vendredi , 6 décembre 2019

Un locataire renonce à son voyage en « Forêt » pour éviter son expulsion au retour

EBOLA ET SA PSYCHOSE – Veuf depuis cinq ans, F.K. devait se rendre à Lola, en Guinée Forestière, région dont certaines villes sont touchées par la fièvre Ebola, pour chercher la nouvelle femme que ses parents viennent de lui trouver. Un voyage auquel il finalement renoncé à la dernière minute. Le propriétaire de son appartement situé dans une cour commune, à Simbaya, dans  Ratoma, ayant opposé un refus catégorique au projet.

 

Tout était déjà planifié. Le jeune auquel nous donnons les initiales F.K avait déjà fait la réservation, le 10 septembre, dans un car qui devait quitter Conakry le lendemain. Il avait déjà fait ses bagages. Et au village, toute la famille l’attendait pour fêter les retrouvailles.

Jeudi 11 septembre, au petit matin, il prend l’initiative d’informer sa concessionnaire de son voyage qui était sensé durer deux semaines.

Mais à son grand étonnement, celle-ci oppose un refus catégorique à l’idée.  Comme argument, elle lui signifie que la fièvre Ebola est en Guinée forestière. Donc pas question d’y aller et de revenir contaminer ses enfants.

« Elle m’a dit fermement que si je voyage, je ne rentre plus chez elle. Et qu’elle préfère me donner un préavis pour que je libère sa maison dès mon retour », relate le locataire. « Elle m’a affirmé que son devoir est de protéger d’Ebola ses enfants et les autres habitants de la cour’’, ajoute-t-il, d’un air amusé.

Dans un premier temps, F.K. prend les arguments de la dame comme un blague au goût amer. Puis, les minutes passant, il s’aperçoit qu’elle est vraiment au sérieux.
Des négociations sont engagées. Les voisins interviennent pour dissuader la bonne dame, en vain. Le chef de quartier est sollicité. Ce dernier plaide en faveur de F.K. La réponse de la concessionnaire est niet.

« Je lui ai même proposé de faire le test d’Ebola avec ma femme à notre retour, elle a refusé. Je suis allé jusqu’à lui promettre que nous accepterons volontiers nous mettre en quarantaine même au centre de traitement d’Ebola à Donka jusqu’à la fin de la période d’observation de 21 jours. Elle a dit niet », raconte l’infortuné locataire, non sans rire.

Finalement, F.K a dû renoncer à son voyage mon voyage pour éviter une expulsion en cette période de pluie  et de crise de logement. « Je suis allé reprendre mon argent de réservation avec le transporteur », explique-t-il, quelque peu déçu.

 

On rappelle qu’à date aucun cas d’Ebola n’est enregistré dans la préfecture de Lola.  N’Zérékoré, Guéckédou, Macenta et Yomou sont les villes à avoir noté des cas liés à cette fièvre hémorragique.

Elie Ougna

+224 622 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

 

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