vendredi , 13 décembre 2019

Cellou Dalein à Mamou: « Au Cimetière de Bambéto, un carré est réservé aux victimes de Alpha Condé »

En tournée dans la région du Foutah Djallon, Cellou Dalein Diallo a menacé de reprendre la rue si les élections communales et communautaires ne sont pas organisées à temps. Discours muclé au micro de notre confrère de Guineenews. Lisez!

« (…) Je suis venu à Mamou pour vous remercier pour les combats victorieux contre la fraude électorale, contre le tribalisme et contre la partition du Foutah en « Roundé » et en Missidé. Vous avez lutté, vous avez combattu pour gagner ces élections législatives. Ce n’était ni acquis, ni aisé. Le gouvernement, la CENI, l’administration territoriale, les forces de défense et de sécurité étaient mobilisés pour assurer la victoire du RPG. Il a fallu votre courage, votre détermination et votre vigilance pour trainer le RPG à terre et assurer la victoire de l’UFDG…

Beaucoup d’entre vous n’ont pas retrouvé leurs cartes d’électeurs. Ne pensez pas que c’était par accident. Non, c’était prémédité, conçu et mis en œuvre par une CENI inféodée avec l’assistance des préfets, des sous-préfets en particuliers et parfois par des ministres ressortissants. Malgré tout ça, Mamou s’est levée, s’est battue. Vous avez trainé le RPG à terre.

Je dois vous féliciter, la direction nationale de l’UFDG est fière de vous. Vous n’êtes pas des militants alimentaires. Vous avez résisté à la corruption du pouvoir. Ils ont déversé des milliards à Mamou et ailleurs et vous avez refusé de changer de camp. Ils ont procédé à des affectations arbitraires, à des rétrogradations des fonctionnaires, mais vous n’avez pas changé d’avis. Vous êtes des hommes dignes de la nation, non pas de l’UFDG seulement. Vous avez refusé d’être vendu. Vous êtes des militants convaincus, que le changement en Guinée, que l’avènement de la démocratie, de la justice, de la réconciliation passera par l’UFDG.

Je viens aussi pour vous féliciter pour avoir lutté contre le tribalisme. Qu’est-ce qu’on n’a pas dit lorsque l’UFDG a présenté Djessira Traoré candidate aux législatives à Mamou ? Mais vous avez voté pour la militante valable de l’UFDG, pour la citoyenne guinéenne. Elle a trainé dans la boue ses adversaires. Vous avez voté pour elle et contre le tribalisme. C’était un test majeur pour Mamou et pour l’UFDG. Nous avons dit que nous présentons Mme Djessira, qu’elle va gagner. J’ai présenté Djessira parce que je sais que Mamou n’est pas tribaliste. Donc, je viens encore pour vous rendre hommage pour cette victoire contre le tribalisme.

Nous allons rentrer à Conakry pour exiger la tenue des communales

Je viens également pour vous remercier pour le combat que vous avez mené contre la partition du Foutah en Roundé et en Missidé. Vous avez refusé cette politique insidieuse du RPG pour avoir des militants au Foutah. Vous avez combattu cette politique avec succès. Et Mamou reste uni aujourd’hui. Je tenais aussi à vous saluer face à cette résistance contre la division.

Je voudrais féliciter enfin les sages de Mamou, je l’avais fait à Labé à l’endroit des sages. Je félicite donc les sages de Mamou pour la gestion responsable et digne de la confusion qui a été créée autour de l’organisation des festivités de l’indépendance au Foutah. La confusion était volontaire. Le pouvoir n’a pas précisé la ville hôte pour que Mamou et Labé se disputent l’organisation de cette cérémonie importante. Mais Mamou et Labé ont refusé. Chacun est resté digne chez soi en attendant que la précision soit apportée par les autorités du pays.

Dans le passé, le pouvoir a dit que c’est à Boké et les festivités ont été faites à Boké. Après, il a dit que c’est à N’zérékoré et ça été fêté à N’zérékoré. Pour le Foutah, il a seulement dit que c’est au Foutah. On attendait les disputes habituelles mais le Foutah a évolué. Chacun est resté dans son petit coin. Aucune préfecture, aucun chef-lieu n’a mené des démarches. Les autorités ont décidé que c’est à Mamou, et nous nous réjouissons. Nous sommes des républicains.

Maintenant, on a des échéances. Il y a les élections communales qui devaient être organisées avant fin mars. C’est une des dispositions de l’accord du 3 Juillet, qui engage le gouvernement et la CENI. Mais jusqu’à présent, ils n’ont pris aucune disposition. Pourquoi ? Parce que Alpha Condé, vous savez qu’aux législatives, il pensait rafler 90 sièges pour laisser 15 sièges à l’UFDG et le reste aux autres partis, cela été une grosse déception pour le RPG et son chef.

