samedi , 4 avril 2020

Un ministre guinéen ménace de saisir la Cour suprême contre l’Etat

Alors que la ministre de l’Action sociale, de la Promotion féminine et de l’Enfance continue de plaider pour l’adoption rapide des projets du Code civil révisé et de la Loi sur la parité, son collègue des  Droits de l’Homme  et des Libertés publiques Kalifa Gassama Diaby menace carrément d’engager des contentieux auprès de la Cour suprême contre la discrimination à l’égard des femmes.

 

Selon Kalifa Gassama Diaby qui s’exprimait mercredi à Conakry devant une centaine des femmes mobilisées pour la cause féminine, la Guinée s’est engagée dans un certain nombre d’instruments juridiques internationaux qui lui imposent d’éliminer  »toute forme de discrimination à l’égard des femmes ».

Pour lui, il s’agit d’une contrainte juridique au-delà de l’obligation morale et même politique pour la Guinée de faire en sorte que ces discriminations cessent. « Elles doivent cesser », a-t-il insisté, réaffirmant l’engagement de son ministère pour cela. « Nous devons respecter nos engagements », a-t-il ajouté.

Le ministre des Droits de l’Homme croit fermement que cet engagement doit aller au-delà toute autre réalité, fut-elle économique. « Le respect d’un Etat ce n’est pas forcement son PIB, c’est sa capacité à respecter ses engagements. Le ministère des Droits de l’Homme  se battra à vos côtés pour que ces modifications interviennent », a dit le ministre.

A défaut d’une loi à l’Assemblée nationale, le ministère en charge de la protection des Droits de l’Homme va « engager des contentieux auprès de la Cour suprême contre la discrimination à l’égard des femmes’’, a promis Kalifa Diaby Gassama, ovationné par les femmes présentes.

Le ministre a déploré le retard enregistré dans le respect des engagements internationaux. Il estime que l’on pouvait mettre un terme à cette situation d’autant qu’il existe « des arguments juridiques suffisants pour faire condamner l’Etat guinéen au non-respect des traités dans lesquels il s’est engagé ».

« Aujourd’hui, il faut suffisamment plaider pour un projet de parité pour rattraper les injustices passées ».

La Directrice nationale de la Promotion féminine et du genre, madame Mariam Sylla, estime que les discriminations à l’égard des femmes et des filles constituent  à la fois des atteintes graves à leurs droits et des obstacles à leur plein épanouissement sur la base de l’égalité tel que proclamée par la constitution guinéenne.

Bien que l’actuel Code civil soit révisé il y a près de 10 ans dans le but d’extirper les articles discriminatoires, Mme Diaby Sylla regrette encore le fait que certains de ces articles restent toujours de mise, alors que la Guinée est signataire de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes.

En soumettant mercredi au ministre des  Droits de l’Homme et des Libertés publiques, le projet du Code civil révisé pour adoption par le parlement guinéen, les femmes ont souhaité que ‘’ce projet ne dorme pas dans des tiroirs’’ comme ce fut le cas  du projet de loi instituant la parité entre les hommes et les femmes.

Aliou BM Diallo

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