vendredi , 18 octobre 2019

Enquête choc : 77% des journalistes du privé en Guinée ne disposent pas de contrat

A l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, une nouvelle association de journalistes Guinéens dénommée Alternative Guinée-Espace Citoyen a publié le rapport préliminaire d’une enquête qu’elle vient de mener sur l’emploi  dans les media privés en Guinée.

A l’entame pendant la cérémonie de publication vendredi, le président de l’association, Nohou Baldé, a déploré la situation à laquelle les professionnels des médias restent confrontés en Guinée. Il a regretté de façon spécifique la précarité, le bas salaire quand il existe, violation du contrat de travail pour le peu de confrères et consœurs qui en ont.

Nouhou Baldé a également fait allusion à la violation des droits des employés par la plupart des patrons de médias, abus de toute sorte de la part des forces de l’ordre, des militants des partis politiques. « Les journalistes guinéens sont très actifs, mais très mal payés. Nous voulons que les professionnels des médias vivent dignement », a-t-il fini par conclure.

A travers cette enquête, Alternative Guinée-Espace Citoyen a souhaité s’enquérir des raisons profondes de la précarité de l’emploi dans les médias privés et la problématique de la liberté de la presse. Au total, 150 journalistes et 50 patrons de presse, tous du secteur privé ont été touchés.

L’enquête a été réalisée du 16 au 30 avril 2014. Il en ressort que 31 personnes sur 140 enquêtées ont un contrat de travail avec leur employeur. Tandis que 107 sur les 140 n’ont pas de contrat, soit un taux de 77,53%.

« Sur les 31 personnes disposant d’un contrat de travail, 25 d’entre elles affirment que les termes de leurs contrats ne sont pas respectés. Ce qui dénote une violation grave du Code du travail de la part des patrons de presse », poursuit le rapport.

En ce qui concerne les salaires, la presse privée guinéenne ne présente pas non plus un tableau reluisant. Au moins 52 employés sur 122 ont affirmé avoir un
salaire en dessous du Salaire minimum interprofessionnel garanti (moins de 440 000 GNF). 23 autres journalistes  reconnaissent de pas avoir un traitement salarial.  Tandis que  31 professionnels des médias  ont confié aux enquêteurs que leur rémunération mensuelle varie entre 500 000 et 1 000 000  GNF et 16 autres soutiennent toucher entre 1 000 000 et 2 000 000 GNF de revenu mensuel.

En prenant connaissance du document, le ministre de la communication Alhousein Makanera Kaké s’est réjouit d’une brillante enquête qui peut contribuer à changer la donne. « Je salue et félicite ce travail, il est bon de critiquer mais il faut aussi avoir le temps de faire l’autocritique ».

Même sentiment de satisfaction pour l’ancien ministre de la Communication Justin Morel Junior  pour qui ce travail doit être un véritable outil de plaidoyer entre les mains des journalistes pour revendiquer positivement. « Il ne s’agira pas d’ouvrir une guerre entre patrons de media et employeurs, mais pour voir comment concrétiser le traitement et les conditions de travail ».

Rappelons qu’Alternative Guinée-Espace Citoyen (AGEC) a  pour objectifs, entre autres : de contribuer à la protection et à l’élargissement de l’espace de citoyenneté, œuvrer à l’éveil de conscience et au renforcement de la culture démocratique en Guinée, promouvoir l’éclosion de la liberté, lutter contre toutes les formes de discrimination et contribuer à l’épanouissement des jeunes Media.

Aliou BM Diallo et Sériane Théa
+224 622 85 68 59
contact@kaloumpresse.com

 

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Photo : l’équipe d’Alternative Guinée – Espace Citoyen

 

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