mardi , 23 juillet 2019
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Afrique du sud: le témoignage émouvant de  »Zelda », l’assistante personnelle de Mandela

Zelda la Grange, assistante personnelle de Nelson Mandela, a témoigné lundi de son « amour » pour l’homme qui a « changé » sa vie » à jamais. La jeune afrikaner, au service de Madiba depuis 20 ans, est sans doute l’une des personnes les plus proches du héros de la lutte anti-apartheid.

Employée anonyme à la présidence sud-africaine, la jeune Zelda, issue de la classe moyenne afrikaner – les descendants des premiers colons blancs, qui parlent une langue dérivée du néerlandais et avaient instauré l’apartheid -, âgée de 24 ans à l’arrivée de Mandela au pouvoir en 1994, a peu à peu gagné en importance aux côtés du président, devenant tour à tour sa secrétaire particulière, son bras droit, son aide de camp ou son attachée de presse.

Il l’appelait « Zeldina », elle l’appelait « Khulu » abréviation de grand-père en xhosa, langue maternelle de Nelson Mandela. Avec la confiance, la proximité nourrie par les années, elle reconnaît qu’elle faisait partie de la famille, ce qui lui valait le surnom de »sa petite-fille de cœur ».

« La pression était omniprésente », a pourtant raconté Zelda, lundi sur les ondes de Radio 702. Elle était notamment chargée de suivre Mandela, de 52 ans son aîné, dans ses déplacements à l’étranger, d’organiser ses voyages officiels et de le protéger du flot incessant de sollicitations.

Cette grande blonde au sourire professionnel et au « non » parfois cassant était devenue une gardienne redoutée des médias frustrés. Même si elle a renoncé à sa vie privée pour servir le grand homme, elle a assuré qu’elle n’aurait jamais renoncé à cette expérience pour une vie de famille régulière. Elle avait cependant refusé la proposition de Mandela d’habiter chez lui, quand elle cherchait un logement à Johannesburg, parce qu’elle voulait absolument garder une certaine distance.

 

« J’aimais Mandela profondément »


« J’ai souvent eu du mal avec la pression incessante », avouait Zelda dans un communiqué vendredi, au lendemain du décès de Mandela. « Mais je le regardais se comporter lui-même avec tant de grâce et d’énergie. Je ne suis jamais partie, je n’aurais jamais pu. (..;) Je l’aimais profondément ».

Elle se souvient d’un patron inspirant et patient. « Il était très facile de travailler avec Madiba, il a été le meilleur professeur, un mentor. (…) Il a changé ma vie au cours des dernières dix-neuf années », ajoutait-t-elle, se disant « bénie et privilégiée d’avoir eu l’opportunité de travailler pour lui ».

Par le passé, Zelda la Grange a aussi raconté, dans des interviews, les sourcils froncés qu’elle rencontrait parfois, au début, au sein de sa communauté afrikaner, car elle était « au service d’un homme noir », et l’incrédulité de personnalités de tous horizons, devant la profondeur du lien entre cette jeune afrikaner et l’un des hommes des plus adulés au monde.

La « gratitude » de la Nation


Mais son engagement et sa fidélité envers Mandela ont largement été salués ces derniers jours, lundi soir encore par Desmond Tutu : « Merci, Zelda, la façon dont tu as pris soin de Tata (Père) a été extraordinaire. (…) Nous lui devons notre gratitude », a déclaré dimanche la ministre sud-africaine de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula. « Elle a sacrifié sa jeunesse, son temps. Je ne crois même pas qu’elle ait un petit ami. C’est le moment d’exprimer notre reconnaissance ».


Mais pour Zelda il est hors de question de parler de « sacrifice » à son propos. « Les termes ‘sacrifice’, ‘Nelson Mandela’ et ‘Zelda la Grange’ sont incompatibles », dit-elle. « Mon sacrifice, ce sont peut-être des choses que j’ai manquées en travaillant si dur, mais [cela] ne peut en rien être comparé à ce que Mandela [m’] a donné ».

Zelda raconte avoir cessé de rendre visite à son ancien patron depuis quelques mois, la détérioration de son état de santé lui étant devenue insupportable. « Je voulais, dit-elle, me souvenir de lui tel que je l’ai connu. (…) Ça a été difficile, mais à chaque fois que je lui ai rendu visite ces derniers mois, j’ai réussi à lui dire ce que je voulais lui dire et cela m’a donné un peu de réconfort », se souvient Zelda.

Dans ses interventions publiques, elle exhorte les Sud-Africains à s’inspirer dans leur vie de l’héritage de Mandela. « Nous sommes très émus car nous venons de le perdre, mais c’est aussi le moment de rappeler l’importance d’examiner son legs, de mettre en œuvre ses valeurs (…) afin de construire l’Afrique du Sud dont nous rêvons tous ».

(Avec AFP)


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