samedi , 7 décembre 2019

Controverses après l’élection du nouveau Bureau de la Société civile

Le Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSG) vient d’élire son nouveau Bureau. Le nouvel organe décisionnel est présidé par Dr Dansa Kourouma, membre du défunt Conseil national de transition (CNT). Il a été désigné par ses pairs, samedi 8 février, à Kindia, à la faveur d’un congrès électif.

 

Dr Dansa Kourouma mesure déjà les « défis » qui l’attendent. « C’est un sentiment de satisfaction, mais aussi de défis. Je pense que les défis sont plus grands que la satisfaction. Parce que j’hérite d’une situation qui est dramatique, dans une institution dont la dignité, les valeurs et  les principes ont été foulés au sol », reconnait-il.

Pour lui, s’il faut reconstruire la société civile, ce sera avec l’ensemble de ses composantes et les membres de son Bureau.  « C’est l’équipe qui a été investie de la confiance du congrès qui a la responsabilité entière », ajoute-t-il non sans modestie, au cours d’un entretien accordé à Kaloumpresse.com.

Seulement, voilà. Aussitôt il est élu, aussitôt il est contesté. Le nouveau Bureau du CNOSCG ne fait pas l’unanimité. Le président du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry, accuse certains responsables de la nouvelle structure nationale d’avoir violé le règlement intérieur du CNOSCG et d’être à la base de détournement de plusieurs fonds destinés à la société civile guinéenne.

« Nous ignorons l’organisation de ce congrès et nous ne reconnaissons pas le Bureau mis en place », affirme Salamana Diallo. « Nous condamnons l’organisation de ce congrès sans tenir des audits. Nous condamnons la présence des anciens membres des institutions républicaines et des anciens ministres à ce bureau’’.

Pour M. Diallo, le congrès a été « illégalement organisé ». Il estime qu’un audit audit institutionnel et financier pour identifier les différents détournements des fonds alloués à la Société civile par l’Union européenne, dans le cadre du monitoring des dernières élections législatives en Guinée, était nécessaire avant tout. C’est après cela, précise-t-il, que l’on pouvait passer à la constitution du fichier pour identifier ceux qui sont éligibles et ceux qui ne le sont pas.

En plus de la procédure, le président de la société civile de la région de Conakry conteste les membres élus. Salamana Diallo souligne que la charte du CNOSG s’oppose à l’élection de tout membre ayant occupé des fonctions publiques notamment membre des institutions républicaines, du gouvernement. Il affirme que ceux, en cas de retour, peuvent être des personnes ressources et non des dirigeants. « Ce qui est regrettable est qu’il y a eu des anciens membres des institutions républicaines et des anciens ministres qui se sont présentés. C’est vraiment illégal, et c’est contre les différents textes », dit-il.

Le Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry entend accentuer la pression pour que des audits « externes » soient enclenchés afin d’identifier les coupables des malversations financières présumées. Il pense qu’un vrai congrès national électif pourrait être organisé après cet audit.

Interpellé sur les accusations de Salmana Diallo au sujet des présumés détournements de fonds, le nouveau président du CNOSCG, Dr Dansa Kourouma coupe court. « Le conseil régional des organisations de la société civile de Conakry était au congrès de Kindia. Alors, il faut différencier l’organisation et les personnes ».

Il dit ne pas avoir de « commentaires à faire sur ce sujet ». Mais il croit fermement que les actes qui seront posés vont faire la différence. « La légitimité ne se donne pas, elle s’acquière », rappelle-t-il.

Signalons que Dr Dansa Kourouma remplace au poste de président du CNOSCG Ibrahima Cissoko. Ce dernier assurait l’intérim depuis la mort en 2010 du Président Ben Sékou Sylla.

Aliou BM Diallo
622 25 45 64
contcat@kaloumpresse.com

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