dimanche , 18 août 2019

Recensement biométrique et Rajeunissement des effectifs : Les révélations du ministre Sékou Kourouma

Le ministre de la Fonction publique, de la reforme de l’Etat et de la modernisation de l’administration, Sékou Kourouma a, dans cet entretien accordé à notre reporter, passé en revue les différents chantiers que son département a entrepris depuis l’avènement de la Troisième République. Lisez plutôt…

Comment se porte aujourd’hui fichier de la Fonction publique, après votre tentative de l’épurer, en extrayant les fictifs?

 

 

Sékou Kourouma : Je crois que ça c’est un avis qui est partagé par le monde, l’état dans lequel on a trouvé les fichiers de gestion des ressources humaines de l’état, c’est un fichier complètement pourri, il ne faut pas tourner autour du pot. Disons des fichiers, parce que vous avez les fichiers de gestion administrative de la Fonction publique qui gère les données administratives des fonctionnaires, vous avez le fichier solde, Comme vous l’entendez, ce sont ces données administratives qu’on traduit en termes monétaires pour donner les salaires. Plus le fichier de pensions, le fichier des contractuels, le fichier du personnel des ambassades. Donc un ensemble de fichiers qui ne se communiquaient pas. Chacun gérait ses fichiers à son niveau, comme il l’entendait. Tous ces fichiers ont fait l’objet de graves manipulations frauduleuses, changeant les dates de naissance et d’engagement des uns et des autres, en replaçant les uns et les autres à des hiérarchies supérieures de façon indues sans compter la panoplie de doublons, de triplons ou de quadruplons, où un même fonctionnaire peut avoir deux, trois, à quatre numéro matricules. Donc quatre
salaires dans différents départements. Ensuite des fonctionnaires qui sont décédés depuis plus de vingt ans qu’on continue à payer, d’autres qui travaillent dans le privé ici ou à l’étranger qui sont en situation d’abandon de poste. Alors, on les paie. Il ya également des fonctionnaires qui ont pris leurs retraites, ils prennent la pension.

 

Et après ils retournent encore à la Fonction publique et ils continuent à prendre les salaires des fonctionnaires et la pension des
retraites. Il y avait tous ces cas de figures. Il fallait absolument assainir ces fichiers là. Et, c’est à ce travail auquel on s’est
attaché jusqu’à maintenant parce que même après le recensement biométrique, l’assainissement doit continuer. Parce que la biométrie n’est pas l’unique solution pour assainir le fichier, la biométrie permet de maîtriser les effectifs des salaires, mais c’est une machine, on y met ce qu’on veut. Est-ce que tout ce qu’on a mis est propre, alors tout ça on va revoir.

 

 

A ce jour, que peut-on dire de l’effectif des fonctionnaires guinéens ?

 

Pour vous dire comment les choses se contredisent, au niveau du ministère de la Fonction publique, vous avez un effectif de 105 000 et quelques dans le fichier de gestion administrative, de l’autre côté aux finances, fichier solde, vous avez 101 000 et quelque donc, il y a déjà un écart de 4 000 entre les deux fichiers.

 

 

Excellence, votre département pilote actuellement le recensement biométrique de tous les fonctionnaires de la Fonction publique guinéenne. Présentement vous-êtes à quel niveau dans cette opération?

 

Comme vous le savez, il y a eu un long processus de préparation, donc de maturation de l’opération. Mais c’est à partir de janvier 2014 que la première phase de l’opération de recensement a commencé et il s’est agit là de distribuer des fiches de recensement à tous les fonctionnaires. Ceci a eu lieu à partir du 15 janvier 2014. Donc du 15 janvier 2014 jusqu’au 23 avril 2014, cette première phase a été menée à terme, c’est-à-dire que pendant cinq mois, on a donné la latitude à tous les fonctionnaires de remplir la fiche pour dire que je suis là et voilà ma situation. Donc, cinq mois après ces fiches ont fait l’objet de centralisation à Conakry. Et nous rentrons dans la deuxième phase, c’est-à-dire l’enrôlement biométrique. Alors dans cette deuxième phase, les fiches qui ont été remplies par les fonctionnaires, centralisées à Conakry ont fait l’objet de traitement et elles ont été numérisées et scannées dans les machines pour donner une base de données de l’ensemble des fonctionnaires ayant suivi le premier recensement. Donc, dans cette deuxième phase qui a commencé le 23 avril 2014, les équipes de travail sont passées dans toutes les préfectures, dans les sous-préfectures pour enrôler les fonctionnaires, cette fois-ci, il s’agit de prendre les photos, les empreintes digitales et les dossiers. On les prend et on les numérise.

