vendredi , 24 mai 2019

Voici le Mémo que l’opposition extra-parlementaire a remis au président Alpha Condé

Kaloumpresse.com vous livre l’intégralité du mémorandum remis mardi au président de la République par l’opposition extra-parlementaire.

 

RÉPUBLIQUE DE GUINÉE

COORDINATION DE L’OPPOSITION EXTRA PARLEMENTAIRE

C.O.E.P.

MEMORANDUM

A L’ATTENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT

DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE

CHEF DE L’ETAT


Partis Politiques Signataires

(UNR-FIDEL-ADN-PUD-PTG-RRD-PUL)

Septembre 2014

Monsieur le Président de la République,

Comme chacun le sait, la Guinée malgré des débuts prometteurs à l’indépendance le 2 octobre 1958, n’a connu qu’une longue succession de régimes dictatoriaux, qui en ont fait l’un des pays les moins avances de notre sous-région et de notre continent.

Que ce soit en 1958, 1984, 2008 et en 2010, à chacun de ces tournants importants de l’histoire de notre pays, le Peuple éprouvé de Guinée s’est remis à espérer que les leçons chèrement payées du passé devraient être pleinement tirées, afin que la Guinée entame enfin sa marche en avant vers la Démocratie, la Justice Sociale, la concorde et le bien être.

Aujourd’hui encore notre pays, La Guinée, traverse une crise grave, profonde à la fois Politique, Economique, Sociale et Morale avec des soubresauts ravageurs dont les conséquences menacent inéluctablement notre existence en tant que Nation.

Le Contexte
National
est un contexte de Pauvreté caractérisé par des Indicateurs Sociaux et Economiques singulièrement faible, exprimés et établis sur la base des données d’Institutions réputées comme la Banque Mondiale (BM), le Fond Monétaire International (FMI) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il est établi sur la base de ces données que notre pays traverse une crise multidimensionnelle qui transparait dans le domaine social, sanitaire, politique et économique et met en exergue la paupérisation de près de six (6 000 000) millions de guinéens.

L’anatomie générale de l’Economie d’hier et depuis votre accession à la magistrature suprême de notre pays l’a rendue incapable de créer de la richesse et de l’emploi. L’Injustice sociale s’est aggravée, l’Impunité, l’Exclusion et la Corruption endémique se sont étendues marquées par un environnement d’insécurités quotidiennes dans nos villes et villages.

La COEPdont ladoctrine et la vision politique prône la Fraternité des Ethnies vaincra les Inimités, les Exclusions et conduira notre pays vers des Lendemains Meilleurs. Elle se veut être une organisation patriotique, imbue et convaincue de son devoir. Elle a l’honneur de présenter ce Mémorandum qui est la synthèse d’Observations majeures d’acteurs et d’entités politiques sur l’état de notre pays et qui se veut être un document qui n’a pas pour objet de faire ressortir des acquis, mais plutôt de mettre en relief les faiblesses afin de mieux asseoir nos réflexions quant à leurs solutions et à l’avenir de notre Pays.

C’est à ce titre qu’il fait ressortit de notre part, les CONSTATS ci-après:

A – Volet Politique

Le Processus Politique engagé après le décès du Général Lansana CONTE a conduit à une Transition militaire difficile dont le Couronnement fut votre Election à la Magistrature Suprême de notre Pays.

En effet, notre peuple extenué par plusieurs décennies d’oppressions et de crises politiques, d’injustice et de corruption avait besoin de changement. Contrairement aux années 1958-1984, et1993-2008, le changement ambitionné en 2010 se voulait démocratique d’oûles Elections Présidentielles de l’année 2010. Celles-ci étaient le résultat d’une âpre lutte menée par tout le peuple de Guinée pour l’instauration d’une Démocratie et d’un Etat de Droit.

Il nous revient aujourd’hui en tant qu’Acteurs Politiques de participer à la vulgarisation et à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit et de mettre en évidence votre slogan « Ensemble, changeons la Guinée ».

Il est a noté que cet élan s’est vite estompé, vu les Clivages Communautaristes et Ethniques entretenus dans le Paysage Politique par des divergences profondes quant à la conduite du processus démocratique engagé pour la mise en place de nos Institutions Républicaines. (Assemblée Nationale,Cour Constitutionnelle, Cour des Comptes, etc.)

