juillet 2019

Burkina Faso: Blaise débarqué…….et après?

Les « hommes intègres » ont réussi à faire partir leur Président, qui voulait tripatouiller la Constitution pour rester encore au pouvoir, après vingt sept ans passés à la tête du pays. Une énième révolution, au Burkina Faso, qui a vu ce peuple débarquer Blaise Compaoré, un autre militaire. Puisque, en plus de cinquante années d’indépendance, ce pays a connu six (6) militaires sur les sept (7) Présidents qui ont eu à y tenir les rênes du pouvoir, il serait temps, comme le réclament les compatriotes du défunt Thomas Sankara, que les citoyens burkinabés soient, enfin, dirigés par un civil.

Mais cela ne se décrète certainement pas. Le monde entier a acclamé la toute dernière révolution des « hommes intègres », mais le monde entier a encore les yeux rivés sur le Burkina Faso. Attendant la suite des évènements.

Les projecteurs de l’actualité sont toujours braqués sur le Burkina Faso. Le soulèvement populaire des 30 et 31 octobre 2014 n’a pas fini, en effet, d’exposer ce pays au cœur de l’actualité. Il s’y est installé une sorte de crise. La cacophonie y règne toujours quand on sait qu’aucun consensus n’est jusqu’à présent trouvé, rien que pour ce qui est de constituer un gouvernement de transition. Militaires et civiles continuent de chercher/revendiquer une certaine légitimité auprès du peuple burkinabé et aux yeux de l’Opinion Internationale. Les réunions et autres rencontres se multiplient à n’en plus finir, pour trouver une solution de sortie de crise. Les propos tenus par le lieutenant-colonel Yacouba ZIDA, aux commandes actuellement, ne semblent pas rassurer tout le monde.

Combien de fois n’a-t- on pas vu, d’ailleurs, en Afrique, des Présidents « de transition » se muer en Présidents « tout court » ? Rien que cela donne raison à ceux qui crient déjà « basta, les militaires ! ». Mais y a-t-il un présidentiable parmi les civils bukinabé ? D’aucuns ne se sont gênés à se poser la question. Cela n’est-il pas une insulte à ces braves gens ?  Les militaires ont suffisamment montré, dans ce pays, tout le bien dont ils sont capables. Mais autant le peuple finit par en avoir assez de voir la tête d’un seul et même Président pendant plusieurs années, autant il peut en avoir assez d’être dirigé tout le temps par « un homme de tenue ». Et de ce point de vue-là, cette revendication semble légitime, encore faudrait-il que société civile et hommes politiques accordent leurs violons pour jouer le même air.

« …Si les forces vives pensent s’être trompées [d’avoir confié les rênes du pays aux militaires], il est encore temps de revenir nous voir, …l’armée se retirerait alors et laisserait ceux qui pensent à cette étape, être à même de faire sortir notre pays de la situation difficile actuelle ».Dixit le lieutenant-colonel ZIDA. Cela veut dire ce que cela veut dire. Et comprenne qui pourra.                                                                             Osons espérer, toutefois, que l’ultimatum de quinze jours fixé par l’Union Africaine sera respecté, s’agissant pour l’armée burkinabé de remettre le pouvoir aux civils. Osons espérer, même, qu’avant l’échéance de cet ultimatum, le calme et la paix seront déjà revenus dans ce beau pays qu’est le Burkina Faso. Il y va de l’intérêt de toute l’Afrique.

Pape O.B.H. Diouf                                                   Novembre 2014

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