 

Ça aussi on l’a commencé le 23 avril, et aujourd’hui nous sommes au mois de juillet et cette deuxième phase aussi est en train d’être
conduite à son terme, parce que les équipes ont sillonné tout le pays, elles sont rentrées aujourd’hui (ndlr : vendredi 18 juillet). Toutes les équipes sont là aujourd’hui. Nous sommes en train de traiter maintenant les cas des retardataires, et là nous avons trois
catégories.

 

 

Quelles sont ces catégories ?

 

La première catégorie, ce sont des fonctionnaires qui ont rempli les fiches, ils étaient là pendant le recensement, les fiches ont été
transmises à Conakry, traitées mais malheureusement certains fonctionnaires ont mal rempli leurs fiches, parce que, si vous vous
trompez seulement lors du remplissage par exemple sur le nom ou sur la date de naissance, la date d’engagement ou bien sur le numéro matricule, la moindre erreur la machine la ressort au niveau du fichier solde. Donc dès que vous commettez des erreurs sur les fiches, la machine rejette. Beaucoup de fiches sont venues de l’intérieur de Conakry qui, même étaient erronées, mal remplies. Ces fiches là ont été renvoyées à l’intérieur et puis les propriétaires de ces fiches devaient revenir encore au chef lieu pour remplir de nouvelles fiches. Mais puisque tout le long des opérations d’enrôlement ces fiches là n’avaient pas été numérisées. Aujourd’hui, tous ces fonctionnaires qui n’avaient pas de numéros sur leurs fiches attendent maintenant d’être enrôler après avoir corrigé les erreurs, ils vont remplir de nouvelles fiches. Ça c’est la première catégorie avec les fiches mal remplies. La deuxième catégorie, ce sont les fonctionnaires qui étaient là pendant le recensement, ils ont rempli les fiches et correctement
rempli. Les fiches ont été numérisées mais pendant l’opération d’enrôlement lorsque les équipes sont parties sur le terrain, ces
fonctionnaires étaient absents, soit ils étaient en mission, ou peut être malades. Ils n’étaient pas présents mais ils sont dans la base des données. Donc toutes ces catégories de fonctionnaires attendent maintenant d’être enrôlées. La dernière catégorie est composée de fonctionnaires disons absents. Parce que pendant cinq mois, ils n’étaient pas là pour remplir les
fiches pour les déposer et pendant aussi les deux mois d’enrôlement, ils n’étaient pas non plus là. C’est maintenant qu’ils se présentent. Pour demander des fiches et pour numériser ces fiches et les enrôler. Et c’est ça qui pose problème.

 

 

Pouvez-vous nous donner une estimation de ces fonctionnaires absents ?

 

Non, on ne peut pas les connaître maintenant là.

 

 

Pourquoi Excellence?

 

Parce que nous sommes en train de recueillir les données, faire les statistiques. Les ministères, les préfectures nous écrivent pour nous envoyer les dossiers. Parce que tout fonctionnaire qui se présente à la Fonction publique ici, qui était absent, qui voudrait se faire recenser nous lui disons d’aller se référer à son ministère ou à sa préfecture. Il faudrait que les autorités de là-bas, écrivent
officiellement. Qu’elles s’engagent à le reconnaître, sinon, nous, on ne le connaît pas. Parce que pendant 5 à 7 mois, ils n’étaient pas au service et ils n’ont pas rempli les fiches. Et s’ils disent qu’ils étaient malades, que leurs ministères nous écrivent en donnant des preuves qu’ils étaient effectivement malades ou qu’ils étaient en formation. Si ce n’est pas documenté, il n’y a pas un dossier médical, une bourse de formation. Alors c’est impossible de se faire recenser, en tout cas, ici à la Fonction publique. Toujours dans la dynamique de la reforme de l’administration, un autre projet a été mis sur pied dont l’objectif est de rajeunir et féminiser
l’administration.

 

 

Où vous en êtes par rapport à cet autre projet ?

 

