vendredi , 15 novembre 2019

Guinée : Les observateurs de l’UE conseillent une CENI dépolitisée et dégraissée

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne en Guinée a proposé dans son rapport final sur les législatives de 2013 publié lundi à Conakry une diminution des effectifs de la Commission électorale afin de passer d’une CENI politique à une « Commission technique restreinte ».

 

Dans un rapport de 127 pages, proposant une centaine de recommandations, la MOE-EU reconnait en introduction que les élections législatives du 28 septembre dernier se sont déroulées dans un climat apaisé en dépit du « manque récurrent de matériel sensible », du manque de transparence, de traçabilité dans la transmission des résultats.

 

« CENI dépolitisée »


La mission souligne aussi que des défaillances ont été relevées pendant l’inscription des nouveaux électeurs en 2013. Clairement, elle révèle que plusieurs kits d’enrôlement n’ont pas été versés au fichier électoral et que des données saisies n’auraient pas été intégrées.

 

Par ailleurs, d’autres remarques comme la délivrance très tardive des cartes d’électeurs, une campagne électorale terne menée par l’opposition, ainsi qu’un cadre juridique relatif au financement des parti qui demeure « insuffisant » sont notées dans ce rapport.

 

Le document accable de manière spécifique la Commission électorale. Il soutient que la centralisation des résultats confiée à des Commission administratives de centralisation des votes (CACV) a été l’une des étapes les moins maitrisées du processus électoral. Dans ce cadre, selon le rapport, les CACV de Kaloum, N’Zérékoré, Kindia et Matoto ont connu d’importants dysfonctionnement parce que la CENI avait limité ses prérogative à « une simple chambre d’enregistrement »chapitre communication, les observateurs de l’Union européenne juge les résultats provisoires publiés sur le site de la CENI  »illisibles » et « peu respectueux des efforts consentis par l’électorat ».

 

En guise de solution, la MOE-UE recommande que la Commission électorale nationale indépendante soit transformée en « une organisation purement administrative et technique » de 10 membres par exemple contre 25 présentement.

« Une première tranche de restructuration mixte permettrait d’intégrer une équipe administrative dédiée à la mise en œuvre des opérations électorales tout en repensant la composition politique de l’actuelle CENI. Cette restructuration devrait s’accompagner d’une montée en compétences permettant d’y adjoindre une administration dépolitisée disposant de formations qualifiantes et d’un socle de compétences appropriées », selon Cristian Preda, le Chef de Mission des observateurs.

 

« Un rapport indépendant »


Il n’y a pas que la CENI qui a connu lors de l’échéance électorale de 2013. Toutes les parties prenantes se retrouvent indexées dans le rapport dont notre Rédaction s’est procurée une copie.

 

Dans la perspective des élections communales et communautaires de cette année ainsi que la présidentielle de 2015, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne recommande entre autres d’adopter une loi portant sur le financement public des partis, hors campagne électorale, de poursuivre l’éducation et la sensibilisation au vote et de procéder à une cartographie des bureaux de vote et des CACV.

 

« La société civile devrait reprendre pleinement son indépendance vis-à-vis des institutions de l’Etat, le quota de 30% réservés aux candidatures des femmes pourrait s’étendre aux élections uninominal », a souhaité Cristian Preda.

 

La mission insiste sur le caractère indépendante et neutre du Rapport publié aujourd’hui et dont des copies se trouvent sur la table de l’exécutif et de la nouvelle Assemblée nationale.

 

« J’insiste sur la caractère indépendante et neutre de notre travail », précise Preda tout en affirmant qu’il s’agit de conclusions qui engagent uniquement le groupe d’experts qu’ils constituent et non un rapport diplomatique ou des pays de l’Union européenne.

 

Tommaso Caprioglio, chef observateur adjoint des observateurs ajoute : « On n’est pas venu dans ce pays pour plaire mais pour travailler en toute indépendance ».

 

A l’image de son chef, la MOE-UE espère que l’installation du nouveau parlement constitue une opportunité pour la mise en application de ses recommandations. « Notre mission s’arrête là. C’est à la classe politique de faire le reste du travail », indique Caprioglio.

 

Elie Ougna

+224 622 85 68 59

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