vendredi , 16 novembre 2018

Affaire saisie de devises à Dakar : Abé Sylla veut une enquête parlementaire

Sans emprunter des raccourcis ou tomber dans des spéculations comme le font quelques leaders de l’opposition guinéenne depuis l’éclatement du scandale lié au transfert de fonds de la Guinée vers Dubaï, via Dakar, le candidat malheureux à la présidentielle de 2010, Ibrahima Abé Sylla, sollicite une enquête parlementaire. Son analyse de la situation…

 

L’incident de transfert de fonds d’une valeur d’environ 10 milliards de Francs CFA en devises étrangères (dollars et Euro), rapporté sur les ondes de Radio France Internationale et confirmé par le gouverneur de la banque centrale de Guinée (BCRG), n’est pas de nature à honorer notre système de gouvernance et de transparence. Au delà de la légalité ou non de ce transfert, la représentation nationale devrait se saisir de l’affaire et mener une investigation objective pour informer l’opinion nationale. Ce transfert d’argent pose quelques questions sur le fonctionnement de notre démocratie et la transparence de la gouvernance.

La commission de l’assemblée nationale en charge de l’économie et des finances se doit d’éclairer le peuple sur les points suivants :

1. Comment a-t-on rassemblé cette importante somme d’argent en devises étrangères ?

2. Pourquoi les responsables de la banque Centrale ont préféré le transfert par une voie souffrant d’une traçabilité et très peu recommandable pour une institution qui fait la réputation de la gouvernance financière du pays.

3. A qui était destinée cette somme d’argent et pourquoi ?

4. N’est-il pas nécessaire à l’exécutif de demander l’autorisation de l’assemblée nationale avant une telle opération ? A l’instar des entreprises, l’exécutif n’a-t-il pas un plafond d’engagement financier au delà duquel l’autorisation de l’assemblée est requise ?

5. N’est il pas possible en Guinée d’utiliser les circuits des banques commerciales pour le transfert des fonds ?

L’assemblée nationale se doit d’apporter sa contribution pour éclairer le peuple, qui est pour l’instant, entre les interprétations et supputations politiques des uns et des autres. Autant d’autres questions nécessitent de réponses, c’est un devoir et un exercice d’éducation civique.

Abe Sylla

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