vendredi , 13 décembre 2019

Vie de la Nation : Quand le CNT donne des leçons de fair-play à l’opposition

Les membres du Conseil National de la Transition, CNT, savent prendre de la hauteur, temporiser le débat, dribbler leurs…adversaires ou ceux qui s’affichent comme tels, avant de leur donner de véritables leçons de démocratie.

 

On se rappelle encore. Mardi 17 décembre. Pour avoir appris que le président Alpha Condé envisage de convoquer le CNT pour examiner et adopter le projet de loi des finances initiale 2014, l’opposition républicaine s’était fendue d’un communiqué très dur, suivi d’un battage médiatique impressionnant.

 

En condamnant une démarche présidentielle qualifiée « d’anti-démocratique » caractérisée par une « négation de l’expression du suffrage universel » et « un profond mépris pour le choix des Guinéens », l’opposition républicaine  avait placé le CNT devant l’histoire. « Les membres de cette institution prendraient une lourde responsabilité devant le Peuple de Guinée et se rendraient coupables d’une imposture grave en se substituant aux députés légalement et légitimement reconnus », avait-elle souligné dans sa déclaration.

 

Pour finir, les partis d’opposition avaient invité le Conseil national de transition à se déclarer « incompétents » pour statuer sur le budget de l’état.

 

Mardi 31 décembre, en adoptant cette loi des finances initiale au centre de la controverse, le CNT a bien voulu prendre ses distances face à des polémiques stériles et qu’il juge moins importantes. Pour couper court, la présidente de l’Institution, Hadja Rabiatou Sérah Diallo affirmera leur fierté à qui veut l’entendre. « Nous sommes fiers d’être là au service de la Nation, au service de notre peuple. Nous ne regrettons rien ».

 

Mais au delà de cette mise au pointe, ce qui confirme la grandeur des Conseillers nationaux, c’est bien leur capacité à « oublier » les piques de l’opposition qui date de deux semaines seulement, pour appeler l’exécutif à créer des conditions de travail dignes pour les futurs députés. Sans se limiter à l’hommage rendu aux acteurs politique, toute tendance confondue (y compris ceux de l’opposition républicaines, NDLR),  pour le dialogue et la concertation qui ont permis de parachever la transition, le CNT est allé un peu plus loin.

 

D’abord en reconnaissant la nouvelle Assemblée Nationale comme « démocratiquement élue ». Puis en souhaitant la création d’un cadre de travail plus commode à celui qu’offre présentement le Palais du peuple.

 

Un tel message de responsabilité et de sagesse, dépourvu de regret, de haine et tout règlement de compte, a été confié à qui de droit. La présidente du CNT, Hadja Rabiatou Sérah. Dans son discours de clôture de la session budgétaire 2014, elle  s’est livrée à un véritable plaidoyer en faveur du parlement élu pour lui permettre de défendre les aspirations légitimes des Guinéens et l’intérêt supérieur de la Nation. « Pour leur créer les meilleures conditions de travail et dans le respect de cette symbolique institution, le CNT, par ma voix, lance un appel au président de la République, le Pr Alpha Condé, pour la construction d’un siège digne de nom à l’instar des autres pays de la sous-région. Le Palais du peuple, actuel siège n’est ni approprié, ni digne d’une institution républicaine telle que l’Assemblée nationale ». Un signe de fair-play exemplaire.

 

Mais comme pour dire que les députés de la mouvance et de l’opposition doivent engager des débats fructueux pour la Guinée, le Conseil National de Transition n’a pas manqué d’inviter les députés des deux bords à faire preuve de « lucidité » et de  » sérénité » pour des débats sains.

 

Élie Ougna

+224 622 85 68 59

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