dimanche , 18 novembre 2018

Côte d’Ivoire – FPI : une convention à haut risque pour Affi N’Guessan

La convention du FPI qui se tient les 21 et 22 février en Côte d’Ivoire est un grand test pour le président du parti, Pascal Affi N’Guessan. Qui doit s’imposer sur les partisans du « Tout sauf Gbagbo » pour pouvoir se présenter face à Ouattara à la présidentielle de 2015.

Les 21 et 22 février prochains, le Palais des sports de Treichville accueille la 7e convention ordinaire du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), en l’absence de son leader charismatique Laurent Gbagbo, détenu à la prison de la Cour pénale internationale (CPI) à Scheveningen (Pays-Bas). Un rendez-vous à haut risque pour l’actuel président du parti à la rose, Pascal Affi N’guessan.

Tout d’abord, l’événement dérogera à la règle inscrite dans les articles 34 et 35 des statuts du parti, qui stipulent qu’une convention doit se tenir entre deux congrès. Or la prochaine suivra directement celle du 30 avril 2012, qu’avait organisée Miaka Oureto, lequel présidait alors la direction par intérim. Mais ce n’est pas le seul reproche qui sera adressé à Affi N’Guessan, dont la stratégie suscite des divergences de plus en plus marquées au sein du parti.

À la tête des frondeurs, qui accusent le patron du FPI de renvoyer le cas de Laurent Gbagbo aux calendes grecques : Justin Koné Katinan, le porte-parole officiel de l’ancien président. Exilé au Ghana, ce dernier a publié le 12 février dernier un pamphlet à l’allure de mise en garde envers le clan Affi N’Guessan. « L’essentiel et le préalable à tout, c’est bien la libération du président Laurent Gbagbo et son retour en Côte d’Ivoire où l’attend son peuple (…). Il n’y a pas d’autre voie de rechange », écrit-il.

Conflit ouvert

Une sortie qui témoigne du conflit désormais ouvert entre les deux tendances du FPI. Avant Koné Katinan, l’un des vice-présidents du parti, le taciturne mais virulent Aboudrahamane Sangaré, ex-ministre des Affaires étrangères, avait lui aussi tenté de rappeler à l’ordre Affi N’Guessan. Pour lui, le seul combat qui vaut d’être actuellement mené est aussi celui de la libération de Laurent Gbagbo et rien d’autre.

Lors de la convention de Treichville, l’affrontement entre les deux lignes politiques semble inévitable. « Aujourd’hui, ce sont les pro-Gbagbo ‘hyper extrémistes’, opposés à la paix, contre les pro-Gbagbo doux et conciliants, véritables orfèvres de la paix », poursuit Koné Katinan. Les cadres exilés du FPI au Ghana, Assoa Adou, Lazare Koffi Koffi et, en France, Ohouochi Clotilde soutiennent le porte-parole de Gbagbo et refusent de rentrer au pays. La mission au Ghana des vice-présidents du FPI Michel Amani N’Guessan et Sébastien Dano Djédjé, en janvier dernier, a fait choux blanc. Et plus personne ne semble disposé à servir de « rabatteur » si c’est pour servir les ambitions non dissimulées d’un Affi N’Guessan. « Un homme sans ambition n’en est pas un », réagit Norbert Kouadio Blé, membre de la plateforme des fédérations de la Vallée du Bandama 1 (Bouaké) et fervent défenseur de la ligne du président du FPI. « Après la sortie de Affi, les choses bougent et la convention sera l’occasion de dire aux militants que le FPI n’est pas mort, se félicite-t-il, non sans lancer une pique à Miaka Oureto.

« Notre priorité, c’est la reconquête du pouvoir. Aujourd’hui, il y a beaucoup de nos camarades qui sont dans l’émotion, les divergences sont le symbole de la démocratie, le vrai problème de la Côte d’Ivoire, c’est la paix et la sécurité, tente de minimiser Eugène Kouadio Djué, alias « Marechal Djué », sous sanction onusienne depuis 2006.

jeune Afrique

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