Alors, il (Alpha Condé) n’est pas prêt apparemment à organiser de sitôt les communales. Nous allons rentrer à Conakry pour reprendre le combat pour que ces élections aient lieu.

Au Cimetière de Bambéto, un carré est réservé aux victimes de Alpha Condé

Nous nous sommes battus trois ans pour avoir des législatives, qui n’ont pas été entièrement transparentes mais il a fallu trois ans de combat. Trois ans au cours desquels, jeunes de Mamou, 56 de vos collègues ont été tués par les forces de l’ordre, qui ont reçu des instructions. Parce que l’impunité leur est garantie. Si bien qu’aujourd’hui, jusqu’à l’heure où je vous parle, aucune enquête sérieuse n’a été menée pour identifier les criminels.

Le régime de Alpha Condé est répressif. A Zogota, à une heure du matin, les forces de l’ordre sont tombées sur des paisibles paysans, alors qu’ils dormaient. Ya-t-il eu des enquêtes ? Y a-t-il un procès ? Alors, 56 jeunes, notamment de Ratoma ont été tués. Nous avons organisé des funérailles grandioses avec une marche de la Mosquée Fayçal au Cimetière de Bambéto où on a réservé un carré aux victimes de Alpha Condé. Jamais le gouvernement n’a cru devoir mener des enquêtes pour punir les responsables. Y a-t-il eu du changement ?

Nous avons un régime répressif. Il y a quelques jours, les jeunes de Dabompa ont manifesté. Sékou Resco s’est fait entendre, Alpha Condé l’a nommé gouverneur de Conakry, pas parce qu’il est compétent, pas parce qu’il a une expérience de gérer la cité, Conakry a besoin d’un gouverneur compétent. Il y a tellement de problème de gestion d’espace, d’assainissement, il a nommé quelqu’un capable de faire la répression. Le 3 Avril 2011, il était à l’aéroport pour procéder aux arrestations de mes militants. Les Yarie Biriki, Mariatou Soumah, Mme Traoré, ont été brutalisées, déférées, jugées et condamnées. Le régime d’Alpha Condé est répressif.

Il faut qu’on se lève pour que les droits de l’homme soient une réalité en Guinée. Ce n’est pas possible. Dans le monde entier, les peuples se sont levés pour exiger le respect de leur droit, pour exiger la liberté, la démocratie. En Guinée, nous sommes en train de faire du sur place en ce qui concerne les droits humains, la démocratie, les libertés fondamentales. Est-ce que Mamou est-il prêt à reprendre le combat ? (Oui !). Contre l’impunité (Oui) !

On va privilégier l’Assemblée mais si elle ne marche pas, c’est la rue

Nous avons lors du dialogue politique inter-guinéen, obtenu un engagement ferme du gouvernement de mener des enquêtes sérieuses pour identifier les criminels qui ont tué lors des manifestations pacifiques, jusqu’à présent, le gouvernement n’a rien fait. Ils se sont engagés résolument dans cet accord à indemniser les victimes des violences, ceux qui ont perdu des proches, ceux qui ont eu leurs boutiques incendiées, ceux dont les maisons ont été détruites. Mais jusqu’à présent, M. Alpha Condé et son gouvernement n’on rien fait. Rien !

Donc, il faudra se lever encore, malheureusement, pour exiger le respect de nos droits. On va mener le combat à l’Assemblée. On va privilégier l’Assemblée mais si l’Assemblée ne marche pas, il faut qu’on reprenne la rue. Etes-vous d’accord ? (Oui !) Etes-vous d’accord ? (Oui !).

Les jeunes ont été abattus à Dabompa, les mêmes, parce qu’ils protestaient contre une promesse non tenue. Le gouvernement leur a promis du courant, il a donné un délai. A l’expiration du délai, et là aussi, la répression s’est abattue sur ces pauvres guinéens. Il y a l’impunité en Guinée, il faut que cela s’arrête. L’impunité encourage le crime. Nous sommes des citoyens, nous voulons jouir de toutes nos libertés et de tous nos droits. Et cela, malheureusement, on risque de recourir encore aux manifestations pacifiques. Nous ne voulons pas des manifestations mais nous ne renoncerons jamais à notre droit d’exiger au gouvernement, n’importe quel, le respect des droits humains et le respect de nos libertés.

Que cela soit clair pour tout le monde. M. Alpha Condé a dit qu’une fois à l’Assemblée, celui qui bouge sera mâté mais alors, il va mâter parce que si l’Assemblée ne résout pas les problèmes des droits de l’homme, nous reprendrons la rue pour exiger la fin de l’impunité !

In Mediaguinee

 

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