dimanche , 16 décembre 2018

Analphabète et sans diplôme, le présumé escroc promettaient des visas à ses victimes

L’histoire est rocambolesque et devrait servir de leçon à ceux qui veulent quitter le pays par tous les moyens. Mamadou Aliou Diallo et  Alpha Ibrahima Barry, deux citoyens guinéens comparaissaient, mercredi  23 avril, devant le Tribunal correctionnel de Dixinn pour répondre des faits  d’escroquerie et complicité d’escroquerie.

 

Selon les informations divulguées à la barre ce mercredi donc, les faits remontent à Août 2013. Mamadou Aliou Diallo, le principal accusé, se pointe au domicile d’Alpha Ibrahima Barry. N’ayant  jamais passé un jour à l’école, il se présente comme « un homme d’affaires ». Il promet à ce dernier  de l’envoyer en Angleterre. En guise de preuve, il exhibe un visa pourtant appartenant à une de ses sœurs dont le mari réside quelque part en Europe. Ce dernier venait d’envoyer le papier pour que son épouse le rejoigne. Le stratagème marche puisqu’il parvient à convaincre Alpha Ibrahima Barry et à lui extorquer 25,2 millions de francs guinéens. Barry deviendra par la suite son présumé complice.

« Je lui ai dit aussi de m’envoyer des clients et on va faire des affaires. Il est tombé dans mon piège et m’a envoyé un étudiant qui a  fini ses études et bien d’autres personnes », a reconnu l’accusé Mamadou Aliou Diallo qui s’exprimait devant le juge en langue poular.

La suite du plan marchera comme sur des roulettes. « L’homme d’affaires » et sa victime devenue son collaborateur parviennent à convaincre d’autres personnes. Souleymane Diallo qui remettra 6000 euros pour un visa de l’Angleterre, Ibrahima Sory Sow 2100 euros pour les frais de traitement de son dossier pour l’Espagne et Ibrahima Diallo 5, 8 millions de francs guinéens pour un autre visa. Les documents ne seront jamais obtenus.

La suite de l’histoire est classique. Le businessman s’évapore dans la nature. Sa mallette aussi. Ses victimes défilent à son domicile sans pouvoir le rencontrer. Elles se rabattent sur Alpha Ibrahima Barry qui servaient d’intermédiaire. Il est arrêté et mis au gnouf. Le cerveau du système, lui, sera arrêté après plusieurs jours de recherche, cloitré dans son plafond.

L’avocat des victimes, qualifiant l’infraction d’inhumaine, a requis le paiement de 34 millions de francs guinéens et 8100 euros à titre principal et 50 millions de francs guinéens à titre d’amende pour les préjudices subis.

Le procureur pour sa part a requis une peine de 3 ans de prison ferme et 2 millions d’amende pour le principal accusé, Mamadou Aliou Diallo. Il a demandé en faveur d’Alpha Ibrahima Barry la relaxe au bénéfice du doute. Enfin, il a demandé que les deux soient condamnés solidairement au remboursement des montants empochés.

Le verdict du tribunal sera rendu le mercredi 7 mai prochain.

Sériane Théa et Elie Ougna
+224 622 85 68 59
contact@kaloumpresse.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*