mercredi , 18 septembre 2019
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Découverte: ‘’Black Diamond’’ qui redonne vie aux pneus usés

REPORTAGE — Il n’y a pas de sot métier, dit-on. A Conakry, pour subvenir à leurs besoins, des jeunes ont trouvé la solution à leurs problèmes en créant une coopérative dénommée ‘’Black Diamond’’ qui utilise les pneus usés comme matière première.  Une véritable success-story qui procure inspiration et admiration.


‘’Black Diamond’’ est spécialisée dans les arts plastiques. Piloté par deux jeunes âgés d’une trentaine d’années, le centre de négoces, nonobstant ses rendements, peine aujourd’hui à évoluer, faute d’endroit de travail.

Située au quartier Taouyah en bordure de mer, l’entreprise est spécialisée dans la fabrication des nombreux objets à partir de pneus peu usés. Ainsi le génie créateur de ces jeunes qui refusent l’oisiveté et la dépendance leur permet d’obtenir des fauteuils, des ceintures, des miroirs et des oiseaux.
Balla Cissoko dit ‘’Master Joe Magnifique Fleur’’, jardinier et spécialiste dans la décoration  des fleurs explique que l’idée est venue pendant une séance de nettoyage de la plage. ‘’Tout est parti quand un de nos amis qui s’appelle Poisson a trouvé un pneu sur la plage. Il l’a soulevé, et a dit que c’est du diamant noir. Depuis ce jour nous avons baptisé notre entreprise Black Diamond’’, se rappelle le jeune-homme.
Entre temps ajoute-t-il, Mme Brakwell dit Mme Bleus (une blanche, ndlr) nous a montrés un album où elle nous a demandé si on pouvait réparer des fauteuils à partir de pneus. C’est comme ça que tout est parti, poursuit-il, visiblement satisfait de son travail.
Black Diamond a été approché par Mme Bleus et a bénéficié de son accompagnement pendant plus de 9 mois. La conclusion fut immédiate. Le succès était total.
Les fauteuils fabriqués par ce groupe à partir des pneus recyclés s’achètent comme du petit pain. Les prix unitaires avoisinent 400 000 francs guinéens, tandis que les chaises coûtent 250 000 GNF. La coopérative propose aussi d’autres mobilier de salon à 130 000 GNF, des ceintures à 35 000 GNF et des miroirs à 100 000 GNF’’.  D’après le concepteur, la plupart des  clients sont guinéens et un peu d’expatriés.
Un complet de fauteuils est conçu avec trois pneus, un morceau de bois, de l’éponge et du tissu. Ces mobiliers spécifiques peuvent avoir une garantie de vie d’au moins une année, assure Balla Cissoko.
Mais, précise-t-il, le problème se trouve uniquement au niveau du bois qui se casse vite. Le caoutchouc lui est garanti et peut durer encore plus longtemps après avoir servi sur la route.

Perspectives compliquées

Alors que tout semblait bien parti pour ces jeunes, un facteur est venu bouleverser leurs prévisions.

La cour qui abritait l’atelier a été mise en vente. Invités à quitter les lieux, les jeunes se sont retrouvés à la belle étoile. Aujourd’hui délogés par le nouvel acquéreur de la cour, Balla Cissoko et Kevin Bangoura n’ont eu d’autres possibilités que de déverser leurs affaires aux bords de la route. Avec peu d’espoir de pouvoir trouver un endroit idéal de travail, ‘’Balck Diamond’’ squatte en plein air.

‘’Les choses marchaient au moment où on avait une place. Mais actuellement, depuis deux mois les activités sont arrêtées’’,  selon Cissoko.
‘’Rien ne bouge. Nous sommes à la quête d’un endroit. En attendant, nos bagages sont déposés derrière la cour’’.

La coopérative a formulé des demandes de soutien. Mais elles sont restées lettre morte jusqu’à présent.

« Nous n’avons aucune aide de la part des autorités. Nous avons fait des démarches auprès des différents départements en charge de l’Enseignement supérieur, la Culture, le Tourisme et l’artisanat, mais nous n’avons reçu aucune assistance’’, explique les membres de Black Diamond.

Le groupe participe par ailleurs à des séances d’assainissement d’une plage située non loin de leur lieu de travail. C’est d’ailleurs cette activité qui leur donne l’inspiration. Et pour rien au monde, il ne compte abandonner cette activité écolo.

Deux fois par semaine, ‘’Black Diamond’’, aux côtés de Brakwell Bleus communément appelée Mme Barry, compte poursuivre ses opérations de nettoyage de la plage qu’il appelle ‘’Plage du peuple’’. Car c’est l’une des plages qui n’ont pas de nom et où l’accès est gratuit à Conakry.

Aliou BM Diallo
+224 622 25 45 64
contact@kaloumpresse.com

 

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