lundi , 16 septembre 2019

Conakry : une fille agressée et déshabillée en pleine rue pour sa tenue trop…sexy

Une horde de jeunes s’en est violemment prise à une fille mercredi nuit à Enco5 dans la commune de Ratoma en banlieue de Conakry en signe de protestation contre la tenue jugée immorale et provocante qu’elle portait.


Les faits se déroulent mercredi 11 décembre à 21h. Mademoiselle F. Bah, apprentie dans un salon de coiffure à Gbessia, dans la commune de Matoto, débarque au rond point d’Enco5 pour répondre à un rendez-vous. A cette heure-ci, comme dans d’autres quartiers, beaucoup de jeunes filles à Conakry portent des tenues qui attirent l’attention de tout ce qui bouge autour d’elles.


Mais pour mademoiselle Bah, les choses tourneront autrement. Dans un premier temps, elle est alertée par une vendeuse du coin. « La sœur il faut vite t’embarquer et quitter les lieux. Certains jeunes disent vouloir t’attaquer à cause de ta tenue qu’ils n’apprécient pas. Ils la jugent trop extravagante ».


En ce moment précis, elle cherche un taxi pour rebrousser chemin. Trop tard. Une multitude de jeunes se ruent sur elle. En moins de 5 minutes, elle est complètement déshabillée. Certains de ses agresseurs tentent de toucher ses parties intimes, tandis que d’autres cherchent à la violer.


Prise au dépourvu, elle se réfugie dans un cyber qui était l’abri le plus proche avant d’être secourue par des éléments de la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité N°3 d’Enco5 située à un pas de là.


Pour sa version des faits, un témoin qui a vu la fille avant son agression dit avoir déploré l’habillement de celle-ci. « Elle avait trop osé et finalement on l’a mise complètement nue comme elle est née », explique le témoin.


F. Bah rencontrée jeudi matin dans les locaux de la CMIS N°3 nie les faits et affirme être victime d’une attaque injustifiée. « Cette agression n’est pas due à ma tenue. Je n’étais pas mal habillée’’, explique-t-elle à Kaloumpresse.com, la tête baissée. « Je portais une salopette », ajoute la jeune fille qui dit être logée chez sa maitresse.


Si le pire n’est pas arrivé, c’est parce que les agents de la police ont fait preuve de promptitude. Sans attendre l’ordre de leur commandant, ils sont arrivés sur les lieux avant que les agresseurs de F. Bah ne réalisent leur intension lugubre.


Très remontée contre cet acte, le capitaine Naby Moussa Camara, Commandant de la CMIS N°3 indique que ses services vont interpeller les agresseurs de la jeune fille d’environ 20 ans.


« Je condamne cette agression. S’il y a attentat à la pudeur, c’est à la police de réprimée et non une foule de jeunes », affirme l’officier de police. « C’est la première fois de voir cela à Enco5 et nous allons récupérer ces jeunes », promet-il.


La victime a passé la nuit dans les locaux de la police dans une couverture prêtée par un agent de police. Tout ce qu’elle portait sur elle ayant été déchiré. Son téléphone aussi a été emporté. C’est tôt ce matin qu’on a pu lui trouver un pagne et un tee-shirt. Le commandant et ses hommes attendaient l’arrivée des parents de Bah avant de la libérer.


Au lendemain de cette agression, de l’autre côté de la rue, des jeunes affirment pouvoir reprendre si l’occasion leur était donnée. « Si on fait ça dans tous les quartiers, les filles vont s’habiller correctement », lance un internaute rencontré dans le cyber où la fille s’est réfugiée.

 

Un policier de la CMIS a confié à notre reporter qu’un cas similaire s’est déroulé dans la même nuit au même endroit. Là encore, selon notre source, une autre fille aurait été agressée sauvagement par d’autres jeunes incontrôlés.


Elie Ougna

+224 622 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

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