samedi , 19 janvier 2019

François Hollande : après les clarifications, l’action

Le président a entamé 2014 en couple et sans cap politique. Un mois plus tard, il est célibataire et assume une politique d’aide aux entreprises. Et maintenant ?

Et la « clarification » est arrivée. En confirmant samedi par un coup de fil à Sylvie Maligorne, la chef du service politique de l’AFP, qu’il mettait un terme à sa relation avec Valérie Trierweiler, François Hollande espère aussi mettre un terme à la folie médiatique autour de sa vie privée. Depuis la publication il y a deux semaines dans Closer des photos révélant sa liaison avec l’actrice Julie Gayet, le monde entier suivait entre amusement et stupéfaction le feuilleton des amours présidentielles. La désormais ancienne première dame, après avoir passé huit jours à l’hôpital, sous le choc, s’est envolée dimanche matin vers Bombay. François Hollande décollera lundi pour un déplacement en Turquie, et c’est seul qu’il se rendra le 11 février à Washington pour une visite d’État.

À l’Élysée, on ne souhaite à présent qu’une chose : tourner la page. Désormais, François Hollande est célibataire, et ce n’est pas la première fois de l’histoire de la Ve République que cela arrive. L’ironie de l’histoire ? C’est Nicolas Sarkozy qui a déjà fait cette expérience, entre son divorce avec Cécilia et son remariage avec Carla Bruni. Un Nicolas Sarkozy contre l’image duquel François Hollande n’a cessé de bâtir la sienne. Si le président a confié à l’AFP vivre un épisode « douloureux », il apparaît toutefois soulagé, comme libéré, à ceux qui le côtoient depuis la sortie de Closer.

 

À quand la « redistribution » ?

La démonstration la plus spectaculaire a eu lieu le 14 janvier. Lors d’une conférence de presse de plus de deux heures, François Hollande a livré l’une de ses meilleures prestations depuis le début du quinquennat. La présentation des chantiers de son pacte de responsabilité a été l’occasion de s’assumer social-démocrate.

Une « clarification » là aussi, mais qui aura beaucoup plus d’effets sur la suite du quinquennat et sur l’avenir du pays. Le président, en dévoilant une nouvelle baisse des charges pour les entreprises afin de relancer la croissance par la baisse du coût du travail, espère obtenir des résultats rapidement pour passer à la fameuse phase de redistribution, annoncée pendant la campagne. Malgré la promesse d’exiger des « contreparties », des embauches principalement, il n’en est pas moins clair que sa politique en faveur des entreprises rompt avec l’orthodoxie socialiste et le place définitivement dans le camp des réalistes.


« Évolution pragmatique »

D’autres grands chantiers ont été lancés par le président, à commencer par la réorganisation du territoire. Dans l’optique certes de simplifier le mille-feuille territorial (réduction du nombre des régions, suppression de certains départements…), mais aussi, et surtout, de réduire les dépenses publiques. Par ailleurs, alors que les chiffres du chômage du mois de décembre seront connus lundi, personne n’a oublié la promesse, ô combien symbolique, mais pas encore remplie, de François Hollande d’inverser durablement la courbe du chômage.

Les municipales de mars seront un premier test pour le président. La majorité espère que le bilan local de ses élus limitera les dégâts, mais désormais aussi que la clarté de la ligne politique sera récompensée. Surtout que les européennes de mai ne sont jamais un succès pour le pouvoir en place.

Après, il sera temps de reparler du remaniement gouvernemental, serpent de mer du quinquennat, auquel François Hollande ne s’est pas encore résolu. Un ministre veut croire que Jean-Marc Ayrault est durablement installé dans son fauteuil, malgré les fortes turbulences. Il lâche en souriant : « Si quelqu’un au PS a toujours intégré la notion de social-démocratie, c’est Jean-Marc Ayrault… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*