Ce projet rajeunir et féminiser l’administration répond à un double besoin. Le besoin de rajeunissement de la Fonction publique dont les effectifs sont très vieillissants. Il y a ensuite le besoin de qualification des ressources humaines de l’Etat. C’est avec le soutien et l’appui technique de l’ambassade de France, la mission de Coopération que ce projet a été mis en place. Il est en train d’être mis en œuvre avec de bons résultats. En quoi consiste le projet, il s’agit de recruter 1 200 jeunes fonctionnaires à partir de la
promotion 2005. Qui vont recevoir un programme de formation intensive avec les professeurs de Science-po de Bordeaux et quelques formateurs ici, dans des disciplines de gestion et administration. Gestion publique et management publique également. Il y a déjà deux promotions qui ont été recrutées et formées, peut être la dernière promotion pour compléter l’effectif, va être recrutée en août. Un concours sera programmé à cet effet, pour recruter la troisième promotion. Les deux premières promotions sont déjà certifiées. Et elles sont versées dans les différents services de l’administration publique, maintenant il s’agit de valoriser les compétences de ces jeunes cadres certifiés. Parce que, avec eux nous allons commencer à mettre en place un plan
de carrière. Ce sont des jeunes appelés à exercer, à de niveaux de responsabilités, à commencer par la base. La plus petite unité
administrative dans notre administration c’est la section. Il s’agira donc dans un premier temps de nommer ces jeunes certifiés, qui sont dans les services publics comme des chefs de section. Dans les domaines où ils sont et après avoir acquis une certaine expérience dans le temps, ces jeunes là peuvent monter comme des chefs de division, en capitalisant encore de l’expérience en qualité de chefs de division, ils peuvent monter comme chef de division et directeurs adjoints, puis directeurs nationaux, directeurs généraux, conseillers. Pourquoi pas secrétaire général. Et c’est ça le plan de carrière. Il est axé sur la formation, l’expérience, la compétence donc ce projet est un projet très important. Dans les limites des moyens, il y a 1 200 jeunes fonctionnaires qui vont être formés par rapport à ce projet et qui constitueront pour nous les fonctionnaires du
changement. Mais nous voulons poursuivre le projet, l’intensifier même, cette fois-ci pas seulement avec l’appui de la coopération
française mais de l’Union européenne pour élargir la taille des effectifs, pour qu’on ait une masse critique de jeunes fonctionnaires
qu’on va former et les spécialisés dans les différentes branches de l’administration.

 

 

Par rapport au recensement biométrique, qu’avez-vous à dire aux fonctionnaires guinéens?

 

Je voudrais dire aux fonctionnaires guinéens que cette opération s’inscrit en droite ligne dans l’intérêt même des fonctionnaires. Les premiers bénéficiaires de ce recensement, c’est d’abord les fonctionnaires. Il s’agit d’assainir systématiquement le fichier, pour que ceux qui sont réellement fonctionnaires, qui sont en activités soient les seuls à figurer dans le fichier. Parce que, c’est possible qu’il y ait des écarts et ces écarts là, pourraient être traduits en termes de moyens pour améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires. Mais également en termes de recrutement des jeunes qui attendent sur le marché de l’emploi. Sans compter que le gouvernement de Monsieur le président de la République, le Professeur Alpha Condé vient de poser deux actes majeurs, qui vont considérablement contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires. C’est quoi, ces deux actes, c’est la signature du décret portant création de la Caisse de prévoyance sociale pour les fonctionnaires d’une part et de l’autre, la création de l’institut d’assurance maladie obligatoire pour les fonctionnaires. Ça veut dire que depuis plus de 50 ans les fonctionnaires guinéens, qui n’ont jamais bénéficié des mesures de protection sociale vont enfin sous le règne du Professeur Alpha Condé bénéficier des mesures de protection sociale. Parce que, si vous êtes fonctionnaire, lorsque vous tombez malade par exemple, vous êtes un assuré, vous avez une ordonnance ou bien c’est votre épouse ou un de vos enfants qui tombent
malades dans la famille. Si l’ordonnance coûte 100 francs, l’Etat prend en charge 80 francs et vous, vous mettez la main à la poche pour payer seulement 20 francs. Ça c’est une révolution. Sans compter aussi que lorsque vous êtes hospitalisez, l’Etat vous prend en charge et couvre aussi les membres de votre famille pour leur prise en charge, lors qu’il y a hospitalisation. Et le fonctionnaire, en contrepartie doit libérer 5% de son salaire brut, pour contribuer au financement de la caisse, et 5% pour le financement de l’institut d’assurance maladie obligatoirement. C’est pourquoi, les fonctionnaires ont intérêt à ce
que les fichiers soient assainis. Il ne faudrait pas que les gens acceptent, surtout quand-ils savent qu’un tel, réellement travaille à
l’étranger ou dans le privé. Ce dernier, triche avec les deniers publics. Alors, celui qui le sait et il ne le dit pas, alors, il
devient complice du vol. C’est pourquoi, je voudrais inviter tous les fonctionnaires à être solidaire de cette opération de recensement biométrique pour assainir nos fichiers pour qu’il y ait des retombées positives en faveur de tout le monde.

 

 

Vous aviez aussi lancé le programme de la modernisation de l’administration guinéenne, que peut-on savoir de ce projet ?

