lundi , 24 juin 2019

Repos biologique : un seul navire arraisonné écope une amende de 2 milliards GNF

 

Le ministre guinéen de la Pêche et de l’Aquaculture, Louncény Camara, a annoncé vendredi l’arraisonnement de 7 navires guinéens qui n’ont pas voulu respecter le repos biologique instauré pour permettre la reproduction de certaines espèces halieutiques.

 

 

Le ministère de la Pêche et de l’Aquaculture a prévenu en fin juin la fermeture des eaux maritimes guinéennes sur une distance de 50 milles marins aux activités de pêche industrielle et semi-industrielle. L’instauration d’une période de 60 jours (du 30 juin au 31 août) visait à favoriser le repos biologique des espèces halieutiques.

 

Pour assurer l’effectivité de ce repos biologique des poissons, le département de la pêche déclare avoir déployé des moyens matériels et financiers. « On a déployé un aéronef bimoteur dans toute la zone de repos biologique », selon le ministre Camara.

« Malheureusement, nous avons enregistré des cas de violations flagrante du repos biologique par certaines sociétés dont les navires se sont permis de pêcher dans la zone interdite », a-t-il dit.

 

Selon Louncény Camara parmi les navires arraisonnés figure celui de la société Sony-pêche qui, depuis  la 14 juillet, est dans les mains des autorités guinéennes.

 

Le rapport d’infraction a été bouclé et transmis à la commission d’arraisonnement. « Nous avons respecté la réglementation en la matière », a assuré le ministre. « Mais je vous ai promis que des sanctions exemplaires seront infligées aux contrevenants. Le navire devrait payer selon les réglementations guinéennes, un milliard de francs guinéens. Mais à cause du fait qu’il n’a pas de licence, l’autorisant à pêcher dans cette zone, et ayant violé délibérément les dispositions interdisant la pêche pendant cette période dans cette zone, l’amende a été doublée pour faire deux milliards de francs guinéens », a expliqué le ministre.

Les dossiers sont transmis à l’agent judiciaire de l’Etat pour recouvrement. Le navire lui, reste consigné à quai. Sa cargaison estimée à 54 tonnes de poissons a été débarquée et reste stockée dans des chambres frigorifiques au port autonome de Conakry.

Six autres navires

Le 19 juillet, dans le cadre de la campagne aérienne qui a été entamée, six autres navires appartenant à la société Sabou-inter ont été également arraisonnés, et sont arrivés à quai. Pour l’heure, les enquêtes sont en cours et les rapports sont attendus au ministère de la pêche d’ici le lundi 4 août, selon toujours Louncény Camara.

 

Comme le premier navire, après les rapports d’inspections, « ces navires subiront les mêmes sanctions en fonction de la gravité des infractions qu’ils ont commises ».

Nonobstant ces cas d’arraisonnement, le numéro un du département de la Pêche et de l’Aquaculture réitère que la campagne de repos biologique a été une « réussite totale ». Selon lui, on comprend désormais que ce qu’on pouvait se permettre de faire hier dans le secteur de la pêche ne peut plus être fait aujourd’hui.

S’il peut coûter de nos jours à un bateau pirate une amende de 2 milliards GNF, (250 000 euros), il faut rappeler qu’avant l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en 2010, les navires qui pêchaient illégalement dans nos eaux n’étaient sanctionnés qu’à hauteur de  500.000 francs guinéens, soit (environ 63 euros).

 

Aliou BM Diallo
+224 622 254 564
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