lundi , 23 septembre 2019

Pacifier la « Forêt « : « Il faut des opérations de ratissage et de désarmement », selon la LIGUIDHO

La Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO) a présenté vendredi le rapport d’enquêtes intitulé,  »après les violences intercommunautaires de juillet 2013, les victimes de Koulé, N’Zérékoré et Beyla demandent que justice soit faite ».

 

Le document de 46 pages est le résultat d’investigations appuyées financièrement par Open Society Initiative for West Africa (OSIWA). Selon le président de la LIGUIDHO, l’enquête a été effectuée du 1er au 10 décembre 2013 à Koulé, N’Zérékoré et Beyla.

D’après le rapport, le bilan des violences qui ont opposé la communauté Konianké à celle Guerzé, a fait 217 morts dont 73 femmes et 48 enfants, 473 blessés dont 148 femmes et 104 enfants et 267 personnes disparues. Ces violences ont éclaté dans la nuit du 15 juillet  après le meurtre d’un jeune homme, Ibrahima kalil Kéita à de machettes, par un certain Jean Soumaoro, gardien d’une station service.

Le présumé tueur accusait la victime de vouloir voler à la station service dont il sécurisait. Une goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Car en effet, les enquêteurs de la LIGUIDHO ont découvert d’autres raisons des conflits qui sont légions en Guinée forestière.

Me Emmanuel BAMBA, président de l’ONG rappelle que les causes des violences en « Forêt » sont de différentes formes : historiques, socio-économiques et religieuses.

« Lansana Conté en partie responsable »


La LIGUIDHO rappelle dans son rappelle que l’ancien président, feu général Lansana Conté, avait tenu un discours politique à N’Zérékoré en 1991 qui était de nature à opposer les guerzés aux koniankés et malinkés. Elle estime que les propos du président défunt selon lesquels  »si le koniankés ou les malinkés veulent accéder à des postes électifs : députés ou maire, ils n’ont qu’à aller faire acte de candidature en Haute Guinée qui est leur région d’origine et non en Guinée forestière ».

M. Bamba déclare que ce discours avait été tenu à l’occasion de campagnes pour les élections municipales à N »Zérékoré où Michel Guely (Guerzé), candidat du parti de l’Unité et du progrès (PUP) de Lansana Conté était opposé à Ibrahima Kalilou Kéita (malinké, proche des koniankés), candidat du parti du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé.

En plus de discours « non rassembleur », la ligue guinéenne des droits de l’homme fustige l’impunité. « En dépit des violences récurrentes entre les guerzés et les koniankés, l’impunité a été entretenue par l’Etat à tel enseigne qu’à l’occasion des violences, chaque communauté pense que quel que soit le tort qu’elle aura à causer à l’autre, elle ne sera jamais inquiétée », s’indigne Me Emmanuel Bamba.

Il évoque aussi la présence d’éléments incontrôlés dans certaines villes de cette région. La lecture des sources documentaires et les témoignages recueillis par la LIGUIDHO ont confirmé la présence à N’Zérékoré et à Beyla « d’éléments issus de l’Ulimo, faction rebelle qui combattait au Liberia voisin, ainsi que des volontaires qui ont appuyé l’armée guinéenne lors des attaques rebelles à Guéckédou en 2000 », souligne le rapport.

L’autre cause des violences dont déplore l’ONG, c’est l’utilisation des armes de guerre, d’armes légères, fusils de chasse, machettes et autres armes blanches.

Pour arrêter ces violences intercommunautaires, l’organisation de défense des droits humains recommande la tenue d’un procès juste et équitable, dans un délai raisonnable, pour toutes les parties dans l’affaire des violences de juillet 2013. Elle recommande enfin de mener des opérations de ratissage et de désarmement en région forestière, et de favoriser la création d’emplois pour lutter contre le chômage dans la région.

Aliou BM Diallo

+224 622 254 564

contact@kaloumpresse.com

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