lundi , 21 octobre 2019

La famille du guinéen tué à New York sollicite l’intervention du président Condé

Seule, face à la police new-yorkaise, la famille de Mohamed Bah, du nom de ce jeune guinéen tué en septembre 2012 à New York se tourne vers le président Alpha Condé qu’elle estime être son dernier espoir.

Saïkou Bah, grande-frère de la victime et porte-parole de la famille estime que le chef de l’Etat est le seul recours que la famille dispose désormais. « Nous comptons sur le président de la République. Nous lui demandons de se saisir personnellement du dossier », lance-t-il.

Petit rappel. Le 25 septembre 2012, le monde entier apprend qu’un ressortissant guinéen, du nom de Mohamed Bah, est abattu par la police à son domicile de New York. La police révèle que la victime menaçait ses agents avec un couteau et la décrit comme un individu violent et dangereux. Les faits se déroulent deux jours avant son 28è anniversaire.

Pour  sa version des faits, le frère de la victime qui dit s’appuyer sur des rapports de police indique que les policiers ont d’abord défoncé la porte de Mohamed Bah. Avant d’ouvrir le feu sur lui après qu’un policier a cru être touché par une balle qu’il croyait provenir de Mohamed Bah. Alors qu’il s’agissait d’un Taser accidentellement  utilisé par un agent sur son collègue officier Mateo Edwin, toujours selon Saïkou Bah.

« Quand il a dit à ses collègues qu’il est touché, ils ont ouvert le feu. Mon frère a reçu 8 balles dont 7 dans le corps et une dans la tête, mais il était toujours vivant. En l’évacuant, ils l’ont trainé dans les escaliers sur 6 étages », rapporte-il.

Selon Saïkou Bah, son défunt frère serait peut-être vivant si les agents qui ont tiré sur lui l’avait évacué dans des conditions humaines. « Il est décédé 40 minutes après les tirs. Ils l’ont trainé comme un animal », regrette-t-il.

La famille croit que la décision du Grand Jury qui a tablé sur cette affaire avant de conclure que l’utilisation de la force était « justifiée » parce que Mohamed Bah était un homme violent, n’a fait que défendre la police de New York.

« C’est archifaux. Ils ont tiré injustement sur Mohamed, ils l’ont attaqué comme si c’était un criminel’’, s’insurge le porte-parole de la famille.

La famille Bah présente son fils comme un étudiant et taximan par intermittence, sans histoire et dont le casier judiciaire était vide.

La famille déplore avoir reçu un « soutien léger » de l’Etat après la bavure de la police new-yorkaise. Elle pense qu’il s’agit là d’une affaire d’Etat qui doit nécessiter une réaction au plus haut niveau.  Pour elle, lorsqu’un français ou un américain est tué dans le monde, Barack Obama ou François Hollande en fait une affaire personnelle. Pourquoi pas le président Alpha Condé.

« Du côté de New York, on n’a pas d’espoir puisque la ville protège sa police. Nos espoirs sont maigres. Seul le président de la République Alpha Condé peut nous aider dans cette affaire », affirme Saïkou Bah.

Selon lui, sa famille ne peut rien contre le puissant lobby de la police de New York. « Il est temps pour la Guinée de faire comprendre que la vie des Guinéens est protégée ».

Élie Ougna
+224 622 85 68 59
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Note de la Rédaction : Photo, New York Post

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