vendredi , 15 novembre 2019

Ebola et transport aérien : du plomb dans l’air !

Ebola sème la panique dans les compagnies aériennes qui desservent la Guinée. Après le Sénégal qui a fermé ses frontières, c’est Emirates qui frémit. Cette compagnie a supprimé à compter du dimanche 6 avril ses vols vers la Cona-cris, pour trois semaines.

 » Le point de départ ou d’arrivée c’est Dakar. Pour partir de Conakry ou arriver à Conakry « . Une décision de la direction de la compagnie. D’ailleurs, depuis le 30 mars, les membres de l’équipage de la compagnie n’ont pas passé la nuit à Cona-cris, alors qu’en temps normal, ils ont un contrat avec un hôtel de la place pour héberger les quatorze membres de l’équipage.

Emirates n’est pas la seule compagnie à revoir sa copie vis-à-vis de la Guinée. A Asky Airlines, les mesures s’imposent d’elles-mêmes, souligne-t-on. Là, on fait état de manque de passagers à destination de Conakry, surtout en provenance de Lomé et d’Abidjan. Du lundi 31 mars au vendredi 4 avril, Asky n’avait enregistré que deux vols sur à Cona-cris. Faute de passagers. Dans son bureau, Barry Boubacar, l’un des responsables à la représentation d’Askay, tente d’expliquer les raisons :  » Normalement, il y a vol Asky tous les jours à Conakry destination Lomé ou Abidjan. Mais Asky est comme une compagnie de fonctionnaires. C’est surtout lorsqu’il y a des rencontres, des séminaires dans la sous-région qu’on peut avoir beaucoup plus de passagers. Actuellement les gens ne viennent pas en Guinée. Ils ont peur parce qu’il y a trop de bruit. Ce n’est pas comme Emirates ou la RAM (Royal Air Maroc) qui drainent des gens vers des pays qui constituent des centres commerciaux comme Dubaï « .

Le 4 avril, patrons des compagnies aériennes, aviation civile, SOGEAC, autorités en charge des Transports et diplomates se sont réunis à l’aéroport de Conakry pour décider ensemble de la marche à suivre. Ils s’accordent sur l’installation d’une caméra thermique pour déceler les passagers présentant des signes suspects. Mansa Kolon Kéïta, directeur national adjoint de l’Aviation civile, a expliqué le rôle de cette caméra :  » Pendant le passage des passagers, la caméra va donner des
indications sur la température de chacun. Il s’agit d’un contrôle de prévention. L’équipe est-là dès ce soir pour la mise en place du dispositif d’installation de la caméra. Elle sera immédiatement installée et gérée sous le contrôle du ministère de la Santé « .

La caméra est arrivée à l’aéroport de Cona-cris, le 5 avril par un vol d’Air France. Mansa Kolon Kéïta d’annoncer que depuis la déclaration de l’épidémie en Guinée, l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) a contacté sa structure, instruit le comportement à adopter par les administrations d’aviation civile. Il explique qu’il leur a été demandé de prendre contact avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour recevoir et appliquer sur le terrain les consignes issues de la mise en oeuvre du plan d’urgence de santé publique, dirigé par le ministère de la Santé en collaboration avec l’OMS. Parmi les consignes reçues, figurent la protection de toutes les personnes travaillant dans le secteur du transport aérien (les compagnies et les structures de gestion de l’aéroport) et le contrôle de santé des passagers. Au niveau des compagnies, rappelle le directeur national adjoint, les mesures préventives sont prises consistant à garder les mesures d’hygiène basiques et d’éviter ou
réduire le contact. Pour le contrôle des passagers à l’aéroport, informe-t-il, on a conseillé au cours de la réunion, la mise en place d’équipements plus appropriés, comme la caméra thermique, qui est installée déjà en France et au Sénégal. Il y a aussi le thermomètre à pistolet avec laser pour prendre la température des passagers.

Selon Mansa Kéïta, une équipe a été installée à l’aéroport, mais d’autres soutiennent que n’eut été les menaces faites par les compagnies aériennes de bouder la Guinée, l’aéroport restait une passoire où aucune mesure de sécurité sanitaire n’était prise. Saurabh Ahuka Michael de Satguru et président de l’ACAGUI (Association des compagnies aériennes en Guinée), précise :  » Si des compagnies ont décidé de suspendre provisoirement leurs services en Guinée, c’est parce que les dispositions n’ont pas été prises à temps à l’aéroport.

Mais je crois qu’à partir du moment où les dispositions commencent à être prises, avec les installations annoncées par le gouvernement, ces compagnies pourront revenir sur leur décision « , a-t-il déclaré.

Précisant que le principal souci des compagnies c’est la protection des passagers et du personnel navigant. A la question de savoir pourquoi tant de retard avant d’envisager des mesures de prévention à l’aéroport, Mansa Kéïta soutient que le développement de l’épidémie s’accompagne du renforcement de mesures.

Lu in le lynx

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