vendredi , 25 septembre 2020

Désespéré, Dr Faya Millimouno fait la morale aux nouveaux députés

Les députés de la nouvelles Assemblée nationale ont placé la barre très haut en demandant une indemnité d’au moins 25 millions de francs guinéens, a estimé vendredi Dr Faya Millimouno, président du Bloc libéral et chef de file de l’opposition extra-parlementaire.

 

Pour le Dr Millimouno les priorités se trouvent ailleurs. Et que personne ne serait offusqué d’entendre qu’on puisse donner 50 millions à un député guinéen, si le potentiel du pays était rationnellement exploité.

 

« Nous avons les discours d’une gouvernance tribale qui fait reculer le pays, puisqu’il n’y a pas de production de richesses. Si nos députés commencent à demander 25 à 30 millions de francs guinéens au moment où le salaire d’un Professeur d’université n’avoisine pas 2 millions de francs guinéens ce n’est pas sérieux », a dit le dirigeant du Bloc libéral, ajoutant que  le salaire d’un député devrait s’aligner sur celui d’un professeur d’université.

Millimouno est catégorique. Il y a d’autres priorités auxquelles cette assemblée devait s’attaquer. Comme le recul de la Guinée par rapport à ses ambitions de démocratisation, les assassinats lors des manifestations de l’opposition. « Aujourd’hui nous n’avons même pas une enquête à cet effet. Je pense que les députés devaient s’intéresser à cette question et même envisager des commissions parlementaires, exiger que le gouvernement qui s’est engagé à dédommager les commerçants qui ont perdu des milliards lors des manifestations, soient remboursés », rappelle-t-il.

Détail moins important

Dans une interview qu’il a accordée à Kaloumpresse.com, Baïdy Aribot, député de l’UFR et 4è secrétaire parlementaire a dit ne pas comprendre pourquoi les gens épiloguent sur cette question d’indemnité.

Il a rappelé que l’Assemblée nationale est la deuxième institution du pays et que ses membres doivent bénéficier d’un respect dans l’exercice de leur mandat.

« Qu’on subventionne un député à 10 ou 100 millions, ça ne changera pas la vie des Guinéens », a confié Baïdy Aribot. « Les députés ne sont pas des fonctionnaires, il faut qu’on respecte la loi, nos institutions et leurs représentants. On ne doit pas prendre nos députés comme des marchands de cacahouètes », a-t-il poursuivi.

 

Place au désespoir

Pour sa part, Dr Faya Millimouno ne cache plus sa déception. « Nous n’avons pas trop d’espoir sur cette Assemblée nationale. Nous sommes critiques à l’égard de l’opposition, même si nous savons que nos amis de l’opposition parlementaire s’y trouvent. Nous n’allons pas nous verser dans la complaisance », martèle-t-il.

Il prévient. « Nous n’allons pas cautionner tout ce qui va se passer au parlement.  Nous défendons l’intérêt général. Et pour cela, nous serons prêts à dénoncer qui que ce soit qui s’engagerait dans une notion qui soit un recul par rapport aux ambitions de notre pays d’aller de l’avant ».

 

Aliou BM Diallo et Elie Ougna

+224 622 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

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