mercredi , 11 décembre 2019

Affaire 28 septembre 2009: la FIDH met en garde la Guinée

Depuis le 9 juin dernier, Mme Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), est en Guinée. Objectif, faire le bilan de sa mission, puis diffuser un reportage sur la lutte contre l’impunité en Guinée, particulièrement su la justice après le 28 septembre 2009.

Lors d’une conférence de presse qu’elle a organisée à Conakry le 13 juin, en compagnie de certains de ses collègues, Mme Souhayr Belhassen a fait savoir que des actes encourageants ont été posés par les autorités dans le cadre de relance de la lutte contre l’impunité. Et c’est pourquoi, Mme Belhassen a dit que son organisation et sa filiale, l’OGDH, interpellent le gouvernement sur la nécessité de la concrétisation de ces actes pour que 2014 et 2015 soient le temps des procès, de la justice et de la réconciliation nationale.

Après avoir donné les raisons de sa visite en Guinée, la présidente de la FIDH a ensuite indiqué que si rien n’est fait pour traduire les présumés auteurs des massacres du 28 septembre 2009, la Cour pénale internationale va se saisir du dossier : « Nous sommes en Guinée pour nous enquérir de la situation des dossiers judiciaires où nous sommes engagés et faire part de nos préoccupations sur le délai des procédures et l’attente des victimes que nous accompagnons. Aujourd’hui, la Guinée est engagée dans une course contre la montre. Elle a l’occasion, pour la première fois de son histoire, de rendre justice aux victimes des graves violations commises sur on territoire au cours de ces dernières années, à commencer par le 28 septembre 2009. Si des actes judiciaires forts et des résultats tangibles ne sont pas enregistrés dans les prochains mois pour clôturer les instructions en cours, la Cour pénale internationale se saisira prochainement des dossiers. Elle jugera les présumés responsables en dehors de la Guinée.»

Poursuivant, Mme Souhayr a regretté le fait qu’il n’y a eu que 8 inculpés pour des faits commis par les forces de sécurité, alors que plus de 400 victimes ont été accompagnées par la FIDH et l’OGDH devant les juges d’instruction. Et ce, depuis 4 années après les massacres. Ce qui, selon elle, prouve que des efforts suffisants ne sont pas consentis. Elle a néanmoins s’est félicitée que la FIDH et sa filiale aient obtenu l’ouverture d’enquêtes judiciaires pour les tueries de 2007, les cas de torture d’octobre 2010.

Pour sa part, Abdoul Gadiry Diallo de l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme et du citoyen, a dit que des avancées notoires ont été enregistrées : « Le nouveau ministre de la Justice semble avoir particulièrement dans les dossiers de 2007, 2009 et 2010. Si un travail considérable doit être encore fourni, plusieurs blocages, qui semblaient jusque là récurrents, semblent pouvoir être levés. »

Les conférenciers disent avoir pu « mesurer les premiers efforts engagés pour la réforme de la justice.» Ils ont donné comme exemple de cette réforme, la révision en cours des codes pénal, de procédure pénal de justice militaire.

Avant la fin de cette conférence, un des avocats des victimes a dit qu’il est plus important que le procès des présumés responsables des différents crimes commis soient jugés en Guinée. Car si c’est la CPI qui s’en charge, il ne sera pas possible d’envoyer toutes les victimes à la Haye afin qu’elles témoignent.

MEDIAGUINEE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*