vendredi , 6 décembre 2019

Crise politique : le fossé se creuse (encore) entre la CENI et l’opposition

La réunion d’échange organisée jeudi entre les partis politiques et la commission électorale nationale indépendante (CENI) était un tournant décisif pour le processus électoral et la situation politique de la Guinée. Mais de-là à affirmer qu’elle a accouché d’une souris, il y a un pas que certains ont déjà franchi.

 

L’opposition parlementaire et celle extra parlementaire ont claqué la porte de la réunion convoquée par la CENI pour parler du processus électoral.  Elles ont dénoncé une « fuite en avant » de l’institution en charge de l’organisation des élection. Et un « manque de concertation » entre cette institution et les acteurs politiques pour une meilleure organisation des prochaines échéances électorales.

Dans la salle de réunion, la sérénité n’a été que de courte durée. Aussitôt le président de la CENI, Bakary Fofana, a parlé de trois points à l’ordre du jour dans son allocution, que l’opposition en perte de patience, a demandé la parole. Ainsi, leur porte-parole, Aboubacar Sylla, a rappelé les points de divergences qui nourrissent les suspicions entre la classe politique et la CENI. C’est ainsi qu’il a annoncé l’indisponibilité de l’opposition à poursuivre les échanges.

« Nous sommes venus en grand nombre pour répondre à l’invitation de la CENI même si les formes requises n’ont pas été respectées. Nous sommes quand même venus à cette première concertation, la première depuis les législatives. Nous avons vu le programme de la journée. Deux thèmes simplement, qui seront présentés par des commissaires de la CENI et le tout sera bouclé par un discours de clôture. En réponse, nous nous sommes réjouis de la tenue de ces types de rencontre mais nous déplorons leur démultiplication depuis les législatives de 2013. Pour nous, cet état de fait est extrêmement grave. En clair, nous avons déploré cette attitude de la CENI, qui continue sa fuite en avant en mettant en œuvre des opérations aussi importantes dans l’opacité la plus totale sans en débattre avec les partis politiques concernés. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, c’est juste un compte-rendu d’activités, dont nous n’avons eu connaissance qu’à travers les ondes. Ceci est anormal », a confié Sylla.

Sur ces morts, le porte-parole de l’opposition dite Républicaine a affirmé ne pas vouloir participer à une rencontre qui n’était qu’une réunion de compte-rendu. « Nous aurions aimé être associés aux activités de la CENI. Nous n’avons jamais mis en cause l’indépendance de la CENI, mais la Guinée étant sur la planète terre, les CENI collaborent constamment avec les partis politiques, qui sont les bénéficiaires de leur prestation », a confié le porte-parole. « Nous quittons la salle sans présager des dispositions que la CENI pourrait prendre à l’avenir pour en faire en sorte que ces types de réunion soient convoqués à date et à temps en vue de permettre la tenue des échanges francs ».

Une fois fini ce discours, les représentants de l’opposition parlementaire se sont retirés de la salle avant d’être suivis par ceux de l’opposition extra-parlementaire.

Mais l’acte de l’opposition n’a pas laissé indifférent le numéro un de la CENI. Pour Bakary Fofana, il a fallu la tenue de cette rencontre pour qu’il y ait eu un tel discours.

« L’opposition républicaine doit comprendre que la CENI est une institution régie par des lois juridiques et tant que la loi n’est pas respectée, nous ne pouvons parler de démocratie. C’est en cela que la CENI existe », a-t-il répliqué.

Aliou BM Diallo
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