lundi , 19 août 2019

Ebola : en Guinée, au coeur de la course contre la mort

En Afrique de l’Ouest, l’épidémie gagne du terrain. Héroïques, les soignants risquent leur vie à chaque instant. Il faut traiter mais aussi remonter la piste du virus pour enrayer le mal. Reportage de notre envoyée spéciale.

Au centre de traitement de Médecins sans Frontières à Guéckédou, un soignant en tenue sécurisée prend en charge un petit patient. Julien Ray-MSF Au centre de traitement de Médecins sans Frontières à Guéckédou, un soignant en tenue sécurisée prend en charge un petit patient. Julien Ray-MSF
L’ambulance est arrivée à la nuit tombée.

 

Six heures de piste épouvantables sous un soleil de plomb au coeur de la Guinée forestière pour gagner ce centre de traitement de Médecins sans Frontières (MSF) de Guéckédou, dans le sud du pays. Portières verrouillées, vitres remontées, les malades attendent qu’on vienne les délivrer. Combien sont-ils, entassés là-dedans ? On ne sait pas. Interdiction formelle d’ouvrir les portes. Terriblement contagieux, ils sont aussi dangereux que des charges d’explosifs. Un malade qui voudrait s’échapper ou qui vous agrippe le bras, et c’est la catastrophe.

Branle-bas de combat dans le centre de soins : personne n’a été averti de leur arrivée. Il reste des lits : ce matin encore, le centre était plein à craquer, mais une dizaine de patients sont morts dans la journée… Une équipe se prépare pour approcher l’ambulance, évacuer les corps de ceux qui sont morts durant le trajet ; trier les malades, en isolant les cas suspects des cas déclarés. Il faut enfiler la tenue sécurisée : bottes, combinaison étanche, tablier, gants fins, gants épais, masque, capuche. En attendant, impossible même d’entrouvrir la vitre pour donner aux malheureux un peu d’air… « C’est ça qui est le plus terrible, avec cette maladie. Elle nous rend inhumains », dit Marie-Claire, jeune médecin de 36 ans.


Chacun, ici, en est désormais convaincu : le pire est à venir

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