lundi , 10 décembre 2018

Ebola: L’OMS donne son feu vert pour les traitements expérimentaux

Le comité d’experts réuni lundi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a approuvé l’emploi de traitements non homologués dans la lutte contre la fièvre hémorragique Ebola, selon un communiqué de l’organisation diffusé mardi.

«Devant les circonstances de l’épidémie et sous réserve que certaines conditions soient remplies, le comité a abouti au consensus estimant qu’il est éthique d’offrir des traitements non homologués dont l’efficacité n’est pas encore connue ainsi que les effets secondaires, comme traitement potentiel ou à titre préventif», explique l’OMS.

Les douze experts sollicités par l’organisation insistent néanmoins sur «l’obligation morale de recueillir et partager les données [de sécurité et d’efficacité] ainsi obtenues». Malgré les circonstances de crise, ils appellent à ce que les tests cliniques soient réalisés dans les meilleures conditions possibles afin de contribuer à la preuve éventuelle de leur intérêt thérapeutique. L’homologation d’un médicament par les agences du médicament exige habituellement un processus strict comprenant trois phases de tests sur l’homme, afin de vérifier tant l’innocuité que l’efficacité des molécules.

ensemble du processus prend plusieurs années. Le comité éthique a défini comme conditions d’emploi de ces traitements «une transparence absolue quant aux soins, un consentement informé, la liberté de choix, la confidentialité, le respect des personnes, la préservation de la dignité et l’implication des communautés».
Plus de 1000 morts;

La recherche sur le virus Ebola explore plusieurs pistes. Plusieurs vaccins préventifs sont en voie d’élaboration (dont un préparé par le laboratoire GSK, un autre par la société Crucell) ; la société Mapp Pharmaceutical a mis au point un «cocktail d’anticorps» distribué à deux Américains contaminés, engendrant le débat éthique actuel ; la société Tekmira a bénéficié de 140 millions de dollars du département américain de la Défense pour l’élaboration d’un autre traitement ; enfin, Toyama Chemical, filiale de Fujifilm, serait en pourparlers avec les autorités américaines pour faire tester son antiviral, le favipiravir, sur des malades atteints de fièvre Ebola.

Avant même l’annonce de l’approbation de l’OMS, les États-Unis ont déjà promis l’envoi au Liberia, l’un des pays les plus touchés par l’épidémie, du sérum de Mapp Pharmaceuticals, disponible en très faibles quantités, pour traiter les médecins libériens actuellement infectés. Les personnels soignants sont particulièrement exposés au risque de contamination.

La fièvre hémorragique Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest a franchi la barre des 1000 morts, avec 1013 décès et 1848 cas dénombrés (confirmés, suspects et probables), selon le dernier bilan de l’OMS lundi soir

 

 

 

 

 

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