samedi , 15 décembre 2018

Mondial 2014. France-Nigéria : Paul Pogba fait débat

Est-ce à cause de sa grande taille (1,91 m) ou de la singularité de sa coupe de cheveux ? Ou alors en raison de son style de jeu, spectaculaire et audacieux ? En tout cas, Paul Pogba ne passe jamais inaperçu. Ni dans les bons jours ni dans les moins bons.

 

Pour l’instant, après trois matchs de Coupe du monde (deux titularisations contre le Honduras et l’Equateur et une entrée en jeu face à la Suisse), la balance penche plutôt du mauvais côté.

Parmi les reproches qui sont adressés au milieu de terrain de la Juventus Turin, pêle-mêle : sa réaction de nervosité sur le Hondurien Palacios qui aurait pu lui valoir un carton rouge, une influence trop limitée dans l’animation offensive et enfin une série de mauvais choix contre l’Equateur. « J’ai trouvé qu’il avait tendance, notamment en fin de rencontre, à vouloir marquer à tout prix, comme s’il tenait à marquer le match de son empreinte, observe par exemple Alain Boghossian, ex-sélectionneur adjoint de l’équipe de France de 2008 à 2012. Ce genre de comportement individualiste peut poser problème. »

Sissoko, fiable et placide

Dans le même temps, Moussa Sissoko, titulaire contre la Suisse à sa place, n’a pas déçu. Du coup, la hiérarchie au poste de milieu droit, limpide au début de la Coupe du monde, est moins lisible. Qui sera titularisé lundi face au Nigeria dans un match à élimination directe ? Pogba (21 ans, 14 sélections), talentueux et volcanique, ou Sissoko (24 ans, 20 sélections), fiable et placide ? « Tout dépend des intentions tactiques de Didier (Deschamps), poursuit Boghossian. Si l’objectif principal est de conserver le ballon au milieu de terrain, le profil de Pogba est plus adapté. En revanche, Sissoko dispose de qualités pour se projeter vite vers l’avant. » Le principal intéressé, lui, garde le silence. Après les matchs contre la Suisse et l’Equateur, Pogiba — son surnom ici, au Brésil — est le seul joueur à ne pas s’être exprimé face aux médias. Comme le signe d’un malaise ? Pour Guy Roux, les difficultés relatives de Paul Pogba en ce début de Coupe du monde sont d’abord liées à son manque de fraîcheur physique. « Il est arrivé à Clairefontaine dans un état de fatigue important après une saison très longue et très intense à la Juventus, rappelle-t-il. Ensuite, Paul a été mobilisé de manière excessive dans les matchs de préparation. »

Rien d’alarmant toutefois, selon l’ex-entraîneur de l’AJ Auxerre. « N’oublions pas tout ce qu’il a déjà fait dans cette Coupe du monde : c’est lui qui provoque le penalty et l’expulsion de Palacios contre le Honduras et c’est encore lui qui délivre une passe décisive formidable pour Benzema face à la Suisse. Ce n’est pas un mauvais bilan. »

Associé à ses côtés contre l’Equateur, Morgan Schneiderlin complète le plaidoyer pro-Pogba. « Paul est un grand talent du football français, défend-il. Les qualités qu’il affiche à l’entraînement comme en match font de lui un joueur primordial pour l’équipe. Je suis sûr qu’il va monter en puissance au fur et à mesure de la compétition. »

A condition toutefois que Didier Deschamps lui fasse à nouveau confiance.

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