mercredi , 11 décembre 2019

Assemblée nationale : le grand oral de Mohamed Saïd Fofana

Le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana était mardi devant les députés pour déballer la politique générale de son gouvernement. L’exercice n’est pas fortuit. Il est d’ailleurs vivement recommandé par la Constitution guinéenne en son article 57 qui stipule : « Après sa nomination, le Premier ministre fait une déclaration de politique générale, suivie de débat, sans vote ».

Pour ce premier exercice, même s’il donne à la Guinée un point de plus dans sa marche permanente vers la démocratie, il aura été à demi-teinte. Puisque le chef du gouvernement a fait son speech de 2h10mn devant une Assemblée nationale sans députés de l’opposition, tous absents pour cause de boycott du parlement.

Le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a rappelé les conditions qui prévalaient au point de départ. L’année 2010, juste après l’élection présidentielle. Caractérisée par une économie asphyxiée par les marchés de gré à gré, une inflation à 21%, une absence de justice, un manque de respect des droits de l’Homme, une administration sans repère , une armée désorganisée et une jeunesse sans espoir et sans soutien politique.

A l’époque, a-t-il rappelé, seuls 20% des ménages avaient accès à l’électricité. Et 26% du budget de l’Etat étaient engloutis dans les salaires des fonctionnaires. Bref, pour le chef du gouvernement, « le diagnostique était sans appel ».

Pour inverser la tendance, Saïd Fofana a dit aux députés avoir engagé, sous la houlette du président Alpha Condé, des initiatives visant à redynamiser et à modérer l’administration, à renforcer la gouvernance et les capacités humaines et à accélérer la croissance économique.

Selon le chef du gouvernement, les mesures engagées sont entre autres, l’assainissement du fichier de l’administration en cours, le renforcement des capacités des administrateurs territoriaux, et la poursuite du dialogue politique incluant tous les acteurs.

L’un des acquis majeurs brandis par le Premier ministre est l’engagement pour la création d’un environnement de justice en Guinée. Estimant que le climat qui prévalait avant l’élection présidentielle de 2010 repoussait les investisseurs, il a évoqué l’organisation des Etats généraux de la Justice et la création d’un ministère dédié aux Droits de l’Homme comme une volonté politique  pour rompre avec l’image d’un Etat voyou laissée par la transition militaire.

D’après lui, le gouvernement va poursuivre les efforts de réformes dans le secteur de la Justice, à travers la lutte contre la corruption, la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires, l’application correcte du statut particulier des magistrats.

Mamady Fofana
+224 62 85 68 59

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