mardi , 27 octobre 2020

Guinée : l’armée pourrait venir en renfort pour limiter les assassinats

Les autorités en charge des questions sécuritaires en Guinée ont annoncé jeudi avoir pris des « mesures urgentes’’ pour contrer l’action des criminels qui sévissent depuis plusieurs mois à Conakry et à l’intérieur du pays entrainant une hausse vertigineuse et inquiétante du taux de meurtres dans le pays.

 

Aux grands maux, les grands moyens, dit-on souvent. Les autorités guinéennes veulent barrer le chemin aux grands bandits. Et pour y arriver, ils pourraient ne pas de privés des moyens. L’armée pourrait être déployée.

 

L’annonce des grandes mesures a été faite à la presse, à Conakry, par le ministre Délégué à la Défense nationale, Maître Abdoul Kabélè Camara et son collègue de la Sécurité et de la Protection civile, Madifing Diané, en présence des Haut Commandant de la Gendarmerie nationale général Ibrahima Baldé, du Directeur général de la police nationale Mohamed Garé et de plusieurs autres officiers de la gendarmerie et de la police nationale.

 

L’Etat prêt à protéger ses citoyens

 

« L’Etat ne reculera jamais face au grand banditisme et au désordre. L’Etat jouera pleinement sa partition et nous demandons une parfaite collaboration des uns et des autres. Car, ces bandits de grand chemin vivent dans les familles. Pour l’instant, en cas de nécessité l’armée viendra en appui aux forces de l’ordre pour traquer ces bandits qui continuent encore à tuer et à violenter les citoyens. Je dis bien en cas de nécessité », a assuré le ministre délégué à la défense Abdoul Kabèlè Camara.

 

« L’heure est grave et nous devons tous nous lever pour assumer nos responsabilités’’, a ajouté Camara, précisant que l’hypothèse d’une implication de l’armée en renfort à la police et à la gendarmerie est suggérée par une Commission de réflexion mise en place par les autorités guinéennes.

 

Au terme de plusieurs séances de travaux de cette commission sécuritaire, la Guinée est parvenue à la conclusion selon laquelle la recrudescence de la criminalité est due  à la prolifération des armes et des petits calibres, le manque d’éclairage public et l’urbanisation sauvage, l’absence de sécurisation fiable, le manque de synergie d’action entre populations et les services des forces de l’ordre. La commission a aussi décelé le trafic et la consommation des stupéfiants, la manipulation politique de la jeunesse, l’importation et port illégal des tenues de l’armée et des forces de l’ordre comme entre autres raisons de cette hausse du grand banditisme en Guinée.

 

Des patrouilles mixtes

 

Jadis un phénomène qui touchait les citoyens lambda, la criminalité a atteint une proportion inquiétante ces derniers temps. En moins d’une année, plusieurs hauts cadres de l’administration dont la directrice nationale du trésor public, le responsable de la communication du ministère de l’Économie, un fonctionnaire du Haut commissariat à la réforme de l’administration et un Commissaire de police ont tous été sauvagement tués dans la capitale guinéenne par des hommes armés.

 

Selon le ministre de la Sécurité et de la Protection civile le dispositif sécuritaire sera placé sous le commandement de la police et la gendarmerie. Les patrouilles seront mixtes.  « Les perquisitions pour traquer les bandits se feront conformément à la loi », a déclaré Madifing Diané. « Nous feront tout pour rétablir la sécurité ».

 

Elie Ougna

+224 622 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*