dimanche , 18 novembre 2018
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Un comité de crise de l’opposition demande l’arrêt des  »exactions en cours » à Womey

Un  »comité de crise » constitué essentiellement de partis d’opposition aux lendemains  du drame de Womey, a condamné vendredi à Conakry, les tragiques événements survenus dans cette localité de Nzérékoré, le 16 septembre 2014.

Pendant une conférence de presse, Felix Lamah, Président dudit  comité, a affirmé que personne n’a le droit d’ôter la vie à son prochain pour quelques raisons qu’elles soient.

 

M. Lamah faisait ainsi allusion au massacre de huit membres d’une delegation arrivés dans cette partie du pays pour sensibiliser les populations locales sur l’épidémie d’Ebola qui sévit encore dans le pays, au Liberia et en Sierra leone.

 

Rappelons d’ailleurs que cette délégation était composée de responsables administratifs, de médecins, d’un religieux et de trois journalistes entre autres.

Convaincu que la vie humaine est sacrée et mérite respect, le comité de crise condamne fermement ces actes de violences ayant conduit à des tueries à Womey, a dit Lamah. « Le comité dénonce par la même occasion les exactions en cours dans ce village, notamment les vols et pillages systématiques des biens appartenant aux citoyens de Womey, les violences physiques, les arrestations arbitraires ainsi que la destruction des habitations. Les auteurs de ces faits, qui qu’ils soient, doivent être également retrouvés et punis à la hauteur de leur forfaiture ».

Nonobstant cette situation, les membres du comité disent avoir constaté avec regret que depuis ce tragique évènement, nombreux sont ceux qui ont prononcé des jugements ‘’hâtifs de nature à compromettre dangereusement l’œuvre de justice’’.

D’après eux, tout un village et par extension  la préfecture de N’zérékoré et la région forestière dans son ensemble, font l’objet de stigmatisation et sont taxés de  »barbares par certaines autorités au sommet de l’Etat ».

Le Dr Faya Milimono, Président du parti Bloc Libéral, membre du comité a rappelé que  »la région forestière vit beaucoup de situation de violences ces dernières années et à chaque fois un comité se met en place pour aller en profondeur ».

‘’Nous sommes un pays qui a toujours traité les problèmes avec assez de légèreté, surtout les problèmes de justice’’, dénonce le président du parti Bloc Libéral.

Pourtant, évoque-t-il, la responsabilité pénale est individuelle. ‘’Je peux commettre un crime. Mais on ne peut pas l’imputer à mon père ni à ma mère, encore moins à  mon frère. A ce que nous sachions,  Womey est une sous-préfecture qui compte une population d’au moins 5 000 personnes.  Si un acte aussi odieux a été commis, c’est aussi le fait de 5 ou 10 personnes. On ne saurait condamner 5 000 personnes pour un crime commis par une minorité. C’est pour cette raison qu’on devrait mettre balle à terre pour toute manifestation de la vérité au lieu de stigmatiser toute la population’’, a exhorté l’opposant. Ajoutant que le comité de crise a été mis sur pieds pour participer activement à la  »manifestation de la vérité et à la recherche d’une paix sociale durable en Guinée forestière ».

Pour le député Ousmane Gaoual Diallo, membre de l’aile dure de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, également membre du même comité,  »il y a quelque chose qui s’est passé à Womey et qui a dû pousser les paysans et les villageois  à se dresser contre  une autorité forte ». Et de s’interroger encore: ‘’Il y a forcément quelque chose qui a déclenché cela. Car, le gouverneur n’est pas quelqu’un qui se déplace sans garde-corps. On se demande lorsqu’il était au village accompagné du préfet, que faisaient ses garde-corps ? La gendarmerie et la police qui étaient avec eux ont joué quel rôle ?  Ce sont des questions à méditer’’, s’est demandé Diallo.

Par ailleurs, il a déploré le fait que  selon lui certaines autorités  regardent ce  drame sur  »l’angle ethnique,  en condamnant telle ethnie au profit de telle autre ».  ‘’On a tout de suite considéré le drame de Womey  comme un drame communautaire comme si c’est  tout un village qui a commis l’acte, qui a préparé un complot pour attendre les autorités et les massacrer. Si un village est capable de construire un complot, alors la Guinée est un pays défaillant. Dans un village, vous avez des présidents et les membres des districts, les membres des CRD, des sous-préfets, des policiers », explique-t-il.

Et de s’interroger : « Est-ce qu’un village de 5000 habitants peut construire un complot pour préparer un attentat contre les gens et les exécuter sans que l’Etat ne soit informé. Dans ce cas, on est plus dans un Etat’’, martèle Ousmane Gaoual Diallo.

Recommandations

Pour ce faire, le comité rappelle que la responsabilité pénale est personnelle, et que chaque citoyen répond individuellement de ses actes devant  la loi.  »C’est pourquoi il est important de s’abstenir de faire des conclusions hâtives sur ces évènements en attendant la manifestation de la vérité par le biais d’un procès juste et équitable », recommande le Comité de crise.

Il recommande en outre au gouvernement et à la communauté Internationale de diligenter dans les plus brefs délais une commission d’enquête impartiale afin de faire la lumière sur ce qu’il qualifie  »d’incidents regrettables de Womey » et de mettre en place une stratégie efficace et adaptée de communication en vue de contrer l’épidémie d’Ebola en Guinée en général et dans les zones rurales en particulier ».

 »Le Comité demande que soient situées les responsabilités quant aux pertes en vies humaines en détectant et en punissant les auteurs, de quelque bord qu’ils soient, cela conformément aux lois de la République ; ordonne immédiatement le retrait et sans conditions des forces de défense actuellement postées à Womey ; ordonne en outre l’arrêt immédiat des arrestations arbitraires et abusives, des pillages, des vols, et autres exactions en cours à Womey, entre autres » conclut le Comité.

Aliou BM Diallo
+224 622 25 45 64
contact@kaloumpresse.com

 

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