jeudi , 5 décembre 2019

Pas d’alternance démocratique à l’UFR

L’ancien Premier ministre Sidya Touré a été reconduit dimanche à la présidence de l’Union des forces républicaines (UFR) pour un  nouveau quinquennat.

Pour la petite histoire, Sidya Touré préside l’UFR depuis 2000. Cela fait aujourd’hui 14 ans jour pour jour qu’il guide le parti. Avec son nouveau bail de 5 ans, il est aux commandes jusqu’en 2015. Il aura alors 74 ans.

Le vote qui a permis la réélection du président de l’UFR aura donc été sans surprise. Dans un pays où l’essentiel des financements des partis est effectué par les présidents-fondateurs, il fallait être trop démocratique et rêveur pour espérer l’élection d’un autre membre du Bureau politique national, jeune ou pas, à la présidence de l’Union des forces républicaines.

Un de ces utopistes, Cheick Tidiane Traoré, ancien directeur de communication de la formation politique a dû jeter l’éponge courant mai pour avoir invité les jeunes acteurs politiques contemporains à donner des leçons de bravoure, de sacrifice, de vigilance, de patience, de tolérance, de discipline et de civisme, comme les aînés des années 50 qui ont conduit la Guinée à l’indépendance.

« Les jeunes députés, toutes appartenances politiques confondues doivent avoir pour mission, la mise en place pendant leur législature, du cadre légal et règlementaire devant faciliter le noble challenge générationnel qu’est le changement de génération aux leaderships politique, économique, social et cultuel », avait-il appelé dans une analyse publiée dans la presse.

La réaction avait été immédiate. Votre « vision politique exprime le rejet des hommes politiques guinéens dont la naissance, comme notre leader (Sidya Touré, NDLR), est antérieure à la période de prédilection qui est la vôtre », avait signifié le secrétaire général de l’UFR dans un courrier adressé à Traoré. L’invitant à réévaluer leur collaboration.

C’est donc lors d’une élection sans enjeux que les quelques 400 congressistes venus de tout le pays, dit-on, ont décidé de reconduire le Président. Koudaï (présidence à vie), comme on le dit en Guinée. Une réalité qui contraste avec les idéaux d’un parti enclin à demander l’alternance à la tête du pays ou la limitation des mandats présidentiels à deux. Du moins jusqu’à ce que son leader accède à Sèkhoutoureyah.

Fatoumata Kéita
contact@kaloumpresse.com

 

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