 

Le programme de reforme de l’Etat et de modernisation l’administration (PREMA) est bien en marche, il s’agit de renforcer les capacités humaines de l’administration et de nos institutions en commençant d’abord par doter nos services publics (les ministères, les préfectures), de structures adéquates. Actuellement nous avons l’appui de la Banque Mondiale et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Cette opération de recensement biométrique constitue déjà un début d’application du PREMA. Le projet rajeunir et féminiser l’administration est contenu dans le PREMA, la protection sociale dont je parlais, c’est prévu dans le PREMA et également le projet ENA, la création d’une école nationale d’administration, c’est prévu dans le PREMA. Ce programme est en cours, nous attendons d’ailleurs, avant la fin de l’année, l’arrivée des experts de l’ENA de Québec, pour nous présenter le rapport final sur l’étude de mise en place d’une école nationale d’administration publique en Guinée. Dans
le même sens, la Banque Mondiale vient de lancer un appel d’offres pour recruter deux cabinets : un premier cabinet, qui va travailler à l’interconnexion du ministère de la Fonction publique, le budget et le secrétariat général du gouvernement, qui vont-travailler en réseau dans le domaine de la gestion des ressources humaines, ça aussi c’est un début d’exécution du PREMA. Le deuxième appel d’offres porte sur la réhabilitation du fichier central qui est là. Si vous le visitez aujourd’hui, vous voyez les dossiers individuels des fonctionnaires, vous ne pouvez pas rentrer parce qu’on n’a pas la culture de la
maintenance, on n’a pas la culture de l’entretien. D’ailleurs, les fonctionnaires n’ont pas de dossiers individuels. C’est à partir de ce
recensement, qu’on va reconstituer les dossiers individuels des agents et créer un fichier numérique. A cet effet, la Banque Mondiale vient de lancer aussi un appel d’offres pour recruter un cabinet, qui va nous aider à réhabiliter et moderniser le fichier central et les fichiers périphériques. Il y a également le projet de mise en place d’un schéma directeur d’informatisation de l’ensemble des services publics.

Excellence, qui parle d’informatique ou d’interconnexion, doit forcement penser à l’énergie électrique. En l’état actuel des choses, est-ce que cela est possible, quand on sait qu’il n’ya pas de courant, et l’internet fait défaut aussi ?
C’est bien possible, nous avons deux opportunités, de grandes opportunités qui s’offrent à nous, pour booster la modernisation de
notre administration en rattrapant très rapidement notre retard technologique. La première opportunité, c’est l’atterrissage de la
fibre optique, dont la station d’atterrissage a été inaugurée à peine un mois. Les câbles sous marins vont être rendus opérationnels
certainement avant la fin de l’année. Ça veut dire que nous aurons l’internet à haut débit. Dans tous les services, ça c’est une opportunité. La deuxième opportunité, pour parler de l’internet et informatique, il faut le courant, pour ça Kaléta (ndlr : barrage hydroélectrique) aussi va venir en 2015. Et lorsque ces deux facteurs là seront réunis, alors nous allons rattraper rapidement en un temps record notre retard technologique en manière d’informatisation de l’administration publique.

 

 

Auriez-vous, une autre suggestion, pour terminer Monsieur le ministre ?

 

C’est qu’il faut rêver. Il est possible que notre pays émerge dans les 15 à 20 prochaines années. Il est possible que la Guinée soit un pays émergeant. Mais le fondement c’est d’abord mettre en place un Etat. Un Etat qui répond aux exigences du développement économique et social de notre époque, mais à côté de l’Etat, il faut aussi une administration, une administration qui est le bras séculier de l’Etat. Il faut une administration efficace, professionnelle, une administration au service du développement et nous sommes en train de jeter les bases de cette administration. Et bientôt aussi nous allons attaquer le volet de la reforme de l’Etat. Une réflexion qui va être animée sur le plan national, qui ferra l’objet d’un débat national, pour dire quel Etat voulons-nous en Guinée. Quel type d’Etat, parce que nous avons fait l’expérience de deux types d’Etat depuis l’indépendance. Sous la
Première République nous avons vécu un Etat centralisateur, un Etat qui était là, à tout faire, un Etat omnipotent, omniprésent, qui
devait tout faire. La Deuxième République nous a donné un Etat libéral mais une libéralisation sauvage, incontrôlée et on a eu les
résultats que nous avons maintenant. Il faut tirer les leçons de la Première République et de la Deuxième République en matière de
typologie de l’Etat. Pour voir quel est l’Etat qui convient pour booster le développement de la Guinée. Donc, nous allons lancer cette réflexion sous l’impulsion de Monsieur le président de la République, certainement en décembre 2015. Ça veut que l’espoir est permis, il est possible que la Guinée soit un pays émergeant, dans les 15 à 20 prochaines années. L’espoir est là, l’espoir est permis et il faut croire, il faudrait que tout le monde adhère au changement, il faut que l’on comprenne que le changement n’a pas de couleur politique. Il profite à tout le monde d’une manière ou d’une autre. Les reformes sont nécessaires et sont indispensables. L’homme à horreur du statu quo, nous devons envier les autres et nous devons nous mesurer aux autres, avoir de l’ambition pour notre pays et nous avons les potentialités énormes et il est possible de transformer ces potentialités en une richesse réelle qui puisse profiter à tout le peuple de Guinée.

 

 

In L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

 

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