samedi , 23 mars 2019

Élections municipales: voici pourquoi ça retarde…

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Guinée brise le silence, enfin, en évoquant les problèmes auxquels elle est confrontée dans l’organisation des élections municipales futures.

 

Selon son directeur de la Planification, Pathé Dieng, qui s’exprimait samedi à une conférence de presse, la CENI fait face à des contraintes d’ordre Juridiques, politiques, techniques, financières, et socioculturelles. C’est pourquoi il est difficile de se prononcer sur la tenue exacte des élections communales et locales qui font attendre. Kaloumpresse.com vous livre  un extrait des propos de Dieng.

 

« L’organisation des élections est une activité constitutionnelle de la CENI. Autrement dit, on ne peut pas ne pas organiser des élections quand celles-ci sont projetées par la Guinée. Mais la CENI est maître d’œuvre, elle n’est pas maître d’ouvrage. Quand on nous commande une élection, on la fait. L’organisation des élections communales est une obligation pour la CENI. C’est pourquoi nous ne sommes par restés sans projeter l’organisation des élections communales. C’est dans ce cadre qu’un document de vision est préparé et validé par une plénière de la CENI. Ce document de vision a relevé un certain nombre des contraintes juridique, politique, technique, financière, socioculturelle.


Et toutes ces contraintes doivent être levées pour qu’on puisse aller à l’organisation d’une élection.


Contraintes juridiques : la CENI a pris le Code électoral et l’a confronté au Code de collectivité qui est incontournable dans l’organisation de ces élections. On s’est rendu compte qu’il y a des incohérences.


Lorsque vous prenez l’article 99 du Code électoral et 102 du même code, ces deux articles sont contradictoires. Dans un, on vous dit que le fonctionnement des chefs des quartiers et districts est pris par un arrêté du ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation.  Et dans l’autre, c’est par un décret présidentiel.


Au niveau de la constitution, l’article 2, dit que le vote est égal, universel, direct et secret. Dans le Code électoral, on vous dit que le vote des conseillers des quartiers se fait à main levée. C’est donc l’arsenal juridique dans lequel baignent la CENI et les acteurs pour aller à l’organisation des élections.


Contraintes techniques : au sortir des législatives, on dit qu’il y a eu trop d’anomalies sur le fichier et les cartographies des bureaux de vote. La CENI était face à une alternative. Ou ne pas corriger, on va la matraquer et dire qu’elle ne veut rien faire, ou il faut corriger avant d’aller aux élections. Nous avons opté pour la correction et nous sommes à une phase extrêmement importante de ce circuit de correction.


Contraintes financières :
pour organiser les élections communales, la CENI a fait un budget prévisionnel de près de 224 milliards GNF et qui n’était pas exhaustif. A la loi de finances 2014 votée par le CNT, on nous a donné 132 milliards. Donc, il y a un gap qu’il faut chercher à combler. Qui va le combler ? Est-ce l’État  qui est souverain dans l’organisation des communales et locales ? Est-ce qu’il faut aller vers les partenaires ? Et dans ce cas, lequel des partenaires ? Dans quel délai ? Et ça c’est une contrainte majeure.


Les contraintes socioculturelles : Il y a des villages qui ne cohabitent pas. Vous quittez un village pour aller dans un autre pour voter, les gens vous disent qu’ils ne peuvent pas aller. Ça, c’est une contrainte qu’il faut lever. Faut-il prendre toutes ces contraintes là en compte ou les ignorer et aller aux élections parce qu’il faut aller à des élections communales ?


La CENI a préféré se donner ce document prévisionnel qui va être alimenté, discuté avec l’ensemble des acteurs politiques pour trouver des solutions ».


Propos recueillis par Aliou BM Diallo


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*