mardi , 16 juillet 2019
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La «longue marche» de Mandela touche à sa fin

Nelson Mandela, célébré depuis une semaine par le monde entier, devait quitter samedi matin Pretoria pour son dernier voyage vers la terre de ses ancêtres, dans le sud rural du pays, où l’ancien président sud-africain sera inhumé dimanche.

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, icône de la paix et conscience morale dans son pays, sera absent dimanche des cérémonies d’enterrement de son ami et compagnon de lutte Nelson Mandela, snobé par le parti de l’ANC au pouvoir selon des médias locaux.

«L’archevêque n’a pas été accrédité comme membre du clergé pour l’événement et n’y assistera donc pas», a indiqué la fille du prix Nobel de la paix, Mpho Tutu à l’AFP.

Avant que l’avion transportant le cercueil de Mandela ne décolle, l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud auquel le héros de la lutte contre l’apartheid a voué toute sa vie une fidélité sans faille lui a offert un dernier hommage empreint de gravité.

Autour du cercueil, familles et personnalités du parti se sont regroupés pour une cérémonie d’adieu. Mandla, l’aîné masculin des petits-enfants de Mandela, en complet sombre, a longuement retracé la vie de son grand-père. «Ces derniers jours, je suis resté auprès de mon grand-père tandis que son corps était exposé», a-t-il dit, «j’ai vu son armée, j’ai vu son peuple, j’ai vu les Sud-Africains ordinaires, qui ont parcouru avec lui ce long chemin vers la liberté».

En trois jours, de mercredi à vendredi, jusqu’à 100.000 Sud-Africains se sont inclinés devant la dépouille de Nelson Mandela exposée à Pretoria, quelques impatients ayant même débordé la police vendredi pour pouvoir poser un dernier regard sur leur héros. Mardi, le monde lui avait rendu un hommage officiel dans le stade de Soweto en présence d’une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement.

Mandla a raconté, en guise de souvenir, qu’il entendait dans son enfance les habitants des township crier «Amandla» (Pouvoir!) et «Viva Mandela!». «Je croyais que j’étais un enfant très populaire», a-t-il dit, arrachant un sourire à l’assistance et à la famille, dont l’épouse de Mandela Graca Machel, 68 ans, et son ex-épouse Winnie Madikizela-Mandela, le visage marqué.

Les rites du peuple Xhosa

Puis le président Jacob Zuma a pris la parole, insistant sur les qualités de leader du défunt, sa force de persuasion mais aussi sa capacité à pardonner.

«La question, a dit Zuma, est: pouvons-nous produire à l’ANC d’autres Madiba? (…) Nous avons besoin d’autres Madiba pour que notre pays puisse prospérer». «Oui, nous sommes libres, mais le défi de l’inégalité demeure. La pauvreté demeure. Le chômage demeure, et c’est pourquoi notre défi à tous en mémoire de Madiba est de nous impliquer plus pour faire ce que Madiba a fait», a-t-il ajouté.

Debout devant deux grandes affiches d’un Madiba tout sourire, surlignées des mots: «L’icône de notre lutte, le père de notre Nation», le président Zuma a ensuite entraîné l’assistance dans un long et profond chant en hommage à Mandela, selon la tradition sud-africaine.

A Mthatha, le convoi funéraire doit faire deux haltes dans la ville, afin de permettre à la foule de saluer son héros de retour sur la terre de ses ancêtres.Puis il doit prendre la route de Qunu, sur une trentaine de kilomètres, pour gagner la maison où Nelson Mandela avait passé ses dernières années avant d’être ramené à Johannesburg pour raison de santé.

Là s’achèvera le très long chemin du père de la démocratie sud-africaine, mort à l’âge de 95 ans le 5 décembre.

Dimanche matin, une cérémonie regroupant à Qunu environ 5.000 invités sera retransmise à la télévision. C’est après seulement que le corps prendra le chemin du petit cimetière familial, à quelques centaines de mètres.

Mandela y sera inhumé auprès de ses parents et de ses trois enfants décédés. La famille a fait savoir que la mise en terre se ferait dans l’intimité la plus stricte. Aucune image télévisée ou photo ne sera autorisée.

Selon la coutume, des rites xhosas, dont l’égorgement d’un bœuf, seront pratiqués et des aînés du clan Thembu, dont était issu Mandela, s’exprimeront autour de la tombe.

«Des funérailles sont une cérémonie complexe qui demande notamment de communiquer avec les ancêtres et de permettre à l’esprit du défunt de reposer», a expliqué le chef Jonginyaniso Mtirara, du clan Thembu.

AFP

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