samedi , 25 janvier 2020

Sit-in sous tension des victimes de la BADAM

Les anciens clients de la Banque Africaine pour le Développement Agricole et Minier ont mis jeudi leur menace à exécution en organisant un sit-in devant le siège de la banque en faillite.

A l’origine, les victimes de la faillite de la première banque à vocation agricole et minière en Guinée, projetaient d’organiser une marche pacifique pour attirer l’attention des décideurs politiques.

Mais très tôt le matin, la dizaine de protestataires qui se sont regroupés devant le siège de la BADAM ont reçu la visite de la police.

Les éléments du Commissariat central de Kaloum sont venus dissuader les manifestants de sursoir à leur initiative sur ordre venu de leurs supérieurs hiérarchiques.
Mais la démarche n’avait pas été du goût des victimes de la BADAM. Ceux-ci ont opposé un refus poli mais catégorique à la demande des forces de sécurité.

« Nous allons marcher. Nous ne pouvons pas aller au Commissariat pour attendre. Notre problème est à la BADAM, et non là-bas », pouvait-on entendre dans le groupe dirigé par Lansana Diawara, le président de l’Association des usagers de banques (AGUB).

Les victimes de la BADAM, estimées à 10.000 déposants, et le comité qui leur apporte son soutien ont expliqué aux policiers qu’il n’y a plus d’argent dans l’immeuble. Et que le plus important pour la police est de sécuriser leur sit-in que se préoccuper de la protection du bâtiment. « On ne va pas lancer des pierres, ni casser des choses », a assuré Diawara.

Les manifestants exigeaient le payement intégral de leurs dépôts ainsi que les indemnités dont le montant s’élève à 36 milliards de francs guinéens. Pour eux, si l’Etat injecte des milliards dans le ramassage des ordures sans résultats probants, il est en mesure de satisfaire à leur demande.

Elhadj Oumar Sacko, un des clients de la banque qui a perdu 9 milliards de francs guinéens dans la faillite a accusé le président d’être à l’origine du blocage de leur remboursement. « Si c’était Lansana Kouyaté ou Cellou Dalein Diallo, il allait nous payer. Mais Alpha Condé refuse », a-t-il dit.

Les victimes de la BADAM et le Comité ont finalement pu organiser leur marche pacifique jusqu’à la Présidence, la Primature et le Banque centrale où ils ont livré des discours axés sur le remboursement de leur épargne. Mais sans pouvoir rencontre le président de la République, le Premier ministre et le ministre des Finances tous en déplacement.

Il faut rappeler que la BADAM a été lancée en mars 2010 avec pour mission de  relancer l’agriculture, en appuyant les associations paysannes, les chambres d’agriculture, et d’apporter également un soutien aux acteurs de la pêche et de l’élevage ainsi que les sociétés minières.

Son capital social devait être levé à hauteur de 50 milliards de francs guinéens. Ce qui n’a jamais été fait. Parmi les actionnaires, figurent le richissime homme d’affaires et président du parti UDG, Mamadou Sylla, et Dr Ousmane Kaba ancien ministre des finances, député et proche du pouvoir.

La Banque Centrale de la Guinée qui devait veiller au respect des mesures prudentielles de la BADAM avait failli à sa mission. Les actionnaires, adeptes des dépenses iinappropriées ont entrainé la jeune banque droit dans le mur. Résultat, l’institution bancaire n’a pas échappé au fiasco financier qu’elle a connu.  La Banque centrale a retiré son agrément en juillet dernier.

Aux dernières nouvelles le président de la République pourrait recevoir les manifestants dans les prochains jours. Quant à eux, ils promettent de faire des marches et des sit-in chaque jeudi.

Mamady Fofana
+224 622 85 68 59
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