lundi , 18 novembre 2019

Guinée : vers la fin de  »Ebola-business »

Des guinéens sans scrupule se livrent depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola dans le pays à leur jeu favori. Montage des projets fictifs au nom d’ONG elles-mêmes fictives, présentant des budgets faramineux au nom d’une prétendue campagne de sensibilisation, ils se croyaient tout permis.

Dans le cadre de la lutte contre Ebola qui passe nécessairement par la sensibilisation et la distribution de kits sanitaires, certains guinéens, ingénieux dans l’autre sens, avaient réussi à se faire financer à travers des ONG dont l’existence suscite le doute. Les plus malchanceux (heureusement), attendant leur financement.

Tenez-vous bien! La Coordination nouvellement mise en place par le président de la République a trouvé sur sa table 47 demandes de subvention formulées par des ONG et associations de ressortissants. Parmi ces dossiers, le moins-disant proposait une offre de 50 millions de francs guinéens. Et le mieux-disant demandait 2,5 milliards de francs guinéens. Un véritable business florissant, pourrait-on dire.

Seulement, voila. Le pot aux roses a été découvert. La Coordination nationale de riposte à la fièvre hémorragique, à laquelle le président de la République a donné tout le pouvoir de diriger les opérations, a décidé de réglementer l’octroi des subventions aux structures.

Ainsi, pour bénéficier d’un financement dans le cadre de la lutte contre Ebola, l’ONG devra présenter un agrément en cours de validité, délivré par le ministère de l’Administration du territoire. Il faudra démontrer que l’on dispose d’une expérience dans le domaine de la sensibilisation, à partir des rapports d’activité antérieures certifiés par les bailleurs de fonds.

Aussi, avant de demander des sous à l’Etat, il va falloir présenter un compte bancaire garni de 5 millions de francs guinéens, au bas mot.

Le plus dur pour ceux qui veulent s’en mettre plein les poches consistera à présenter désormais un projet de sensibilisation dont le coût ne dépasse pas 10 millions de francs guinéens pour la capitale Conakry, et 30 millions pour l’intérieur du pays.

Outre le fait qu’il faudra intervenir dans une zone non couverte par une autre ONG, l’exécutant entrera en possession de 60% du budget de son projet. Le reliquat, les 40%, lui sera remboursé après exécution du projet sanction d’un dépôt de rapport approuvé par le directeur préfectoral ou communal de la santé. En clair, une ONG qui présente un projet d’un milliard de francs guinéens devra disposer de 400 millions de francs guinéens.

Les contours des financements d’Ebola en Guinée deviennent donc compliqués pour ceux qui voulaient se renflouer les poches sur le dos des citoyens qui meurent de la maladie dans les campagnes, faute d’information.

Cette volonté de vouloir tout regarder a même valu au Coordinateur national de la riposte à Ebola, le Dr Sakoba Kéita, des menaces via des SMS.

 

« J’ai été menacé par des gens qui m’accusent de bloquer leurs milliards et de n’avoir pas alloué de l’argent à leurs projets de sensibilisation », explique le médecin qui circule aujourd’hui avec deux gendarmes à ses côtés.

Elie Ougna

+224 622 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*