Les Péripéties engendrées par ces contradictions ont menées à l’Organisation de manifestations populaires de l’Opposition Républicaine, ayant dégénérées et entrainées des pertes en vies humaines, des blessés graves, des dégâts matériels importants.

Cet état de fait nous a détourné de notre Préoccupation de Développement et entrainé des retards considérables dans la mise en œuvre des Objectifs indispensables au bien-être de nos populations.

Pour preuve:

– en 2010, l’indice de développement humain (IDH) était de 0,380 contre 0,392 en 2013 soit une augmentation insignifiante de 0,012. (Source PNUD)

47% des guinéens sont en deçà du seuil de pauvreté. (Source / Cia Factbook, 2013)

en 2010, le produit national brut per capita s’élève à us$1.100, ce qui plaçait la Guinée 218/228 dans le monde.

Il est vrai Monsieur le Président de la République et nous le savon, que le Développement a pour base la Paix, la Justice et l’Equité.

Si hier la République de Guinée, fière et jeune, reflétait le symbole d’une Afrique Unie, il est regrettable de constater que notre pays s’est essoufflé de ses contradictions futiles marquées par le rejet de l’autre ainsi que du non-respect des Valeurs Fondamentales de notre Etat entrainant des violations graves aux Libertés Publiques et aux Droits Humains. Le non-respect des Dispositions Constitutionnelles (art. 36 entre autre) ne favorise ni la transparence, ni la sincérité des actes posés par les pouvoirs publiques.

Les Affrontements de N’Zérékoré (plus de 500 victimes), Koulé, Galapye,Diécké, Guéckedou, Siguiri, Beyla,Mamou, Dalaba, Gaoual, Lelouma, les tueries de Zogota, Conakry, Kissidougou, Koulé, Galapaye, Siguiri,Saoro, Diécké et les incidents récurrents à travers le Pays (Porédaka, Gaoual,Dinkoli etc. ….), ainsi que les diverses manifestations à caractères sociales liées à la pauvreté grandissante de nos Populations et à la spoliation incontrôlée des terres de nos paysans n’en sont qu’une Illustration.

La Réaction inappropriée, Hésitante, Fragile et Incohérente de la Puissance Publique ainsi que l’impunité n’ont pas permis l’émergence de la Vérité et de la Justice.

Plus que jamais donc, la Guinée, vit toujours avec les démons du passé et reste un pays déchiré, divisé, sans aucun consensus et incapable de mobiliser toutes ses énergies pour une œuvre commune de Construction Nationale.

Excellence Monsieur le Président,

La mondialisation dans son contexte de nos jours et le caractère Jeune de notre population sont des facteurs exigeants une réflexion approfondie et une approche nouvelle et utile mettant en exergue leurs besoins et leurs préoccupations de tous les jours.

Ce défi doit prévaloir à la mise en place d’une Politique Efficace et Moderne afin de palier à une explosion de toutes ces attentes.

Il est vrai, que les efforts consentis par le Peuple de Guinée ainsi que l’apport de la Communauté Internationale et des pays amis ont conduit au Dialogue et à la Concertation pour nous sortir des blocages dans lesquels nous nous étions conduits.

Les Accords du 03 Juillet 2013 ont suscité à cet effet un nouvel espoir pour nos populations d’où l’Organisation des Elections Législatives dans la Paix et la Sérénité. Cet acquis devrait logiquement se consolider par le Respect des Engagements pris conformément à nos Lois et la clarté de nos démarches.

Malheureusement, l’Intolérance et le manque de Confiance des uns envers les autres ainsi que le manque de volonté politique malgré le consensus obtenu au Palais du Peuple en juillet 2014 entre l’Opposition, la Mouvance, le Gouvernement et les facilitateurs entrainent encore des blocages nouveaux susceptibles de favoriser la violence et la fragmentation de notre unité dont vous êtes, Excellence Monsieur le Président, leGarant Constitutionnel depuis votre Serment du 21 Décembre 2010.

Sur le plan politique, la Guinée, notre pays a besoin donc de rassembler ces Filles et Fils dans un élan de Solidarité en s’appuyant sur sa Diversité et surtout sur la volonté des uns et des autres à contribuer à son Emergence, à la cohérence de ces Valeurs et de ces Convictions et la mise en évidence de ses Intelligences et Croyances, clé de voute d’une Nation forte.

