dimanche , 16 décembre 2018

Le président doit abandonner la piste des gouvernements de récompense : AFRIDHO

Le mouvement Africain pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance, en abrégé AFRIDHO, par la voix de son président Nouhan Traoré a invité lundi Alpha Condé à ne plus composer un gouvernement de récompense comme ce fut le cas il y a bientôt trois après son élection à la magistrature suprême du Guinée.

S’exprimant pendant une conférence de presse à Conakry, Nouhan Traoré a appelé le chef de l’Etat à mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et à « oublier le gouvernement de récompense pour que la Guinée rentre dans le concert des Nations ».

 

Cette déclaration intervient seulement un jour après l’interview du président à Bloomberg dans laquelle il annonce la composition d’un nouveau gouvernement très bientôt.

Effectuant une analyse sur la question des droits de l’homme en Guinée depuis la transition politique amorcée en 2008, le président d’AFRIDHO a regretté de  graves violations et atteintes aux droits de l’homme et de nombreux actes de mal gouvernance. Il a particulièrement insisté sur les événements du 28 septembre 2009 qui ont entrainé plus de 150 morts et de nombreux blessés. Dans ce cadre, M. Traoré a dit regretter que des inculpés  par le pool des juges  continuent à occuper des responsabilités au sommet de L’Etat.

Le président d’AFRIDHO Nouhan Traoré est allé loin pour déclarer que le cas du Capitaine Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso, constitue une violation fondamentale de la liberté de l’homme. Il a invité le gouvernement et la future Assemblée nationale à trouver une réponse rapide, conforme à l’intérêt de la Nation et à la volonté du chef de la junte qui s’est accaparée du pouvoir en 2008.

L’ONG a indiqué que les détenteurs de l’autorité politique qui se sont succédé pendant la transition se sont illustrés dans l’utilisation abusive des ressources publiques. Il a ajouté à cette liste le régime du président Alpha Condé, qui, depuis décembre 2008, selon lui, a multiplié des actes de prévarication des ressources publiques malgré la volonté affichée du président de lutter contre la mal gouvernance. « Pire, aucune mesure judiciaire ou administrative n’a été prise pour faire la lumière sur des soupçons ou annonces de prévarications dans certain département ministériel en vue d’obtenir la sanction des coupables », a regretté Nouhan Traoré, citant des tentatives de détournement à la Banque centrale, dans les ministères de l’agriculture et de l’Enseignement pré-universitaire ainsi que le présumé vol dans les caisses de la Sotelgui.

 

La classe politique a également été servie par le leader du mouvement Africain pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance visiblement remonté. Aux leaders politiques, il a demandé  de « rompre avec certaines pratique de contestation aveugles qui ont souvent entrainé le pays dans les tourbillons de violence et violation des droits de l’homme ». Pour lui, l’opposition doit critiquer les actions du gouvernement tout en y apportant de solutions alternatives, respecter le cadre juridique et institutionnel qui régit les manifestations politiques.

Zézé Enéma Guilavogui
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