vendredi , 16 novembre 2018

Guinée : L’UE va débloquer 20M d’euros pour la réforme de la Justice

L’Union Européenne a lancé mercredi à Conakry le Projet de politique nationale de réforme de la Justice en République de Guinée soit deux jours seulement après la mise en place du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Ce projet a pour but de faire un diagnostic général du système judiciaire guinéen afin de relever les défis et garantir l’Etat de droit.

A l’entame des travaux, le Chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, Philippe Van Damme a déclaré que le pays est à un tournant décisif de son
histoire. Pour le diplomate européen, l’image que l’on se fait de la Justice en Guinée, n’est autre que le reflet du respect, de la crédibilité et de la confiance qu’a la société à son égard.

 

Pour Van Damme, améliorer les conditions de travail des professionnels de la Justice ne peut en soi améliorer l’image qu’ont les justiciables guinéens de leur Justice. Ils doivent pouvoir constater dans la réalité de tous les jours que la lutte contre l’impunité est une réalité et que leurs droits sont respectés.

 

Il a encore indiqué que la Justice, troisième pouvoir indépendant, se doit de relever les défis d’un mouvement, de garantir l’Etat de droit, notamment par l’adaptation de l’offre d’une vraie Justice, aux demandes légitimes de la société guinéenne.

Pour une refonte du secteur judiciaire guinéen, l’Union européenne annonce la mobilisation d’un financement de 20 millions d’euros (180 milliards GNF), pour les trois prochaines années. Le fonds sera dépensé au travers le Programme d’appui à la réforme de la justice (PARJU), des activités de modernisation et de renforcement des ressources humaines de la Justice.

A l’ouverture des séances, l’ambassadeur de France en Guinée Bertrand Cochery a mis l’accent sur le fait que sans la réforme et une Justice forte, il ne peut pas y avoir d’Etat, une Nation guinéenne où chaque citoyens se sente pleinement à sa place et  reconnu dans ses droits.

L’ambassadeur français a appelé à un travail méthodique et mieux coordonné. Car dit-il,  »sans cadre général d’action, les moyens peuvent se disperser et les efforts n’auront pas donnés tous les résultats ».

Pour sa part, le ministre de la Justice et Garde des sceaux Me Cheick Sacko, dira qu’on ne peut nier les avancées enregistrées dans le processus de la reforme de la Justice en Guinée ces derniers temps, notamment à travers la mise en place  récente du Conseil supérieur de la magistrature.

 

Cependant, a-t-il déploré,  »bien des questions restent à définir, surtout les questions liées à la revalorisation du traitement des magistrats qui est un serpent de mer, les infrastructures,  le cadre juridique organisationnel et budgétaire,  l’accès au droit et à la Justice, et à la performance des acteurs du circuit, la mobilisation et la coordination des partenaires techniques et financiers, etc. »

Dans le cadre de la reforme enclenchée,  Me Sacko a précisé que l’enjeu pour le gouvernement est d’asseoir les bases solides afin de promouvoir l’Etat de droit pour un développement économique et social durable en Guinée.

 

Les principaux axes d’intervention seront l’accès à une Justice intègre et à un droit adapté à l’évolution de la société, l’indépendance d’une magistrature responsable, le renforcement et la valorisation des capacités humaine et institutionnelle, et la lutte contre l’impunité.

La rencontre organisée mercredi à Conakry regroupe une quarantaine de participants venus du  ministère de la Justice et des ONG de défenses des droits de l’Homme évoluant en Guinée.

Aliou BM Diallo
+224 622 254 564

contact@kaloumpresse.com


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