La Guinée l’a été hier, elle a le devoir de le rester aujourd’hui et de le demeurer.

Le tissu social guinéen a résisté à toutes les difficultés politiques que le pays a connu et traversé depuis son Indépendance.

Nous avons tous le devoir, vous davantage Monsieur le Président de la République, de le Maintenir et de le Pérenniser.

B/- Economie

Le renouveau politique né de l’accession d’un civil à la tête de l’Etat Guinéen avait fait naître de grands espoirs quant au réveil de l’Economie Guinéenne plombée par l’inflation galopante et l’absence de cadre attractif pour les Investissements.

La Situation Economique et Financière héritée de la transition était certes catastrophique, mais ne doit pas à elle seule, justifier la détérioration des Conditions de Vie de nos populations et la Démission de nos Structures d’Orientation, de Suivi et de Pérennisation de nos Acquis.

L’arrêt et la fermeture de l’usine de Fria, des Grands Moulins de Guinée et la faillite de la Sotelgui sont des exemples vivants.

Les performances macro-économiques sont certes salutaires, mais n’ont
eu
aucune incidence sur la vie quotidienne du Guinéen.

En matière de gestion des finances publiques, malgré la rigueur proclamée, les vieux maux tels que la corruption, la fausse facturation ou les surfacturations, les détournements de toutes sortes sont toujours là en toute impunité.

Dans Le domaine énergétique, des Investissements importants ont été engagés mais n’ont pas produit les résultats attendus car les problèmes demeures et se renforcent tous les jours (Eau et Electricité). Les Investissements de notre avis n’ont pas obéit à un programme cohérent intégrant un diagnostic détaillé dans le domaine et permettant de définir des esquisses de solutions à préconiser pour le court, moyen et long terme. L’augmentation de la production par la construction de barrages hydro électriques et centrales thermiques est un objectif louable. Elle doit cependant s’inscrire dans une dynamique globale devant mener notre pays à se doter de toute l’infrastructure indispensable à la satisfaction de nos besoins globaux en la matière pour l’impulsion d’une dynamique de développement durable.

Des Initiatives louables ont été prises par le Gouvernement dès 2011 en faveur de l’Agriculture, mais les résultats sont maigres au regard des sacrifices budgétaires. Le manque de développement d’une organisation de la paysannerie et d’une économie rurale tue l’initiative.

L’indispensable reforme du secteur minier s’est faite avec un minimum de transparence ce qui ne permet pas une compréhension claire de la relation entre l’Etat et les groupes miniers.L’assainissement dans le secteur des mines doit continuer en s’appuyant sur les dispositions de l’Initiative ITIEqui pourrait être un atout majeur à exploiter car s’appuyant sur les valeurs de transparence et de performance.

La réduction et la maitrise de l’inflation ramenée à 11,9% en 2013 selon la Banque mondiale, l’évolution sensible du taux de croissance de 2,5% selon la même source n’auront aucun effet tangible si l’investissement donc la création de richesses ne l’y accompagne.

C/ -Education

L’éducation de qualité est un paramètre capital du développement économique et social. Nous savons tous que l’éducation est sinistrée depuis des décennies dans notre pays, ce qui explique son faible ratio par rapport au budget national (12%). Le secteur aurait du être la priorité des priorités avec un ratio conforme aux normes CEDEAO variant entre 25 et 40% selon les pays. Des reformes ont été annoncées par le Gouvernement mais ne pointent pas à l’horizon, ce qui explique toutes sortes de supputations quand à la crédibilité des résultats des examens.

Nos Écoles et Établissements sont vétustes et mal entretenus ;

Le déficit en salles de classes est encore important, ce qui explique le surnombre d’élèves et étudiants par classe et par établissement ;

Les universités existantes ne répondent pas aux normes requises en la matière par manque d’infrastructures et d’équipements ;

La catégorisation du personnel enseignant n’est pas conforme aux normes et critères établis dans la sous région ;

D/ – Santé

Quand on sait le rôle que l’Etat devrait jouer pour assurer la santé de sa population, il est à déplorer de constater que nos Institutions, de Santé, accusent un retard considérable après 55 ans d’Indépendance par rapport à ceux de la sous-région.

Nos Hôpitaux, Centre de santé, Maternité, Dispensaire, Poste de santé sont délabrés et laissés pour compte ;

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