vendredi , 6 décembre 2019

L’objecctif « majeur » de 2015 ne pouvait favoriser tout boycott du parlement, selon Dalein

Au cours du traditionnel meeting hebdomadaire de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) tenu samedi 14 décembre au siège du parti, à Commandayah, le chef de file de l’opposition guinéenne et leader de la formation, Cellou Dalein Diallo est revenu sur les raisons qui motivent l’opposition à siéger au parlement. Les avantages sont nombreux, selon lui. La volonté des fédérations dont 4 seulement sur plus de 60 ont émis des réserves, les élections communales de l’année prochaine et bien sûr le scrutin présidentiel en 2015 y ont été pour beaucoup. Décryptage.

 

« Nous avons consulté toutes les structures à la base pour demander leurs avis. Nous nous sommes tiraillés entre le devoir de respecter le choix des électeurs, qui se sont battus pour obtenir 37 sièges. Et de l’autre, ceux qui disent qu’accepter les 37 députés, ce serait légitimer le vol et la fraude. Finalement, nous avons interrogé 70 fédérations du parti, dont 47 de l’intérieur et 23 de l’extérieur. On voulait savoir la position à prendre parce que nous ne voulions pas prendre une décision contraire à l’avis de la base. Notre force, c’est vous. En tant que président, je devais demander votre avis.

A l’issue de ces consultations, 66 fédérations ont fortement recommandé qu’on siège. Celles-ci estiment qu’on ne peut pas abandonner 37 sièges. C’est vrai que nous avons été volés mais il vaut mieux ne pas pratiquer la politique de la chaise vide. Au contraire, il faut être au parlement, participer au combat à l’Hémicycle, pour effectivement défendre nos valeurs, discuter, débattre. Et cela ne nous empêcherait pas d’user d’autres moyens légaux de lutte contre la dictature. Mais ne nous privons pas de cette possibilité d’aller défendre nos valeurs et prendre l’initiative de certaines lois pour réduire les risques de fraude électorale, pour réduire les risques de violation des droits de l’homme.

Donc, tenant compte de vos avis à travers les structures à la base, tenant compte des analyses de certaines personnalités, qui ne militent pas ouvertement au sein du parti, mais qui sont des sympathisants, nous avons décidé, au niveau de l’UFDG, de siéger à l’Assemblée, en compagnie de l’opposition républicaine. Je vous informe que l’opposition, toute l’opposition, à l’issue des consultations internes, a décidé de siéger à l’Assemblée, sauf le Pedn. Lors de notre dernière plénière, tous les partis de l’opposition, même ceux n’ayant pas eu de députés, ont décidé à l’unanimité de siéger. Il est plus avantageux de siéger pour l’opposition que de choisir la chaise vide.

Mais il y a d’autres avantages. Nous avons l’objectif majeur, c’est l’échéance de 2015. Si nous devons, et comme nous devons participer aux élections, il est important de prendre part aux élections communales annoncées en 2014. Il faudrait s’inscrire dans cette logique. Parce qu’il ne serait pas intéressant de boycotter l’Assemblée et participer aux communales. C’est important pour l’Ufdg de prendre le contrôle de certaines localités pour être maire, chefs de quartier, chef de district, chef de secteur. Pour la conquête du pouvoir en 2015, il est plus judicieux de siéger à l’Assemblée où l’opposition va disposer d’au moins 54 députés.

C’est dans ces conditions que nous pouvons empêcher les dérives de la dictature de Alpha Condé. C’est une grande victoire pour l’opposition, qui a réussi à empêcher le RPG d’avoir les deux tiers des députés, qui lui auraient permis de tripatouiller la constitution et les lois organiques. Le RPG n’ayant pas la majorité qualifiée, ceci est impossible aujourd’hui.

Donc, nous serons à l’Assemblée pour défendre nos valeurs, créer les conditions d’organisation des élections, participer à la mise en place du juge électoral, la Cour constitutionnelle, qui est subordonnée à la mise en place de l’Assemblée nationale. Donc, il y a beaucoup d’avantages à siéger contrairement à ceux qui pensent que les députés sont pressés de siéger pour toucher des avantages. C’est plutôt pour continuer le combat à l’Hémicycle, pour empêcher le RPG de légaliser une quelconque dictature en Guinée.

Nous nous battrons et à l’Hémicycle et en dehors, pour faire respecter les droits de l’homme, pour en finir avec l’impunité, pour indemniser les victimes des violences politiques. Nous ne nous laisserons pas faire, cela fait partie de notre combat. Nous ne laisserons pas tous les crimes commis impunis. Ceux qui ont osé abattre des jeunes innocents répondront de leurs actes. Nous mènerons ce combat de l’intérieur comme à l’extérieur. Nous nous battrons pour le recrutement d’un nouvel opérateur sur la base d’appel d’offres conformément à l’accord de 3 juillet. Nous demandons à nos militants de rester unis et mobilisés ».

Propos recueillis par Zézé Enema Guilavogui

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