samedi , 7 décembre 2019

EBOLA: Et la « fièvre » gagna l’Amérique (opinion)

Le moustique de Casimir Zoba « Zao » n’épargne personne. Dans la chanson éponyme de l’artiste congolais, ce dernier nous rappelle que le minuscule insecte est petit mais il « tape [même] les grands ». Il n’épargne personne. Il pique même le roi. Il pique même le Pape, même l’Imam.

 

Tout comme cet « assassin » de moustique, voila qu’Ebola s’attaque à la Puissante Amérique, après s’en être pris au pauvre continent où il continue, d’ailleurs, de faire des ravages. Certes, le virus a eu à faire des incursions « anodines » aux USA, mais cette fois-ci, avec le cas Duncan, du nom de celui-là en provenance du Libéria (le 20 septembre dernier) qui a déjà été en contact avec au moins une centaine de personnes selon les informations, la peur s’installe chez Obama. Les autorités affichent un semblant de sérénité. Mais face à Ebola, ce mal qui détruit de l’intérieur en un temps record, très atrocement, nul ne saurait être aussi serein que ces maîtres dans l’art de la manipulation(le nombre de personnes en contact avec la victime a été revu à la baisse en moins de quarante huit heures) et du « bluff » semblent en donner l’impression.

 

Ebola fait bien peur. Indubitablement.

Les maladies ne connaissent plus de frontières depuis que le monde est devenu un village planétaire. Elles ne sont plus spécifiques à une sphère géographique où à une autre. Elles ne sont plus, les maladies, l’apanage d’une classe sociale ou d’une autre. Il fut un temps où l’on disait que le cancer est une maladie de riches. Combien de personnes, de nos jours, meurent de cette maladie sous nos pauvres tropiques ? Et la mobilité sans cesse croissante des « citoyens du monde » n’est pas pour arranger les choses. C’est ainsi que le Sénégal a eu son « cas importé», c’est ainsi que l’Amérique se retrouve, actuellement, dans une situation pas très enviable : Ebola décime, et une seule perte humaine installe peine et tristesse dans le cœur d’au moins une personne, une famille. Ce n’est pas rien. Une question me turlupine alors l’esprit : pourquoi en est-on arrivé là ?

 

Le virus hémorragique Ebola a été découvert depuis déjà près de vingt ans. Vingt ans au cours desquels rien de sérieux, ne semble avoir été fait pour le combattre efficacement et l’éradiquer( ?). Si le monde entier s’y était mis plus tôt, on aurait certainement investi beaucoup moins que ce qui est en train de se faire. Les innombrables pertes en vies humaines auraient certainement été évitées. La peur ne pendrait pas autant au-dessus du monde, comme une épée de Damoclès. C’est à croire que l’Afrique allait être abandonnée à son sort, tant que l’Occident n’était pas menacé. Maintenant que le mal a traversé l’Atlantique, On met les bouchées double pour ne pas connaître les lourdes pertes engendrées chez nous. Et la précipitation aidant, c’est comme à un sauve-qui-peut et au tâtonnement qu’on assiste. Une véritable course contre la montre est, désormais, entamée.

 

Mais doit-on tout reprocher à l’autre ? Nous, africains, ne devons-nous pas prendre conscience, enfin, que notre destin doit d’abord être pris en charge par nous-mêmes? Certes, nous ne disposons pas encore des équipements techniques nécessaires pour faire face, efficacement, à certaines situations, mais le contenu de nos volumineux crânes devrait bien nous servir à quelque chose d’utile. C’est l’Occident qui pense pour nous et qui nous panse les plaies. C’est l’Occident qui agit pour nous et qui agit sur nous. C’est l’Occident qui nous règle nos problèmes (même internes). Alors si l’Occident décidait que nous, africains, disparaissions du système solaire ( notre continent avec), ce ne serait certainement qu’un jeu d’enfant pour eux. A méditer. Ebola et la manière dont ce mal ravageur est géré jusque-là doit nous faire réfléchir un peu plus.

 

Maintenant que le virus « assassin » Ebola investit la sphère de Barak, l’espoir de VRAIMENT maîtriser le mal (à défaut de lui trouver un remède fatal) est de moins en moins mince. Et puisque « l’Amérique c’est pas comme ici » (pour reprendre et adapter au contexte les propos d’un artiste africain qui comparait ironiquement son pauvre pays à la France développée), puisque l’américain ce n’est pas l’africain, lui qui n’aime pas qu’on touche un brin de cheveu à son concitoyen, s’appellerait-on Ebola, nul doute que les Yankees feront valoir leur « toute-puissance » et leur sens très élevé du patriotisme « planétaire » pour faire d’Ebola ce qu’ils font de ceux qui s’en prendre à un des leurs.

 

C’est le lieu de rendre un grand hommage à tous ceux qui s’investissent dans le combat, désormais mondial, contre Ebola le méchant virus. Mention spéciale à tous les corps médicaux du monde, à toutes les structures de santé du monde, à tous les volontaires, qui mettent leur vie en péril, pour que NOUS survivions à Ebola. Nous partageons, également, la douleur qui frappe les familles de ceux qui ont été emporté, jusque-là, par la fièvre hémorragique Ebola.

Pape O.B.H. Diouf

 

 

 

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