mardi , 14 juillet 2020

Affaire surfacturations aux TP : le président et le PM saisis !

Trois ONG viennent d’adresser deux courriers au chef de l’Etat  et au Premier ministre pour attirer leur attention sur l’examen de la plainte pour détournement présumé des deniers publics dans l’affaire désormais appelée en Guinée surfacturation des travaux d’entretien routier au ministère des Travaux publics.

Selon le Mouvement Africain pour la défense des droits de l’Homme et de la bonne gouvernance (AFRIDHO), Avocats Sans Frontières et l’Institut de Recherche sur la démocratie et l’Etat de droit (IRDED), cosignataires des deux lettres, le président Alpha Condé et son chef du gouvernement ont été saisis, officiellement, le mercredi 7 mai.

 

Les trois ONG ont sollicité d’Alpha Condé et de Mohamed Saïd Fofana, leur concours pour permettre l’examen de la plainte contre l’actuel ministre des Travaux Publics, Mohamed Traoré, le Ministre d’Etat, Conseiller Spécial à la Présidence, Elhadj Ousmane Bah, et le Directeur général Adjoint du Laboratoire de Bâtiments et des Travaux Public, Benjamin Sandouno. La plainte, faut-il le rappeler est portée pour « complicité, abstention délictueuse, faux en écriture, détournement des deniers publics, concussion, trafic d’influence, corruption’’.

Elles affirment que leur démarche vise à faire la lumière dans une affaire qui a permis le détournement de plusieurs milliards de francs guinéens.

D’après les représentants de ces trois organisations de défense des droits humains, les lettres adressées à au président de la République et à son PM constituent une étape d’une longue procédure qui a déjà connu le dépôt de plaintes contre Bah Ousmane, Mohamed Traoré et Benjamin Sandouno, d’une lettre au Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, d’une plainte au niveau du ministre de la Justice et d’une autre au niveau de l’Assemblée Nationale pour leur demander d’ouvrir une enquête parlementaire.

Le président de l’IRDED a déploré l’absence de réactions de la Justice et la solidarité entre les membres du gouvernement dans cette situation scandaleuse. « Si effectivement les magistrats travaillent dans la plus grande liberté et les enquêtes sont ouvertes sur tous les cas de corruption, la plupart des ministres vont cesser leur fonction. Aucune personne n’est au dessus de la loi. Même si ces personnes sont accusées à tort dans cette affaire, elles devraient donner leur version des faits devant un juge », commente Thierno Souleymane Baldé.

Les plaignants dans cette affaire promettent d’aller jusqu’au bout comme le souligne Nouhan Traoré, président d’AFRIDHO. « Notre lutte est continuelle afin de mettre fin à ces mauvaises pratiques. Le rôle des dirigeants c’est de rendre compte de leurs actes à la population et quant à la population, c’est  de connaitre ce que font leurs dirigeants. C’est ça la bonne gouvernance’’, prévient M. Traoré.

Ils insistent aussi sur le caractère neutre et impartial de leur combat. « Notre combat est purement guinéen. Il n’a rien avoir avec la politique ou l’ethnie. Nous le menons pour les Guinéens », conclut le président d’Avocats Sans Frontières, Me  Michel Sonomou.

Sériane Théa
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