dimanche , 21 octobre 2018

Ebola : la Guinée s’aligne (enfin) sur le bilan de l’OMS

C’est en quelque sorte la fin de la guerre des chiffres entre le gouvernement guinéen et l’Organisation Mondiale de la Santé car le premier semble avoir enfin décidé de livrer les bons chiffres.

 

Depuis la réunion des pays de l’Afrique de l’Ouest à Accra, les 3 et 4 juillet, le bilan avancé par la Guinée est conforme à celui de l’OMS. Ou tout au moins, le grand écart constaté par le passé s’est réduit. Les derniers bilans des deux institutions en font foi.

 

Selon l’OMS, l’épidémie a fait 309 morts dont 197 décès confirmés, 96 décès probables et 16 morts suspects, à la date du mardi 8 juillet. Le tout sur un total de 409 cas enregistrés.

Pour le gouvernement de Guinée qui avance un bilan daté du 10 juillet, l’épidémie mortelle a causé 310 décès sur 410 cas enregistrés. Ce bilan, selon un communiqué du ministère de la Santé dont Kaloumpresse.com détient copie, se réparti comme suit : 198 décès confirmés, 96 décès probables et 16 morts suspects.

Entre les deux bilans annoncés dans un intervalle de temps de 48h il y a une certaine conformité. La Guinée est même en avancé d’un mort par rapport à l’OMS.

Ce rapprochement quelque peu spectaculaire intervient quelques mois, lorsqu’en avril, contre toute attente, la Guinée avait évoqué 61 morts confirmés d’Ebola alors qu’en même temps l’OMS parlait de 122 décès.

La guerre des chiffres a atteint son paroxysme en Juin. Alors que l’Organisation mondiale de la Santé faisait état de 264 morts liés à la maladie, la Guinée évoquait   158 décès de son côté.

Pour justifier la fiabilité de leur bilan, les autorités guinéennes avaient conclu à une erreur des agents de l’OMS à Genève ainsi qu’aux journalistes internationaux qui traitent les sujets d’Ebola.

« L’OMS Genève a reconnu son erreur et a présenté ses excuse. Nous travaillons avec l’OMS Guinée’’, a déclaré le ministre Colonel Rémy Lamah pendant une conférence de presse, ajoutant avoir reçu des émissaires de l’organisme mondial, à cet effet.

Dans des milieux très hauts placés à Conakry, on encourageait la presse locale à mettre tout en œuvre pour ne pas chasser les investisseurs étrangers. Est-ce pour cette raison qu’on cachait le vrai bilan ? Mystère.

Toujours est-il que les bilans se rapprochent depuis le sommet d’Accra où l’OMS et bien d’autres partenaires internationaux ont saisi l’opportunité pour fustiger certaines stratégies de lutte contre Ebola et rappeler des gouvernements à l’ordre.

A l’occasion de la visite du sous directeur général de l’OMS chargé de la Sécurité sanitaire et de l’Environnement, Keiji Fukuda, à Conakry, aux lendemains du réunion d’Accra, la Guinée avait reconnu ses faiblesses en matière de lutte contre la fièvre hémorragique.

« Nous nous sommes rendu compte que tout ce que nous faisons n’est pas que meilleur. Nos faiblesses relatives  à la formation du personnel et l’information communautaire nous a été dites », a dit le ministre de la Santé, Colonel Lamah, à la fin de la visite de Fukuda.

Elie Ougna
+224 622 85 68 59
contact@kaloumpresse.com

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Note de la Rédaction : de gauche à droite sur la photo, Dr René Zitsamelé-Coddy, Représentant de l’OMS en Guinée et Colonel Rémy Lamah, Ministre guinéen de la santé.

 

 

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